Allier, Jean-Baptiste, Régis

Biographie


Né le 9 mai 1802 à Valence (Drôme), de Allier, Pierre et de Boitel, Gabriel. Ex-négociant et littérateur. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 15 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : Les 26 et 27, a parcouru les rues sans pouvoir prendre part. Le 28, sa femme ne le laissant pas sortir avec des armes, il sortit avec un ami sur la place de l’Odéon, il proposa d’aller trouver le général Lafayette, ce qui fut accepté. Il s’y transporta et ne put parvenir à le rencontrer ; il revint à l’Odéon, où il n’y avait presque plus de monde ; il rentra chez lui. Le 29, après avoir eu une scène avec son épouse, il profita du moment où il était hors de sa vue, s’arma de son fusil de chasse et de pistolets et fut combattre au Louvre, près la pompe à la place des cabriolets et aux Tuileries. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 15 avril 1831, à cinq voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. On trouve dans le Dictionnaire biographique et biblio-iconographique de la Drôme, les informations suivantes sur Allier : « Fils de Pierre et de Gabrielle Boitel, né à Valence, le 22 floréal an X (9 mai 1802), s’étant fixé de bonne heure à Paris, s’y occupa tout à la fois de littérature et d’œuvres philanthropiques. Littérateur, on lui doit quelques pièces de vers, quatre nouvelles intitulées : Talent et Richesse, La Cascade de lEnfer, La Villa de lagent de change anglais et le Pécheur du lac de Paladru ; LAveugle, comédie en deux actes, et deux drames en trois actes chacun : La Parole dhonneur et Les Pressentiments. Tous travaux qui furent plus tard réunis en un volume publié sous le pseudonyme de R. A. Boitel et le titre de Les Cœurs fragiles, Poésie, Théâtre, Nouvelles, (Paris, Hachette, 1866, in 8°, avec photographie de l’auteur). Philanthrope éclairé et dévoué, il ne se contenta pas de rechercher avec ardeur la solution pratique de différents problèmes sociaux, mais après avoir été, pendant six ans (1837-1843), agent général de la Société de bienfaisance et de patronage des jeunes élèves du département de la Seine, fonda la Colonie agricole horticole et industrielle de Petit-Bourg, qu’il dirigea jusqu’à sa suppression, en 1860, et dont il fit un établissement de premier ordre, ce qui lui valut d’être décoré de la Légion d’honneur, en 1854, et d’obtenir dans différents concours 42 médailles d’or, 34 d’argent et 32 de bronze. Bien mieux, la liquidation de cet établissement ayant donné un assez gros bénéfice, Régis Allier, qui était sans fortune, consacra ce bénéfice, qu’il eût pu s’approprier, à la fondation d’un prix de mille francs que la Société des gens de lettres, dont il fut un des fondateurs, décerne chaque année. Aussi, a-t-on dit de lui, qu’il était une grande figure et un grand caractère. Retiré un moment dans les environs de Blois, après la suppression de la Colonie agricole de Petit-Bourg, Régis Allier revint ensuite à Paris, où il est mort, le 14 novembre 1878, laissant, en outre du volume dont il a été question plus haut, un remarquable travail intitulé : Etudes sur le système pénitentiaire et la Société de patronage, Paris, Marc Aurel, 1862, in-8°, dans lequel il préconise le régime cellulaire. Un portrait de Régis Allier, par Ary Scheffer, figura au salon de 1848. » Il demeurait 3, rue de la Vieille-Estrapade en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VK3 17, deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 15 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 15 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Dictionnaire biographique et biblio-iconographique de la Drôme, tome I, Brun-Durand, Librairie dauphinoise, Grenoble, 1900, p. 21-21. La Flore littéraire du Dauphiné. La Poésie, par Léon Côte et Paul Berthet, Grenoble, Jules Rey éditeur, 1911.

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