Amagat, Guillaume
Biographie
Né vers 1803 à Neuvéglise (Cantal). Marchand de bois. Il combattit dans le faubourg Saint-Antoine, au Palais-Royal, à la porte Saint-Martin et à la prise du Louvre, et fut blessé d’un coup de crosse à la tête, en sauvant la vie à deux gardes royaux faits prisonniers. Le 29 juillet, il faisait partie de ceux qui avaient investi la maison de Geoffroy, propriétaire au coin des rues Traversière et Saint-Honoré, n° 2, pour tirer par les croisées sur les gardes royaux embusqués dans la maison au coin des rues de l’Echelle-Saint-Honoré et Saint-Nicaise. N’ayant pas fait les démarches pour obtenir la décoration de Juillet, il ne la sollicita d’abord que le 25 juillet 1831 auprès du roi puis auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il renonçait à toute récompense pécuniaire, sa position le mettant à même d’y renoncer, mais désirait obtenir « la décoration des braves ». A sa demande auprès du roi, il joignait le certificat suivant : « Nous, soussignés, pour rendre hommage à la vérité, certifions et attestons qu’il est à notre connaissance pleine et entière que le sieur Guillaume Amagat, marchand de bois, a combattu dans les trois jours avec la plus grande bravoure et le plus grand dévouement, qu’il a successivement essuyé le feu de l’ennemi dans le faubourg Saint-Antoine, dans le quartier du Palais-Royal et à la porte Saint-Martin et particulièrement à la prise du Louvre. Nous attestons en outre que nous savons de science certaine que le sieur Amagat s’exposa notablement pour sauver la vie de deux gardes royaux faits prisonniers et que dans la lutte qu’il soutint à cet égard il fut blessé d’un coup de crosse à la tête. La position de M. Amagat l’ayant mis à même de refuser les dons qui suivirent les combats de Juillet, il s’est abstenu jusqu’à ce jour de rien solliciter mais son patriotisme lui faisant désirer la distinction qu’ont obtenue les braves dont il a partagé les dangers, nous nous sommes empressés de lui délivrer la présente attestation pour lui servir et valoir ce que de droit. » Signé, le 24 juillet 1831 : Bourdon, demeurant 34, rue Aumaire ; Simon, demeurant 30, rue Aumaire. Suivait l’apostille suivante : « Je, soussigné, A. Geoffroy, propriétaire, demeurant au coin des rues Traversière et Saint-Honoré n° 2, certifie et atteste que le sieur Amagat faisait partie d’un grand nombre de patriotes qui se sont présentés chez moi pour tirer par mes croisées et résister aux gardes royaux embusqués dans les maisons au coin des rues de l’Echelle-Saint-Honoré et Saint-Nicaise, dans la journée du 29 et qu’il s’y est conduit avec beaucoup de bravoure et de dévouement. » Il joignait à sa demande auprès de la mairie plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, décorés de Juillet et combattants des trois jours, attestons et certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Amaga (sic), marchand de bois, s’est conduit avec le plus grand zèle et le plus grand courage aux affaires du faubourg Saint-Antoine et de la porte Saint-Martin, du Louvre et du Palais-Royal, que non seulement il a combattu vaillamment dans ces divers endroits mais que dans plusieurs autres il a soldé de ses deniers des hommes hors d’état de combattre et dont les efforts hâtèrent la confection des barricades. En foi de quoi, remplis d’estime pour la conduite du sieur Amaga (sic), nous nous sommes fait un devoir de lui délivrer la présente attestation pour servir et valoir ce que de droit. » Signé, le 6 septembre 1831 : Bonneau, Alexandre (voir Bonneau, Alexandre, Mathieu), décoré, demeurant 9, rue de la Boule-Rouge ; Aubert, Jean (voir ce nom), demeurant 6, rue du Cloître-Saint-Honoré ; Renauld, Joseph (voir ce nom), décoré, demeurant 23, rue de la Poterie-des-Halles ; Savart (voir ce nom), demeurant 17, rue Jean-Jacques-Rousseau. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, ancien pharmacien, décoré de Juillet et l’un de ceux qui ont porté sur le champ de bataille des secours aux blessés, atteste et certifie avoir pansé sur le terrain pendant l’action engagée près des rues de Richelieu et Saint-Honoré, le sieur Amaga (sic), marchand de bois, blessé d’un coup de crosse. Ledit sieur ayant combattu corps à corps avec des soldats de la garde, reçut une contusion d’une telle force qu’il fut renversé et c’est à ce moment qu’étendu par terre, je lui administrai les premiers secours. » Signé, le 17 juillet 1831 : Bonneau, Alexandre (voir Bonneau, Alexandre, Mathieu), décoré, demeurant 9, rue de la Boule-Rouge. Le troisième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, pour rendre hommage à la vérité, certifions et attestons qu’il est à notre connaissance pleine et entière que le sieur Amaga (sic), marchand de bois, a combattu avec le plus grand courage dans les trois journées de Juillet, qu’après s’être successivement porté à la porte Saint-Martin, au faubourg Saint-Antoine, au Louvre, au Palais-Royal, il fut, dans ce dernier combat, blessé d’un coup de crosse à la tête. Nous attestons en outre qu’il est de même à notre connaissance que pendant la durée des trois jours ledit sieur Amaga (sic) a poussé le zèle et le patriotisme jusqu’à solder de ses deniers des hommes qui ne pouvaient combattre, afin que par leurs conseils les barricades fussent plus promptement élevées. De tout quoi, nous nous sommes fait un devoir et même une satisfaction de dresser le présent attestant à la fois le patriotisme et le courage du sieur Amaga, espérant que le sieur pourra ainsi faire valoir ses droits. » Signé, le 28 août 1831 : Humblot, demeurant 26, rue Aumaire ; Lanas ou Lanos illisible, demeurant 31, rue Aumaire ; Simon, demeurant 49, rue Transnonain ; Leroyer ou Le Royer, demeurant 4, rue des Vertus illisible ; Lionroy illisible, demeurant 2, rue Traversière-Saint-Honoré. Sa demande fut repoussée parce que présentée trop tardivement. Il semble bien signer Amagat. Il demeurait 28, rue Aumaire en 1831. Archives nationales F/1dIII/42 (sous le nom de Amagat, Guillaume) ; Archives de la préfecture de police AA 370 (sous le nom de Amaga, Guillaume).