Alexandre, Charles
Biographie
Né le 2 octobre 1797 (mais le 28 octobre 1797 in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main) à Rouen (Seine-Maritime). Ancien militaire, ayant fait la campagne de 1815, il était conducteur dans l’administration des omnibus en 1830 (mais marchand de meubles en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39 ; in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main, le marchand de meubles est rayé pour laisser la place à concierge). Il sollicita auprès du roi une place soit de brigadier ou de surveillant dans l’un des jardins royaux, à Paris, à Versailles, ou tout autre emploi. Il rappelait, dans sa lettre, sa conduite pendant les combats de Juillet : « J’ai tout quitté, tout abandonné pour voler dans ces derniers moments à la défense de la patrie, et l’intérêt me dominait d’autant moins que j’ai supplié l’administration à laquelle j’appartiens de me faire la remise de la moitié de mon cautionnement pour subvenir aux premiers besoins des malheureux que je commandais et qui m’ont secondé de tous leurs efforts dans la tâche pénible et honorable que j’entreprenais. Je me suis trouvé, Sire, le troisième garde national habillé qui se soit rendu à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. J’ai constamment combattu pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet et, fidèle sujet de Votre Majesté, j’ai continué le service depuis cette époque sans rentrer dans une fonction. Je n’omettrai pas de vous représenter également, Sire, que je faisais étalement partie du détachement commandé par le militaire Filliasse (voir Fillias, Pierre, François), chevalier de la Légion d’honneur, et qu’alors j’ai contribué à la prise de la caserne de la Pépinière, à celle de la rue Verte et des écuries de l’ex-roi faubourg du Roule, que, enfin, il est à la connaissance de toutes les personnes dont le nom est en marge que je n’ai pris de repos qu’après avoir passé cinq nuits et six jours au poste de l’Elysée-Bourbon, soit en montant la garde ou faisant des patrouilles comme caporal ou sergent et que j’ai fourni peut-être cinq cents pavés pour nous mettre en état de défense. Tels sont les faits que j’ai l’honneur de mettre sous les yeux de Votre Majesté et qui peuvent militer en ma faveur. J’y ajouterai que mon père est mort en activité dans les douanes après trente-quatre années de service effectif. […] S’il vous convenait, Sire, de faire prendre des renseignements sur la moralité du pétitionnaire, on pourrait s’adresser à M. Pierre Laffitte, frère du très honorable député de ce noM. » Sa lettre était apostillée par dix-huit grenadiers du 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale : Naudet (voir Naudet fils), propriétaire et grenadier ; Chassat (voir ce nom), grenadier ; Geant, grenadier ; Aubertin, grenadier ; De Frocourt, grenadier ; Le Mariet, grenadier ; Moussi, grenadier ; Bourgis, caporal grenadier ; Victor Bruyer, grenadier ; Rusinger, grenadier ; Arnoud, grenadier ; Raoul, sergent grenadier ; Vernet, sergent grenadier ; Bataille, lieutenant grenadier ; Constant, caporal grenadier ; Hotto sous-lieutenant grenadier ; Henry, sergent grenadier ; Aucher, sergent grenadier ; le marquis de Marmes, colonel. Sa lettre était aussi apostillée de la manière suivante : « Nous soussignés, attestions sur notre honneur que le réclamant s’est battu avec acharnement contre la garde royale, allée de Marigny, où il a eu tous ses carreaux et une grande glace cassée, ses murs percés et criblés de balles », par Godin, officier de marine en retraite ; Millotis, lieutenant des grenadiers du 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale ; Aurbun, caporal du 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale ; Duplessis, caporal du 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale ; Le Trillard, grenadier du 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale ; Garber, sergent du 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale ; Foos, caporal du 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Le général Exelmans annota la lettre de la manière suivante : « Je m’empresse de rendre la justification que j’ai été témoin d’une partie des faits cités ci-contre parce que j’en ai été rapproché ; on ne peut se conduire avec plus d’audace que l’a fait M. Alexandre le jour mémorable du 29 juillet dans le faubourg Saint-Honoré, où je demeure. » Un autre certificat, délivré par les entrepreneurs qui réparèrent les dommages causés par les combats (plus d’une cinquantaine d’éclats de balles dans les lambris intérieurs de l’hôtel d’Aumont) était ainsi rédigé : « Nous patentés sous les numéros […] attestons sur notre honneur que nous avons réparé hôtel d’Aumont, propriété de M. Laffitte, place Beauvau et allée de Marigny où demeure M. Charles Alexandre, une grande partie des boiseries et carreaux, cassés et criblés de balles lors de la révolution de Juillet par la garde royale, où M. Alexandre s’est exposé avec un courage sans exemple puisqu’il est de fait et constaté par de nombreux témoins dignes de foi et patentés également et même attesté et signé de M. le général Exelmans […] qui précisément demeure tout en face l’hôtel d’Aumont et qui a déclaré lui-même avoir tremblé pour les jours de M. Alexandre et ayant été on ne peut plus à portée et a vu les feux de pelotons, dirigés sur la personne dudit sieur Alexandre et sans que rien ne puisse lui faire abandonner l’endroit où il tirait lui-même, où il a soutenu pendant plus de trois quarts d’heure le feu qui était dirigé contre lui par la garde royale. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut sa médaille le 5 juillet 1831, et son brevet le 16 août de la même année sous le nom de Alexandre, Charles, Pierre in Archives de Paris VK3 24 dans le registre qu’il signe. En 1831, il était concierge, sur les listes de la mairie. Il était père de trois enfants et avait à sa charge sa mère et sa belle-mère en 1830. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1833, concierge, il reçut, comme décoré de Juillet, une somme de vingt-cinq francs, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il demeurait hôtel d’Aumont, 69, place Beauvau en 1830 ; 69, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1831 (mais 29, place Beauvau in Archives nationales F/1dIII/39 ; mais bien 69, rue du Faubourg-Saint-Honoré in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives de Paris VK3 24 dans le registre qu’il signe et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main ; mais aussi 69, place Beauvau in Archives de Paris VK3 25 liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet) ; 69, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1833. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 91, liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement (sous le nom corrigé d’Alexandre, Charles, Pierre) ; Archives de Paris VK3 40 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement.