Allègre, David, Louis
Biographie
Né le 2 novembre 1786 à Brest (Finistère). Ex-officier de marine. Sa conduite fut relatée ainsi par la chronique de l’époque : « Parmi les patriotes qui se sont distingués au combat du 29, on cite le capitaine Allegre, qui était candidat au grand collège de la Charente-Inférieure, et à qui il n’a manqué que peu de voix pour être élu. Après s’être emparé d’un fusil dans un combat corps à corps avec un grenadier de la garde royale, on l’a vu au milieu des braves assemblés au manège de la rue Cadet, où se trouvaient MM. Audry de Puyraveau, Gallot et Minot, tous trois députés de la Charente-Inférieure. Il était comme simple volontaire au combat meurtrier qui s’est livré dans la rue Saint-Honoré, entre les rues Traversière et de l’Echelle, où régnait un carnage affreux, et où il a montré tout le sang-froid d’un marin accoutumé aux dangers. » Le 31 août 1830, dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales, il rappelait ces mêmes circonstances, afin d’obtenir la décoration : « […] Se trouvait dans cette capitale pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier. Il passera sous silence la conduite qu’il a tenue le 27 et le 28. Le 29, à 9 heures du matin, se trouvant dans un groupe sur les boulevards, il fut bientôt aux prises corps à corps avec un grenadier de la garde royale, qu’il désarma de son fusil. Muni de cette arme, il escorta vers 10 heures et demie, M. Casimir Perier dans la rue du Faubourg-Poissonnière, n° 40, chez M. Audry de Puyraveau. Alors, ayant appris qu’un rassemblement de gardes nationaux et de volontaires s’opérait au manège de la rue Cadet, il s’y rendit avec le général Minot et y trouva MM. Audry de Puyraveau et Gallot dont il est particulièrement connu. Sous les yeux de ces honorables députés, le soussigné prit rang dans un peloton comme volontaire. On sait que ce bataillon se rendit immédiatement dans la rue Saint-Honoré entre les rues de Richelieu et Traversière et qu’il en fut fait un horrible carnage. Ce bataillon s’est battu contre la garde royale et les Suisses embusqués dans les maisons depuis 11 heures et demie jusqu’à 2 heures. Une enquête qui aurait pour objet de constater la conduite du soussigné serait facile à faire. Seul homme de son âge (quarante-trois ans) qui fut au feu dans ce bataillon, ses compagnons ne lui donnaient pas d’autre nom que celui de Mon ancien. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il prêta son serment de décoré, le 25 juin 1831 à Bordeaux, devant le préfet de Gironde. Il reçut sa croix le 1er juillet 1831, et son brevet le 16 novembre de la même année. Il est l’auteur du livre De la pêche dans le bassin d’Arcachon et sur la côte extérieure d’Arcachon, paru à Bordeaux en 1841 chez Faye. Dans une Bibliographie du bassin d’Arcachon, établie par le site Internet htba.free.fr/index.php?subaction=showfull&id=1139086262...start, on trouve les indications biographiques suivantes : « Une plaque sur le mur extérieur de l’église d’Andernos rend hommage au capitaine David Allègre : “A la mémoire du capitaine David-Louis Allègre qui, en 1837, arma dans le bassin d’Arcachon, le premier chalutier à vapeur du monde, le Turbot. Les armateurs à la pêche de France, reconnaissants. 25 juillet 1937.” Le capitaine David-Louis Allègre est né à Brest en 1786. Officier de la Marine (impériale puis royale), breveté capitaine au long cours en 1818, il se retire jeune encore à Andernos, sur le domaine d’Arès ; sa fortune personnelle lui permet de faire des investissements importants et en 1841, il publie un remarquable mémoire intitulé De la pêche dans le bassin et sur la côte extérieure d’Arcachon. Lou gran malour qui a frappé le bassin d’Arcachon est encore dans toutes les mémoires : le 28 mars 1836, six chaloupes de pêche de La Teste, le Jeune Saint-Paul, l’Augustine, l’Argus, la Clarisse, la Jeune Aimée et le Saint-Français, se sont perdues à la grande côte avec leurs équipages. Soixante-dix-huit hommes, laissant 160 orphelins, périssent dans ce terrible désastre. Le capitaine Allègre veut apporter sa contribution à la grande question qui se pose alors : comment rendre moins dangereuse la pêche pour des gens qui sont obligés de franchir les passes pour aller dans l’océan ? Sa réponse : le chalutage à vapeur; des bateaux pontés et puissants qui pourront résister à la tempête. Le Mémoire du capitaine Allègre est passionnant à plus d’un titre. Il donne d’abord une “photographie” saisissante de l’état de la pêche et des ressources du Bassin au milieu du XIXe siècle ; il dénonce l’exploitation désordonnée de ces ressources et propose des solutions, qui à des degrés divers seront mises en œuvre dans les décennies suivantes. Il est aussi un homme de ce XIXe siècle, industrieux, innovateur, passionné de technologie ; il est le premier à voir le parti que l’on peut tirer du “moteur à vapeur” à bord de bateaux de pêches ; il montre par ses expériences qu’il a raison. La très grande humanité de ce mémoire tient au fait qu’il reconnaît avoir eu raison contre tout le monde et que ce n’est jamais une bonne posture : l’équipage de ses bateaux à vapeur est composés de 2 ou 3 hommes, quand les chaloupes traditionnelles embarquent de 12 à 13 hommes Comment s’étonner que le procédé de M. Allègre ait reçu si mauvais accueil auprès d’hommes qui savait que leur emploi était menacé ? Le débat très moderne entre emploi et innovation technologique faisait déjà rage. Il montre enfin l’intelligence du capitaine Allègre, qui devant les refus qu’il a essuyés, adapte son projet : des cutters à voile feront la pêche au chalut au large des côtes d’Arcachon, les bateaux à vapeur ramasseront la pêche et la rapporteront au port […]. » Il demeurait 24, rue de la Ferme-des-Mathurins en 1830-1831 ; à Rochefort (Charente-Maritime) en juin 1831. Le Constitutionnel, 5 août 1830 ; Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusqu’à son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 332-333 ; Les Enfans de Paris ou les Petits Patriotes, scènes de courage, de présence d’esprit, de magnanimité, de grandeur d’âme et de désintéressement de la jeunesse parisienne pendant les journées des 27, 28, 29 juillet 1830, A. de Saintes, chez Nepveu libraire, et Eymery, Fruger et Cie, libraires, Paris, 1831, p. 61 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 40 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement.