Aly-Hamet
Biographie
Egyptien, né vers 1787 à Mansourak (Egypte). Ancien mamelouk « homme de couleur » dit-il lui-même, ex-gardien de marine, devenu porteur à la halle, gagnant un franc cinquante à deux francs par jour. Il fut blessé d’un coup de biscayen à la main droite et amputé des deux premières phalanges du médius. Il fut soigné à l’ambulance de la Halle aux draps et le docteur Guillemot, Pierre (voir ce nom), dans le récit qu’il transmit à la Commission des récompenses nationales, nous laisse les indications suivantes sur son compte : « Les blessés aux membres supérieurs, lorsque la plaie était simple et sans accident, sont venus matin et soir se faire soigner à l’ambulance. La guérison en a singulièrement diminué le nombre. Deux seulement réclamèrent une prolongation de soins. L’un est le sieur Duhéron, qui a reçu un coup de feu, avec ouverture de l’articulation du coude, et l’autre est le sieur Hallé Hameth (sic), dont la main droite a été mutilée par un biscayen. » Il reçut un secours de cinquante francs sur la souscription ouverte en faveur des blessés recueillis dans l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré. Sa femme enceinte, il reçut (sous le nom de Halli-Hamet) un secours de quatre-vingts francs en août et un secours de soixante-dix francs en septembre 1830 sur les listes du Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut (sous les noms d’Héli-Hamett et d’Haly-Hammeth), comme blessé, trois cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (parfois sous le nom de Hali-Hamette mais sous celui d’Aly-Hamet in Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement) (sous le nom de Aly-Amet sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu (coup de biscayen) au doigt médius de la main droite, qui a nécessité l’amputation des deux premières phalanges de ce doigt, cicatrisé avec ankylose incomplète aux deux derniers doigts de cette main, perte de deux phalanges et gêne dans les mouvements de la main. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de quatre cents francs. Il reçut une inscription de rentes de soixante-quinze francs (sous le nom de Amett Daly) de la part de la Commission de la souscription nationale, à mairie du (ancien) IVe arrondissement (Il est sous quel nom dans le Crapelet ?). Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 25 mai 1831 à la mairie du IVe arrondissement, reçut sa croix le 22 juin et son brevet le 29 août 1831. On trouve dans son dossier un passeport d’indigent, en date du 22 mai 1831, pour se rendre d’Auxerre (Yonne) à Paris. Il ne savait pas signer. Il fut, à titre de récompense nationale, nommé gardien au port de Toulon en 1830. Il est indiqué avoir reçu six cent vingt francs en 1831 sur les fonds de la Souscription nationale. En 1840, il sollicita un secours et reçut vingt-cinq francs. En 1841, dans une position « encore plus précaire, n’ayant pour soutenir sa femme et deux enfants en bas âge, infirmes, que la modique rétribution que lui procure sa modeste profession de porteur à la halle, dans un dénuement complet du plus strict nécessaire, […] menacé d’être sans asile étant arriéré avec son propriétaire », il sollicita un nouveau secours. En 1842, il perdit deux enfants, d’une longue maladie, qui l’avait mis « dans la dure nécessité de se défaire du peu qu’il possédait pour leur fournir des médicaments, n’ayant pour subvenir aux besoins de sa famille et de son fils infirme que le salaire toujours insuffisant qui lui procure sa médiocre et dure profession de porteur à la halle », et sollicita un secours. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1843. En 1843, il parlait de deux enfants estropiés ; en 1844, de deux enfants dont une estropiée et sa femme sur le point d’accoucher. Sur son dossier, il est indiqué comme jouissant « d’une excellente réputation ». Il demeurait 14, rue de la Cossonnerie en 1830-1831 ; 15, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie, maison du marchand de couleurs, en 1840-1843 ; 1, rue Saint-Germain-l’Auxerrois puis 1, rue des Lavandières-Sainte-Opportune, maison de Croissant épicier, en 1844. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 27 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 29 (sous le nom de Halli-Hameth) ; Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d., p. 12 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIIe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 98 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 2 (sous le nom de Amet-Haly) ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement (sous le nom de Amett Daly), Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Guillemot, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/33, état nominatif des blessés pensionnés présumés non naturalisés français et état des personnes qui ont obtenu des emplois ou de l’avancement dans le département de la Marine sur les demandes de la Commission des récompenses nationales et aussi dossier indemnités et récompenses, envoi du 7 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, idem blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, blessés de la 3e classe, idem F/15/4240. Il est parlé dans Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure et lithographie des artistes vivants exposés au Grand-Palais des Champs-Elysées, paru en 1831, d’un « portrait de Ali-Hamet, mameluck de l’ex-garde, blessé deux fois à la main droite le 28 juillet en combattant avec les Parisiens », peint par Crignier. Si Né en Turquie (ce qui est le cas, l’Egypte étant la turquie. Sellier, forçat libéré à Epinal. Si c’est le même, consulter Archives nationales F/7/3034, évadé, 25 mars 1818. Il y aurait quelque part sur Internet un Ali-Amet, provocateur de police…