Alzy, Anne, Scholastique, épouse Richer

Biographie


Née le 16 octobre 1785 (mais le 6 octobre 1785 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36 ; mais bien le 16 octobre 1785 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Morainville (Eure-et-Loir), fille de Alzy, Jean, maçon, et de Thibault, Victoire, son épouse. Elle fut atteinte d’un coup de biscayen à la jambe gauche, le 28 juillet dans le faubourg Saint-Antoine près de la fontaine de Charonne, alors qu’elle tentait de ramener à la vie son fils (voir Richer, Auguste), qui venait de tomber tué par un coup de feu. En octobre 1830, la police, rassemblant des informations sur son mari, rapportait ainsi les circonstances dans lesquelles Alzy, Anne, Scholastique avait été blessée : « Le sieur Richer [père, N.D.A.], natif de Bordeaux et domicilié depuis longtemps déjà à Paris, exerce rue de Charonne, n° 13 l’état de fruitier. Il avait tenu précédemment un commerce de vins rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine et rue Saint-Maur-Popincourt, mais, n’ayant pu réussir dans son entreprise trop grande pour ses moyens, il fut obligé de quitter la boutique qu’il avait à bail et se vit bientôt gêné pour le paiement des loyers. Son fils, jeune homme de dix-huit ans, tenait encore au mois de juillet dernier la cave de la rue Sainte-Marguerite, lorsque les événements des glorieuses journées appelèrent le jeune Richer au combat. Il y courut avec enthousiasme et, au moment même où sa mère venait pour l’arracher du danger, il fut frappé mortellement. Sa pauvre mère s’empressa de lui prodiguer ses soins et reçut elle-même, pendant qu’elle s’efforçait de rappeler son fils à la vie, un coup de feu qui lui brisa la jambe. Elle reçut un secours de deux cents francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 5 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Bourgeois, Etienne, Mathieu, jardinier, demeurant 77, rue de Charonne ; Mercier, Louis, Julien, ébéniste, demeurant 14, rue de Charonne ; Lejeune, Jean-François, fabricant de bande illisible, demeurant 48, rue de Lappe. Ils attestèrent que Richer, Auguste avait « été tué, le 28 juillet 1830, rue du Faubourg-Saint-Antoine, près de la fontaine Charonne ; […] et que la dame Alzy, femme de Jean Richer a été elle-même blessée très gravement à la jambe le 28 juillet par un biscayen, rue du Faubourg-Saint-Antoine ». Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 17 février 1831, la conclusion suivante : « A montré un ulcère à la partie antérieure, inférieure et externe de la jambe gauche, ulcère qu’elle dit être la suite d’une blessure par coup de biscayen, circonstance qui, si elle est vraie, lui donne droit à être placée dans la troisième classe des blessés. » Elle fut admise dans la 3e classe des blessés et pensionnée de trois cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. En date du 10 mars 1831, le bureau de charité lui avait délivré un certificat d’infirmité qui attestait qu’elle souffrait « d’une chute de matrice, ce qui joint à la blessure qu’elle a reçue le 28 juillet, la met hors d’état de se livrer à un travail suffisant pour exister ». Le 11 mars 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, avait comparut : Chevalier, Aimable, Constant, ébéniste, demeurant 52, rue des Tournelles ; Gallimard, Michel, ébéniste, demeurant 223, rue Saint-Antoine (sic ; lire sans doute rue du Faubourg-Saint-Antoine). Ils attestèrent parfaitement connaître Richer, Jean et Alzy, Anne, Scholastique « et savoir que le premier est affecté d’un état presque complet de cécité et que la seconde a été blessée dans les journées de Juillet par un biscayen, laquelle blessure la rendra impotente le reste de ses jours, et qu’ils ont à leur charge deux enfants en bas âge ». Elle avait épousé Jean Richer, le 4 mars 1828 à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement de Paris. Elle demeurait 13, rue de Charonne en 1830-1831 (mais 26, rue Sainte-Marguerite sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36). Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 71 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (avec son mari Richer, Jean) ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 (avec son mari Richer, Jean) ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 105 (avec son mari Richer, Jean) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 105 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 2 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 3e classe) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à la pension (cahier de trente-deux blessés) ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Richer, Auguste ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 3e classe.

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