Andras-Dumontois

Biographie


Lieutenant-colonel. Commandant des postes des barrières du Maine et du Montparnasse, il combattit en juillet, selon le certificat de notoriété délivré en faveur de Guillet, Pierre. Il délivra un certificat à Richard, Constant, Joseph, pour attester la conduite et certifier la blessure que ce dernier avait reçue à la caserne de Babylone. Il délivra un certificat en faveur de Lorquet, Philippe, en date du 13 août 1830 : « Le chef du poste de la barrière du Montparnasse certifie que le nommé Philippe Lorquet a fait un service actif depuis le 29 juillet jusqu’au 6 août et qu’il s’est bien conduit. » Il délivra, toujours comme commandant des postes des barrières du Maine et du Montparnasse, un certificat en faveur de Miquel, Jean, attestant que ce dernier avait été blessé d’un coup de feu reçu au talon gauche, le 29 juillet au bout du Pont des Arts, par une décharge faite depuis les guichets du Louvre par la garde royale, et présent à la prise de la caserne de Babylone, où « il a montré beaucoup de courage ». Il délivra le certificat suivant en faveur de Mochin, François, Antoine : « Le chef des postes des barrières du Maine et du Montparnasse certifie que le citoyen Mochin, Antoine, François a fait un service actif sous mon commandement pendant cinq jours sans être relevé et a contribué de tout son pouvoir au rétablissement de l’ordre. C’est un brave et dévoué volontaire. » Il signa, le 9 août 1830, le certificat suivant en faveur de Marchand, Louis, Antoine : « Le chef et commandant des postes des barrières du Maine et du Montparnasse certifie que le citoyen Marchand, Louis, Antoine, ex-maréchal des logis, était avec moi le 27 juillet rue Saint-Honoré ; les feux du 3e régiment de la garde ne l’ont pas empêché de les poursuivre jusqu’au palais d’Orléans (Palais-Royal, N.D.A.). Le 28, il était au bout du pont d’Arcole du côté de la Cité. Le 29, il s’est porté avec moi à la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; il m’a suivi pour faire marcher le maire à la tête de mon bataillon ; de là, il a participé à la liberté des prisonniers de l’Abbaye. Il s’est très bien montré à la prise de la caserne des Suisses de Babylone ; son poste était au coin de la rue des Brodeurs, où il a fait feu sur ladite caserne pendant un grand quart d’heure. Après cette dernière prise, il s’est rendu sous mes ordres à la barrière du Montparnasse où il a fait un service actif jusqu’au 7 août, époque où nous avons été relevé de nos fatigues. » Il signa, le 12 août 1830, le certificat suivant en faveur de Grangé, Louis, Jean-Baptiste : « Je certifie que le nommé Grangé, ex-sous-officier au 66e de ligne, a été sous mes ordres dans les affaires des 27, 28 et 29 juillet et qu’il s’est rendu, le 29 après la prise de la caserne des Suisses rue de Babylone, à la barrière du Montparnasse, où il a fait un service actif jusqu’au 7 août. Ce brave a contribué de tout son pouvoir au maintien de l’ordre public ; je n’ai qu’à me louer de sa belle conduite. » Il était l’un des témoins (lieutenant-colonel demeurant 10, rue du Montparnasse) cités par Ygonnel, François comme pouvant apporter la preuve de sa participation aux combats de Juillet, quand ce dernier tenta, en août 1831, d’obtenir la décoration de Juillet. Il reçut un secours de soixante francs, le 18 octobre 1830, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut (sous le nom de Audras) admis dans la 1re classe de la 2e catégorie des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de cent vingt francs versée sur un an. Il reçut (sous le nom de Audras), à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Victime d’une homonymie, il crut avoir été décoré de la Croix de Juillet. Le 14 octobre 1836, il adressa une lettre au ministère de l’Intérieur, rédigée en ces termes : « A mon arrivée d’Alger, j’apprends que je suis porté sur l’état nominatif de la Croix de Juillet sous le nom de Audra. Je ne trouve pas à ma mairie le brevet. » Il demanda son titre ainsi « qu’un brevet de deux cents francs de rente que j’avais sur la cassette de Louis XVIII et que j’ai déposé en 1830 au mois de décembre entre les mains de M. Betout, membre de la Commission des récompenses nationales » au nom de Andras-Dumontois, maréchal des logis des gardes du corps du roi. Le ministère dut le convaincre de la méprise. Il signa, le 1er juillet 1839 (pour quelle raison à cette date ? élucider pour trouver dautres indications biographiques), comme « comte Andras, lieutenant-colonel, ex-inspecteur général des prisons militaires et ateliers des condamnés d’Alger », le certificat suivant en faveur de Richard, Constant, Joseph auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie et déclare que le nommé Constant, Joseph Richard a été sous mes ordres dans les trois mémorables journées de Juillet et il s’est particulièrement signalé en battant la charge à la prise des Suisses (caserne de Babylone), où il a été blessé à la jambe droite, au coin de la rue Plumet, où j’était témoin oculaire de son dévouement. » Il signa, le 13 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Viot, Claude et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Le chef et commandant des postes des barrières du Maine et du Montparnasse certifie que le 27 juillet le nommé Viot, Claude était rue Saint-Honoré. Le 28, il s’est retrouvé avec moi rue de l’Université, où il m’a aidé faire descendre M. le maire du (ancien) Xe arrondissement pour le mettre à la tête de mon bataillon. Le 29, il était à la prise de la caserne des Suisses rue de Babylone ; il s’est montré partout en brave Français. » Il signa, le 14 octobre 1830 et comme chevalier et lieutenant-colonel, le certificat suivant en faveur de Biret, Alexandre : « Le chef et commandant des postes des barrières du Maine et du Montparnasse certifie que le citoyen Alexandre Biret était le 27 juillet à 5 heures du soir rue Saint-Honoré, où il jetait des pierres aux gendarmes. Le 29, après la prise de la caserne des Suisses, rue de Babylone, il s’est rendu à mon poste de la barrière du Montparnasse, où il a fait un service utile jusqu’au 31. Il a contribué de tout son pouvoir au maintien de l’ordre public. » On trouve la mention des activités d’Andras dans Curiosités littéraires de Paris et de la province parues en 1858. Le passage le concernant était ainsi rédigé : « M. Levens, dont notre dernier numéro retraçait les projets enthousiastes, n’est pas le seul parfumeur qu’ait inventé l’Algérie, à en juger par ce prospectus impayable, extrait de la collection d’un amateur : Breveté et Membre de la Société française de statistique universelle et de lAcadémie de lindustrie. Le Roi protecteur. Honneur aux découvertes françaises. M. le lieutenant-colonel Andras, ex-inspecteur général des prisons militaires et ateliers des condamnés de la régence d’Alger, a l’honneur de vous faire remettre un flacon du précieux élixir Sardna, recette incomparable trouvée à la Casbah. Cette recette, qui avait appartenu à la belle Circassienne du dey d’Alger, avait été enfouie par elle à l’approche des Français. Le lieutenant-colonel Andras est le seul possesseur de cette heureuse découverte. Depuis 1831 jusqu’à ce jour, il n’a cessé de faire des essais sur sa personne même ; on peut se convaincre, en le voyant, des résultats qu’il a obtenus. Cet élixir est approuvé par la haute société et ordonné par un célèbre médecin. (Voir le Populaire royaliste du 2 mars 1839 et les numéros suivants). Veuillez, M., vous intéresser à cet élixir, en faisant essai de ce flacon. En le recommandant à vos connaissances, vous obligerez un officier supérieur que des circonstances forcent à recevoir une faible rétribution de ce qu’il aurait désiré propager gratuitement. Il enverra chercher la réponse chez votre concierge, et il attendra vos ordres pour vous en expédier de nouveau, si vous avez confiance en un homme d’honneur qui a blanchi dans les camps. Cet élixir est fabriqué par la distillation, composé de plantes cueillies au pied du petit mont Atlas par le lieutenant-colonel Andras, qui en a rapporté une grande quantité. Cet élixir est généralement employé dans la Circassie ; c’est à l’usage habituel qu’en font les Circassiennes, qu’il faut attribuer cette blancheur et le lisse de la peau tant enviés de nos dames. Le parfum en est suave et surpasse toutes les odeurs. Il conserve et rend la jeunesse à la figure, fait disparaître les rides, boutons et rousseur de la peau, guérit les dartres, rend l’éclat primitif à la vue et la fortifie, guérit la mauvaise odeur de la bouche, ôte les maux de tête et tintements d’oreilles, cicatrise les coupures, ôte le feu du rasoir et tend la peau. 2 francs le flacon. MANIÈRE DE S’EN SERVIR. 1. Pour la figure, mettez-en quelques gouttes pures dans un verre, et, avec la barbe du bout d’une plume, passez-en sur la peau, et laissez sécher. Cette opération se fait après la toilette, ou avant, si on se sert d’objets que l’on veuille conserver. 2. Pour les yeux, fermez-les, passez-en sur les paupières ne les ouvrez que quand l’élixir sera sec : c’est l’affaire d’un moment pour être satisfait. 3. Pour les tintements d’oreilles, deux gouttes dans l’oreille malade les fait cesser. 4. Pour la mauvaise haleine, quelques gouttes dans l’eau et se gargariser, en boire même, si elle provient de l’estomac. 5. Pour les dartres, employez-la pure, toujours .avec la barbe d’une plume ; plus vous réitérerez, et plus promptement les indispositions disparaissent. 6. Pour coupure, quelques gouttes sur un linge appliqué à la plaie font merveille ; en levant l’appareil, la blessure a disparu. 7. Pour les maux de tête, quelques gouttes dans le creux de la main et respirer fortement. Dans toutes vos indispositions, ayez recours à votre flacon, respirez-en, et vous vous convaincrez que c’est un trésor inappréciable. 8. Les amateurs de gloria (mélange de café et d’eau-de-vie, N.D.A.) peuvent en mettre quelques gouttes dans leur tasse à café et ils trouveront une ambroisie inconnue en Europe et confortable pour l’estomac. On trouve chez le même auteur l’incompréhensible savon des Marabouts de la Mecke qui blanchit, nettoie et adoucit la peau à la minute ; il est excellent pour la barbe. 1 franc la boîte. Le lieutenant-colonel Andras est aussi le seul possesseur de la Pommade de graisse de porc-épic et de plantes aromates ; elle fait croître les cheveux, favoris et moustaches, en empêche la chute et leur donne le plus beau lisse. 1 franc le pot. Manière de s’en servir. En prendre une pincée ou deux, et frotter les deux mains, ayant soin de les humecter d’un peu d’eau. Pour toutes les parties du corps que l’on veut faire devenir blanches, douces et nettes, il suffit d’en étendre un peu sur un linge mouillé, et frottez, vous serez satisfait à la minute. La pommade s’emploie, comme tant d’autres pour le lisse des cheveux, pour en empêcher la chute et les faire croître ; il faut en étendre légèrement sur la peau, le soir avant de se coucher. Les personnes qui douteraient de l’efficacité des trois objets énoncés ci-dessus, sont priées de se présenter chez le lieutenant-colonel Andras qui se fera un plaisir de les convaincre gratuitement. Pour que les flacons et pots soient véritables, ils porteront la signature de l’auteur faite à la main, et revêtus de ses armes. Rue de Seine-Saint-Germain, 39. Il suffit décrire pour être servi de suite.” Au bas du prospectus on remarque en effet l’empreinte d’un écu portant un chevron et trois besans. Au dire de ceux qui ont connu le colonel Andras à l’époque où il rédigea ce morceau d’éloquence (1841), il paraît qu’il employait trop souvent son élixir en gloria, sans doute pour en mieux montrer la force. » Il demeurait 10, rue du Montparnasse en 1830 ; rue des Filles, à Troyes ou 6, hôtel de l’Odéon (?) en 1836. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, p. 85 (sous le nom de Audras), liste nominative des cas exceptionnels du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 117 (sous le nom de Audras), lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 631 n° 1 in dossier Richard, Constant, Joseph, idem in dossier Lorquet, Philippe, idem in dossier Miquel, Jean ; Archives de Paris VK3 19, (ancien) XIe arrondissement de Paris, état des blessés qui ont reçu des secours de la Commission des récompenses nationales ayant droit à l’indemnité de cent vingt francs accordée par la Commission de la souscription nationale et qui n’ont pas encore réclamé (sous le nom de Andras Dumontoire) ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Mochin, François, Antoine, idem in dossier Marchand, Louis, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Biret, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Guillet, Pierre (sous le nom de Dumontois, Andras) ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Ygonnel, François ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Audras) et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Audras) ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Grangé, Louis, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 411 in dossier Richard, Constant, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 417 in dossier Viot, Claude ; Revue anecdotique des excentricités contemporaines, Curiosités littéraires de Paris et de la province. Petits documents biographiques. Circulaires rares ou bouffonnes. Complaintes et vaudevilles. Nouvelles des librairies et des théâtres. Premier semestre, numéro 6, 20-28 février 1858, p. 119-122.

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