Allard, Jean, Maurice
Biographie
Né le 1er novembre 1785 (sous l’identité de Allart, Maurice, Jean) à Paris, fils de Allart, Jean, Nicolas, François, entrepreneur de bâtiment, et de Alexandre, Marie, Madeleine, son épouse. Entré au 5e régiment d’artillerie à pied le 4 janvier 1807, à Metz, comme employé à l’Ecole du génie ; artificier le 13 avril 1808 en Allemagne ; sergent le 9 juillet 1809 en Allemagne ; en 1810 en Hollande, en 1811 en Allemagne ; sergent-major le 24 juin 1812, en Pologne ; en Russie en 1813 ; fait lieutenant le 12 octobre 1813, par le général Rapp pendant le siège de Dantzig ; fait prisonnier le 2 janvier 1814 à Dantzig, envoyé en Ukraine ; rentré en France le 15 janvier 1815, et admis dans l’hôpital de la garde royale ; licencié en avril 1816 avec un traitement de non-activité « comme bonapartiste » selon son état des services ; il totalisait huit années, onze mois et vingt-six jours de services militaires. Ses blessures et actions d’éclat étaient ainsi recensées : « S’est trouvé à la prise de Scharding, au passage du pont et de la ville d’Obersberg, le 21 et 22 mai devant Vienne, les 4, 5 et 6 à Wagram, le 11 juillet à ZnaiM. A défendu pendant trois mois la lunette dite Cafforelle. Il s’est trouvé pendant sept mois à toutes les affaires qui ont eu lieu pour la défense du fort Bischofsberg. » Architecte du gouvernement, entré dans les travaux publics de la Ville de Paris, employé dans la construction du ministère des Finances pendant toute sa durée ; sous-inspecteur des travaux de l’église de la Madeleine le 2 mai 1826 ; nommé inspecteur de la petite voierie le 18 novembre 1828 à 1830 (ses états de service sont au nom d’Allart, Maurice, Jean). Il combattit durant les trois jours, réunissant une centaine d’hommes vis-à-vis le théâtre de M. Comte, leur faisant distribuer les armes qu’il avait pu trouver, fit de même à l’Opéra-Comique, puis les conduisit combattre à l’hôtel Polignac, près la cour des Fontaines, puis à l’Hôtel de ville. Il fut nommé, le 31 août 1830, capitaine commandant la première batterie de l’artillerie de la garde nationale parisienne. Il demanda la confirmation de son titre de chevalier de la Légion d’honneur, remise par l’Empereur le 20 mars mais jamais confirmée par le nouveau régime. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il adressa la lettre suivante aux membres de la Commission des récompenses nationales : « Messieurs,
»Je suis très surpris en lisant la liste de ceux qui ont la Croix de Juillet de ne point y voir mon nom figurer, quand tous ceux qui ont exécuté mes ordres y sont ; j’avoue que je ne conçois pas cet oubli.
»Je n’ai pas besoin, ainsi que je l’ai vu par vos nominations, d’avoir tiré des coups de fusil pour y avoir droit. Mais, messieurs, je prends à témoin ceux que vous avez décorés, MM. Domer (voir Domer, François, Hippolyte), Hébert, Perlé Jeannin (voir Jeannin dit Perlé, Jules), avec qui j’ai réuni du monde auquel j’ai fait distribuer des armes, que je n’ai pas quitté.
»Le général Dubourg dont j’ai été premier aide-de-camp, devant la maison duquel j’ai conduit deux cents hommes ; c’est moi qui ai fait distribuer les armes du Théâtre illisible.
»A la ville (lire à l’Hôtel de ville, N.D.A.), j’ai donné les missions les plus secrètes et les plus importantes à monsieur Vassal, qui a la décoration ; c’est par mes soins que l’on a retrouvé deux millions.
»Le général Lafayette, son petit-fils, M. Dumoulin aussi décoré vous dira que j’ai abandonné toute espèce d’affaire pour rester à la ville (lire l’Hôtel de ville, N.D.A.) depuis sa prise jusqu’à la fin.
»C’est moi ensuite qui ai organisé, comme ancien capitaine d’artillerie, la belle artillerie de la garde nationale de Paris, c’est moi qui ai nommé tous les officiers, qui ai commandé la première batterie ; enfin personne dans tous ceux qui ont été récompensés n’ont rendu plus de services que moi à la cause de la liberté, pour laquelle pendant quinze ans je suis resté, à 27 ans, en retraite. Je me rapporte à votre justice ; je ne peux aller chercher mes témoins mieux que dans ceux que vous avez décorés : M. Dubourg, que j’ai été chercher chez lui, que je n’ai pas quitté, M. Laffitte, M. Jeannin Perlé (voir Jeannin dit Perlé, Jules), M. Domer (voir Domer, François, Hippolyte), M. Lafayette son petit-fils et vingt autres. » Il reçut sa médaille le 2 juillet 1831, et son brevet le 7 janvier 1832 de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Milner, Ferdinand, André (voir ce nom) donnait son adresse (416, rue Saint-Honoré) pour lui faire parvenir toute correspondance. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 14 novembre 1830. Il mourut le 24 mai 1844 (illisible). En 1830, il était capitaine commandant la 1re compagnie d’artillerie de la garde nationale. Il demeurait 6, rue Papillon dans le faubourg Poissonnière en 1826 ; 6, rue Neuve-du-Luxembourg en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 92, idem Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 (sous le nom de Allard, Maurice, Jean) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Allart, Jean, Maurice), idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet (sous le nom de Allart, Jean, Maurice) ; Archives de Paris VK3 40 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Allart, Maurice, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Allart, Jean, Maurice, faire le changement…) ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Milner, Ferdinand, André ; Archives nationales LH/22/11 base Leonore de la Légion d’honneur (sous le nom de Allart, Maurice, Jean). IL SIGNE BIEN ALLART.