Altroffes, Louis (parfois Altrosses, ou Mayer Louis Altroffes, ou Mayer Louis Altrosses)
Biographie
Né le 27 juillet 1794 (mais le 12 décembre 1795 dans son dossier à la Commission des récompenses nationales de la Révolution de Février) à Versailles (Yvelines). Ancien courcr du comce (couvrier ? in Archives nationales F/1dIII/39). Il reçut un secours de quarante francs le 26 novembre 1830, un secours de trente francs le 15 janvier 1831, un secours de trente le 15 février 1831, auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Altroffes sur les listes de la Commission des récompenses nationales, sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il reçut (sous le nom de Altroff, Louis), à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. La préfecture de police donna sur lui les renseignements suivants le 13 juin 1831 : « Il résulte effectivement des documents existant dans mes bureaux que le nommé Mayer Louis Altroffe […] est libéré de la peine de huit années de fer. Cet individu était âgé de seize ans et employé à la sous-préfecture de Rochefort, lorsque cette condamnation entraînant la flétrissure a été prononcée contre lui le 7 décembre 1810 par la cour de justice criminelle de Saintes (Charente-Inférieure), pour faux en écritures publiques. Depuis sa libération, en 1818, le nommé Altroffes a résidé tant à Versailles qu’à Paris et sa conduite a toujours paru régulière et exempte de reproche. Sa condamnation étant antérieure à la promulgation du code pénal, il n’est point assujetti à la surveillance de la haute police. » Il participa à la Révolution de Février et déposa un dossier devant la nouvelle Commission des récompenses nationales. Il était porteur de deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, tous présents à la mairie du (ancien) VIe arrondissement le 24 février dernier, attestons la vérité de ce qui suit. A 7 heures du matin, au moment où la garde nationale encore incertaine de ce qu’elle avait à faire, recevait la nouvelle d’un changement de ministère, au moment où plusieurs habitants du quartier parlaient d’une régence possible, le citoyen Altroffe (décoré de Juillet), le premier, en pleine rue, en face des barricades, s’écria qu’il fallait proclamer la république et jeter bas un pouvoir honteux qui non seulement avait depuis longtemps déserté la cause nationale mais encore n’avait favorisé que la corruption et abjuré toutes les promesses de 1830, qu’il fallait donc profiter de l’élan populaire, faire place nette et illisible à l’état de vraie liberté. Ces paroles enthousiastes et généreuses eurent de l’écho dans la foule des citoyens qui se pressaient aux environs de la mairie. Beaucoup d’entre eux coururent achever la barricade commencée à la hauteur de la rue du Puits-Vendôme et peu d’instants après partagèrent leurs armes avec les ouvriers. Nous attestons en outre qu’à 3 heures le citoyen Altroffe, de retour des Tuileries, où il avait conduit bon nombre d’ouvriers entraînés par son exemple, fut le premier qui, dans la cour de la mairie, en présence de l’ex-maire et de l’ex-colonel de la légion, proclama la république. » Signé, le 30 mars 1848 : Antony-Beraud (voir ce nom), directeur du théâtre de l’Ambigu ; Lisbonne, A. (voir Lisbonne, Auguste), chef du 1er bataillon de la VIe légion ; Jérome, sous-lieutenant à la 5e compagnie ; Cahourd, Auguste, capitaine d’état-major au 2e bataillon de la VIe légion. Le second certificat, ainsi rédigé : « Moi, soussigné, concierge du Palais-National (lire Palais-Royal, N.D.A.), rue Saint-Honoré, certifie que le 24 février dernier, à 2 heures, le sieur Altroffe, décoré de Juillet, qui avec beaucoup d’hommes armés combattait devant le Palais, s’étant aperçu que les bureaux de la liste civile étaient envahis, parvint à le faire entièrement évacuer, ferma toutes les portes à clé et me les remit à moi-même à la porte qui communique à la galerie des Tableaux, où il me mit en faction ; que je l’ai vu sur le point d’obtenir l’évacuation des appartements intérieurs du palais et que ce n’est que par l’arrivée inattendue d’une grande quantité de nouveaux arrivants par les autres entrées du palais qu’il n’a pas réussi à le sauver. » Signé, le 10 juin 1848 : Bechot, portier. Il sollicitait un bureau de tabac. Il fut recommandé par la Commission pour un signe honorifique. En août 1848, il sollicita de participer à la distribution de gratifications qui se préparait pour les décorés de Juillet. En février 1849, « décoré de juillet 1830, mention honorable de juin 1848 », père de famille, il sollicita un secours à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution de Février. Les renseignements de police rapportaient à son sujet : « […] Marié, père d’une fille de dix-huit ans à sa charge. […] Il a été employé auxiliaire à la mairie du (ancien) VIe arrondissement après les événements de juin ; il est maintenant sans place ; sa femme, sa fille ont peu de travail dans leur état d’ouvrières en bourse. Bonnes conduite et moralité. » Avec en apostille la mention suivante : « Condamné à huit ans de fer en 1810 et à la flétrissure. Mentionné honorablement en juin 1848. » Il reçut un secours de soixante francs en 1849, un secours de soixante francs en 1850, un secours de soixante-quinze francs en 1851, deux secours de soixante-quinze francs en 1853. Le 6 octobre 1854, le préfet de police rapportait sur son compte : « […] Le pétitionnaire, prénommé Louis, Mayer, âgé de soixante et un ans, a été pendant vingt-deux ans receveur des eaux de la ville, à la fontaine de la rue des Ornies illisible, et depuis 1848 il n’exerce aucune industrie. On pense qu’il fait quelques affaires à la Bourse. Sa position ne paraît pas très nécessiteuse car il occupe un appartement de six cents francs, assez bien meublé, dont il sous-loue une partie moyennant quarante francs par mois. Sa femme est entrepreneuse de lingerie et occupe deux ouvrières. Quoiqu’il prétende avoir servi de 1812 à 1815, le sieur Altroffes ne peut fournir aucune preuve de cette allégation. Il ne possède aucun titre, aucun certificat attestant ses services. Ce qui paraît certain c’est qu’à l’époque de la révolution de 1848 le sieur Alroffes accompagna le général de Saint-Arnauld de la préfecture de police à l’Hôtel de ville et que le 26 juin de la même année, à la tête de quelques hommes, il s’empara de la barricade de la barrière de Ménilmontant. Il a obtenu à ce sujet une mention honorable. Les sommiers judiciaires contiennent l’annotation suivante qui s’applique au sieur Altroffes : “Altroffe, Louis, Mayer, âgé de seize ans en 1810, né à Versailles, employé à la préfecture de Rochefort, demeurant à Rochefort, a été condamné à huit ans de fers, à l’exposition et à la flétrissure par la cour criminelle spéciale séante à Saintes le 7 décembre 1810 pour faux en écritures publiques. Exposé et flétri le 8 du même mois.” » Il reçut un secours de cinquante francs en 1854. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 38, rue des Petites-Ecuries en 1831 ; 6 bis, rue de Vendôme en 1848-1849 ; 108, rue du Temple, un logement au loyer annuel de trois cent quatre-vingts francs, en 1849 ; 3, passage des Petits-Pères en 1850 ; 3, rue de Buffault dans le faubourg Montmartre en 1851-1853. Aux Archives de la préfecture de police AA 370, on trouvera des indications sur celui qui était sans doute son frère, Altroffe, Jacob, né le 22 octobre 1796 à Versailles (Seine-et-Oise), commerçant, demeurant 291, rue Saint-Martin en 1848 et qui sollicita de la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 70 (sous le nom de Altroff, Louis) ; Archives de Paris VD3 1-2, 1830 Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Altroffes) ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Altroff, Louis) ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Emploi d’une somme de 350 francs, provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de Juillet, exercice 1849, minute 50 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à vingt-six décorés et veuves de décorés ou blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.490 francs, minutes 257-259, en date du 12 janvier 1853. Il ne semble pas y avoir de lien avec Astroff, J.