Agostini, Pierre, Antoine, Lydonis ?
Biographie
Né le 22 mars 1814 à Florence (Italie). Ouvrier sculpteur. La démarche qu’il fit devant la Commission des récompenses nationales instituée par la Révolution de février pour faire valoir ses droits à une récompense nationale, laissait quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en date du 26 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : « Le citoyen Agostini, Pierre, Antoine, âgé de trente-trois ans, natif de Florence, descendant de père français, est arrivé en France en 1827. Il s’est marié à Rouen en 1837. De son mariage, sont nés un enfant du sexe masculin, âgé de neuf ans, et un autre, plus jeune, du sexe féminin. En 1830, il habitait Rouen lorsqu’il apprit la révolution des trois journées de Juillet. Quoique bien jeune, mais animé par les cris de Vive la liberté ! il partit de suite, volontairement, à cheval, accompagné d’un cousin, pour se porter à Paris parmi les combattants. Depuis cette mémorable époque, il est venu se fixer à Paris. La révolution du mois de juin [l’émeute républicaine des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.] le retrouva de nouveau au rang des combattants à la barricade Saint-Merri, commandée par Jeanne (voir Jeanne, Eugène, Charles, Prosper), mort victime dans les prisons de l’Etat. En 1848, il a, par ses opinions républicaines que lui a inspirées dès sa plus tendre enfance son père, vieux soldat de l’Empire, excité le peuple à prendre les armes et à le suivre à la porte Saint-Martin, où il a fait construire la barricade, qu’il a commandée et soutenue la nuit du 23 au 24 février jusqu’à 2 heures du matin. De là, il s’est transporté rue Rambuteau, où il a fait le coup de feu puis, ensuite, avec d’autres citoyens dévoués comme lui et toujours prêts à verser leur sang pour la patrie, il s’est porté au Palais-Royal, où il a soutenu le feu jusqu’à la fin. Assez heureux pour ne pas être blessé, il a l’honneur de soumettre ces faits à la Commission chargée des récompenses nationales. Vive la république ! » Sa lettre était apostillée par Lecordier, ouvrier, demeurant (35 ?) rue Hauteville, qui attestait avoir vu Agostini commander la barricade de la rue Saint-Martin. Et par Solin, mouleur-figuriste, inventeur de la composition plastique pour la sculpture, son employeur, demeurant 1, rond-point des Champs-Elysées, qui attestait : « Ledit Agostini, qui depuis neuf ans est connu de moi et employé dans mon atelier, s’est toujours comporté comme un loyal ouvrier. A quitté, le 23 février, son travail pour prendre une belle place dans l’atelier patriotique pour la construction de notre immortelle république. » Agostini fut recommandé par la mairie de son arrondissement auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février pour le signe honorifique. Il savait écrire, était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait à Rouen (Seine-Maritime) en 1830 ; 1, rond-point des Champs-Elysées en 1848. Archives de la préfecture de police AA 370.