Andony, François
Biographie
Né le 15 avril 1790 à Pamiers (Ariège). Ancien soldat de l’Empire, il avait participé à la retraite de la Berezina, sauvé la vie au général Maison et fut fait prisonnier par les Russes. Apprêteur de chapeaux de paille puis conducteur de diligence. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Andony, François sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il signa, le 15 août 1830 ou 1831, le certificat suivant en faveur de Ligné, Charles, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, combattants de juillet 1830, certifions à qui de droit que le sieur Ligné, Charles, demeurant rue du Paon n° 8, faubourg Saint-Germain, s’est distingué dans les mémorables journées de notre révolution et principalement dans celles des 28 et 29. Le 28, il est allé à l’Hôtel de ville, il a pris part au combat qui s’est engagé entre la garde royale, l’artillerie et les citoyens. Il se distingua dans cette affaire par son courage. Le soir, forcé d’abandonner l’Hôtel de ville, il s’est joint à ses camarades et se sont dirigés sur le pont des Arts, où il contribua de tous ses efforts au combat de l’Institut. Le 29 au matin, il s’est dirigé vers la rue de la Monnaie et avec assez de peine il est parvenu à arriver sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, où il se distingua en se battant contre la troupe jusqu’à la prise du Louvre. Ayant appris qu’il existait encore de la résistance à la caserne de Babylone, il s’y est transporté et a pris part au combat jusqu’à la prise de cette caserne, où il entra un des premiers. Ayant été remarqué par son courage et comme ancien militaire par son adresse, les combattants soussignés lui donnèrent leur confiance pour la distribution des armes dans cet endroit. » Il prêta, le 17 mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut (sous le nom de Andony, François), comme décoré de la Croix de Juillet, non blessé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il reçut, en juillet 1833 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de vingt-cinq francs, à titre de décoré de Juillet. En 1833, il sollicita que le mariage de sa fille, alors âgée de dix-sept ans, fût doté par la Ville de Paris à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet. Des renseignements contradictoires semblent avoir été recueillis. D’une part, cette note griffonnée sur sa demande par la mairie donnait les renseignements suivants : « Violent, peu aimé dans le quartier, fréquentant les cabarets, regardé comme intrigant, opinions exaltées, n’a pas été au marché des Innocents le 6 juin (1832, rendez-vous de sa compagnie de garde nationale, au moment des révoltes), mariage fait par spéculation. » D’autre part, la même mairie transmettait les renseignements suivants : « L’administration municipale […] a senti combien elle devait apporter de discernement dans sa recherche et le choix des jeunes filles de combattants à proposer à l’autorité supérieure pour les mariages qu’on serait dans l’intention de faire contracter pour le troisième anniversaire de Juillet. Les recherches auxquelles elle s’est livrée ont été faites avec maturité, conscience et équité, aussi, aujourd’hui, se trouve-t-elle dans la position de proposer des jeunes filles qui réuniront toutes les qualités désirables, tant sous le rapport de l’honnêteté des familles que sous celui des conséquences sociales. La jeune Andony, âgée de dix-sept ans, élevée avec soin par les sœurs de charité, comme la mariée Gaussiraud (sic) (voir Greffe, Pierre, Joseph), est très bonne ouvrière. Elle jouit d’une excellente conduite ; son père, apprêteur de chapeaux de paille et conducteur des Messageries Laffitte et Caillard, est combattant de Juillet, décoré de la croix, caporal des grenadiers du 3e bataillon de la XIe légion et, comme tel, combattant de Juin [l’émeute des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.] au marché des Innocents et rue Aubry-le-Boucher. » Et aussi la jeune fille, selon une autre note de la mairie, était présentée comme ouvrière et « bien élevée ». Il reçut, en juillet 1835 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de neuf francs, à titre de décoré de Juillet. En 1840, relevant d’une grave maladie, il fit une demande de secours. La police notait à son sujet, en 1840 : « Sa femme est blanchisseuse en chapeaux de paille. Lui est conducteur aux Messageries Laffitte Caillard et Cie. Il a versé un cautionnement de cinq mille francs. Bons renseignements sur le rapport de la conduite et de la moralité. Il a conservé des idées de l’Empire. Audouy est au-dessus du besoin. » Puis, en 1843 : « Il a été obligé, dit-on, d’abandonner son ancien emploi de conducteur des Messageries générales, pour cause de mauvaise santé. Aujourd’hui, il s’occupe ainsi que sa femme à blanchir des chapeaux de paille, ce qui lui serait assez avantageux s’il n’y avait pas de morte saison. Néanmoins, il n’est pas dans le besoin, vu l’ordre qui règne dans son ménage. Sa conduite est régulière et il jouit, à juste titre, d’une très bonne réputation. » Il reçut 25 francs de secours en 1844, un secours de 25 francs en 1845. Sa veuve reçut 40 francs de secours en 1846. Elle continua de tenir un petit établissement de blanchissage de chapeaux de paille, que la police disait « en voie de prospérité ». Andony était père de deux filles. Il demeura 37, rue de l’Ecole-de-Médecine, au 41 et au 23 (au 37 deux fois in Archives de Paris VI1 1, in Archives de Paris, VD6 631 n° 1, in Archives de Paris, VD6 3, in Archives de Paris VD6 633 n° 1 dans le document qu’il signe lors de la prestation de serment, et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 et aussi in Archives de Paris VI1), depuis son retour de Russie jusqu’à sa mort. Sa veuve alla demeurer 19, rue des Boucheries-Saint-Germain. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet non blessés, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, convocations des décorés à la mairie, idem liste de MM. les décorés de Juillet qui avaient déposé leurs brevets à la mairie du (ancien) XIe arrondissement et auxquels ils ont été rendus, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives de Paris VI1, idem liste des décorés de Juillet, qui ont reçu un secours de vingt-cinq francs les 27 et 28 juillet 1833 ; Archives de Paris VK3 19, Mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état des citoyens décorés de la Croix de Juillet non blessés auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs, idem 1835, Etat de répartition de la somme de quatre cents francs mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être distribuée à MM. les décorés de Juillet ; Archives de Paris VK3 40 ; Archives de Paris VI1 1, 1835, mariages anniversaires de Juillet, idem mariages dotés par la Ville, juillet 1833, généralités pour les couples dotés de juillet 1833 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Ligné, Charles.