Allain, Pierre, Isidore
Biographie
Né à Fécamp (Seine-Maritime). Ouvrier tailleur. Le 15 juillet 1831, il sollicita dans ces termes et auprès du roi, la décoration de Juillet et son entrée dans le service militaire : « […] A l’honneur d’exposer à Votre Majesté que dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, il était à Paris et a participé de tous ses moyens à reconquérir les libertés publiques. Il a exposé sa vie, en se battant contre la garde royale. Il s’est battu rue Saint-Honoré contre cette garde et gendarmerie, où il fut remarqué par monsieur Auconte (?), ex-officier place Pierre-Lescot, n° 14, combat du 27. Le 28, il accompagnait les patriotes de Paris qui portaient un tableau de la garde nationale en triomphe. Dans la même journée, il eut une arme et des cartouches, lorsque le 50e régiment de ligne mit bas les rames, leur jetait des munitions par les fenêtres de la caserne de l’Ave Maria, quai Saint-Paul. Dans cette mémorable journée, il arracha lui-même les fleurs de lys des shakos de plusieurs soldats et d’un chef de bataillon. Ce même jour, il assista à la prise du Louvre, qui était défendu sur trois faces. Dans la journée du 29, après la prise du Louvre, manquant de munitions, il se rendit place Pierre-Lescot chez M. Derches, maître menuisier et propriétaire, n° 16, qui lui remit deux poires pleines de poudre et environ une trentaine de balles, qui lui servirent pour chasser les troupes qui siégeaient aux alentours du Palais-Royal. Là, ils entrèrent, lui et d’autres, chez une dame veuve qui tenait un restaurant ayant pour enseigne une tête noire. Elle leur livra le premier étage pour leur faciliter à faire fuir l’ennemi. L’action terminée, pour prouver qu’ils avaient su respecter les personnes et les propriétés, il lui remit sa carte de sûreté afin qu’elle pût avoir recours sur sa personne si quelque objet lui eût manqué. Au sortir de cette affaire, il fut requis de porter neuf blessés du corps de garde à l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois, fut ensuite obligé de visiter les papiers des morts et, en exécutant ce travail, il fut chargé de recueillir une montre à boîte d’or à une femme tuée sur le champ de bataille (qui est cette femme ? faire les recherches) et la déposa à la même dame restauratrice au Palais-Royal à la tête noire. Cette même montre lui fut réclamée mais cette honnête dame ne voulut la remettre qu’à celui qui la lui avait confiée. En effet elle la lui remit à lui-même, vint à Fécamp, de Fécamp au Havre et là même en juin dernier remit la montre dont il s’agit à monsieur le juge d’instruction au tribunal civil du Havre. Il reçut à Paris du (ancien) IVe arrondissement trente-deux francs comme garde mobile, reçut aussi à titre d’indemnité et pour blessure acquise par lui en défendant la cause nationale, par les souscriptions à Fécamp soixante francs […] » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Je, soussigné, atteste que le sieur Pierre Allain m’a fait voir, vers le mois d’août dernier la blessure qu’il avait reçue à l’épaule droite, en se battant à Paris, pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet ; cette blessure avait été faite par une balle. » Signé, le 12 juillet 1831 : Joignant illisible ; Chesnée, J. B. Allain demeurait 23, place du Marché-de-la-Prison, au Havre (Seine-Maritime) chez sa tante, en 1831. Archives nationales F/1dIII/42.