Adam, A

Biographie


Il adressa, le 4 octobre 1830, la lettre suivante à la Commission des dommages, afin d’obtenir le remboursement du prix d’un fusil qui lui avait été volé pendant la révolution : « Monsieur le préfet,

»Voulant, comme un bon citoyen payer mon tribut à la patrie, aux jours de dangers, je me présentai le 28 juillet à la mairie du (ancien) Xe arrondissement pour avoir des armes ; mais il fut impossible de m’en procurer. Le même jour 28, à 11 heures du soir, je m’aperçus qu’il ne restait que deux tirailleurs pour défendre la tête du pont des Arts aux Quatre-Nations et répondre au feu soutenu que l’on dirigeait sur eux, du Louvre. Ne pouvant leur être d’aucun secours sans armes, je me détachai pour avoir du renfort passage Dauphine, où je savais trouver des gens armés. Je ne décidai plusieurs d’entre eux à aller soutenir ces deux braves qu’après leur avoir fait observer qu’il y avait de l’imprudence à laisser ainsi deux hommes exposés à se faire tuer, sans secours, et que l’ennemi, profitant de son avantage, pourrait aisément s’emparer du pont et par la rue Mazarine surprendre leur poste ou détruire les barricades. Ils y furent enfin et quelques coups de fusil ayant fait croire que nous étions en force nous conservâmes le pont et fûmes tranquilles toute la nuit. Le lendemain 29 ayant trouvé un fusil de chasse à emprunter, quai des Orfèvres, je me disposai à m’en servir et fus à cet effet rue Dauphine, café des Champs, pour y joindre quelques connaissances avec lesquelles nous devions marcher sur Rambouillet où se portait l’armée. Je posai mon fusil près de moi, d’où il me fut enlevé comme par enchantement. J’espérais, parmi les nombreux témoins du vol, obtenir quelque renseignement sur le coupable mais ce fut en vain. Désespéré de cette perte, je m’adressai directement à la lieutenance du royaume pour obtenir un autre fusil ; ma demande fut envoyée au commissaire préposé au département de la Guerre, le secrétaire me répondit que je devais m’adresser au bureau des indemnités ; je me présentai rue Sainte-Marguerite n° 38, d’où l’on m’envoya à la ville, où après avoir porté mes pièces on m’adressa près de vous, Monsieur, pour obtenir justice.

»Votre bonté m’est un sûr garant que vous voudrez bien faire indemniser un pauvre diable, père de famille, dont les moyens ne permettent pas l’achat d’un autre fusil, pour le rendre à son propriétaire. » Le maire du (ancien) Xe arrondissement proposa d’accorder la somme de vingt-cinq francs en dédommagement. La Commission des dommages ayant objecté qu’elle voulait savoir si Adam s’était « trouvé dans l’obligation de payer le fusil qu’on lui avait prêté », le maire fit parvenir la note suivante : « M. Adam, orfèvre, demeurant sur le quai des Orfèvres, 72, qui a prêté au réclamant un fusil de chasse lors des événements de Juillet, paraît être dans une position à en supporter facilement la perte ; et il est probable que si une indemnité est allouée, il la laissera tout entière au réclamant, qui est son parent et qui, en outre, est dans une position peu aisée. Comme ce n’est qu’en sa faveur que M. Adam, orfèvre, paraît disposé à faire le sacrifice du prix de son fusil, il y a donc lieu à allouer l’indemnité. » Adam demeurait 2, rue des Mauvais-Garçons en 1831. Archives de Paris VD6 559 n° 2, mairie du (ancien) Xe arrondissement (1830-1831).

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