André, Etienne

Biographie


Né le 10 décembre 1782 à Roscoff (mais à Morlaix in Archives nationales F/1dIII/38 A ; bien à Roscoff dans les renseignements de police en 1849) (Finistère), d’André, Pierre et de Marc, Victoire son épouse. Ancien militaire ayant seize ans de service effectif, non pensionné, devenu ouvrier cordonnier ou bottier. Il fut blessé d’un coup de baïonnette reçu au pied droit, le 27 juillet 1830, alors qu’il combattait place de Grève ; il arbora le drapeau tricolore sur les bâtiments. Soigné à l’hôpital du Gros-Caillou, il remplit les fonctions de chef de poste, à la demande du directeur de cet hôpital, depuis le 28 juillet au matin jusqu’au 30 dans l’après-midi. Il montra à ce poste, selon le directeur, « tout le zèle, l’exactitude et la fermeté désirables. […] Pendant la durée de son service, il a repris dans une ronde de nuit des effets que détournaient des malintentionnés » et les déposa dans les mains du directeur. En août 1830, père de trois enfants en bas âge, il sollicita un secours. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement (où il reçoit la médaille) et aussi auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (in F/1dIII/42). Le 29 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement comparurent : Geraux, Joseph, Julien, nourrisseur, demeurant 17, rue Malar ; Admard, Jean-François, voiturier, demeurant 41, rue Saint-Dominique ; Lecouffe, Jean, Alexandre, Denis, tailleur, demeurant 18, rue Malar. Lesquels attestèrent « pour vérité et notoriété publique et sous la foi du serment qu’il est à leur connaissance personnelle que le nommé Etienne André, cordonnier, demeurant à Paris, rue Malar n° 17, au Gros Caillou, a été blessé le 28 juillet 1830 sur la place de Grève en y combattant ». Le même 29 avril 1831, les mêmes personnes témoignèrent devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, qui certifia qu’André était « dans une position nécessiteuse, qu’aggravent ses nombreuses charges de famille et surtout l’impossibilité où il a été pendant six semaines de se livrer à ses travaux accoutumés par suite de la blessure qu’il a reçue à la Grève le 28 juillet ». André reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme blanche (coup de baïonnette) à la partie supérieure et externe du pied droit, guérie avec quelques difficultés dans les mouvements du membre. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, et reçut six cents francs en deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut sa médaille le 29 juin 1831, et son brevet le 12 août de la même année. En juillet 1833, il reçut, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. En juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de quinze francs à titre de décoré non pensionné. En juillet 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de sept francs et cinquante centimes à titre de décoré non pensionné. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné. Cette même année, le préfet de police avait donné, sans doute à la suite d’une demande de secours, sur son compte les renseignements suivants : « […] Il exerce l’état de cordonnier. Sa femme est journalière et il a une fille de seize ans qui est blanchisseuse. Cette famille paraît être dans une position aisée. On pense généralement qu’un secours ne lui est point nécessaire. » Puis, après avoir recueilli de nouveaux renseignements plus précis, le préfet de police précisait : « […] Il en résulte au contraire que le sieur André est dans une position extrêmement malheureuse. Cet homme n’est qu’ouvrier cordonnier en vieux et gagne par conséquent fort peu. Sa femme travaille quelquefois il est vrai comme journalière mais elle est estropiée de la main droite et le prix de ses journées est presque nul. Enfin, sa fille aînée, âgé de quatorze ans et non de seize, ne gagne qu’environ un franc par jour comme ouvrière blanchisseuse. Le sieur André a deux autres filles, plus jeunes, qui sont à sa charge. Cette famille, qui jouit d’une très bonne réputation sous le rapport de la conduite et de la moralité est inscrite au bureau de bienfaisance de son arrondissement. On ajoute que le sieur André fait régulièrement le service de la garde nationale et qu’il a montré beaucoup de dévouement dans les affaires de juin et d’avril. » Il reçut un secours de soixante francs en 1836. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. En 1837, le préfet de police rapportait sur son compte : « […] Savetier et se trouve dans une position extrêmement malheureuse. Sa femme est estropiée et il a quatre enfants encore jeunes. Il doit deux termes de loyer. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1837. En 1838, toujours selon la même administration : « […] Cordonnier. Il gagne à peine deux francs cinquante par jour. Sa position n’est pas heureuse. Il jouit d’une bonne réputation. » En 1839, père d’une famille de quatre enfants dont une petite fille âgée de quatre ans, sa femme estropiée d’une main, il sollicita un secours ; il précisait qu’il avait « fait partie de la députation qui s’est présentée chez le roi pour le féliciter au jour de l’an ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1839. Il fit en effet partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai (sans doute en 1839 en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1840. Son nom est sur une liste de décorés (trois furent choisis, en plus de trois orphelins, pour chacun des quatorze arrondissements) choisis pour participer à la cérémonie funèbre à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le 28 juillet 1840, à l’occasion de la translation des corps des victimes dans le caveau de la colonne de Juillet, place de la Bastille. En 1841, « accablé de dettes », il sollicita de nouveau un secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Le sieur André est très malheureux et c’est sa fille aînée qui soutient seule la famille mais elle est sur le point de se marier à un employé de la manufacture des tabacs et cette ressource va lui manquer. Bonne réputation sous tous les rapports. » Il reçut un secours de quarante francs en 1841, un secours de quarante francs puis un secours de vingt-cinq francs en 1842, un secours de vingt-cinq francs en 1843, un secours de quarante francs en 1844, un secours de quarante francs en 1845, un secours de vingt-cinq francs en 1846, un secours de quarante francs en 1847. En 1849, la police indiquait qu’il était concierge 21, rue Malar et qu’on trouvait aux sommiers judiciaires qu’il avait été conduit à La Force le 23 novembre 1831, pour rébellion avec armes et violence et condamné à vingt-quatre heures de prison le 27 décembre 1831 et qu’il était dans une position très précaire attendu sa nombreuse famille. Il reçut deux secours de quarante francs en 1849. En 1850, la police rapportait sur son compte : « […] Ancien soldat de l’Empire qui a été pendant deux ans prisonnier de guerre. Il a reçu plusieurs blessures au service. Le sieur André a à sa charge deux enfants : une fille de quinze ans, sourde-muette, et un fils de neuf ans estropié. Il n’a point d’autres ressources que le fruit de son travail. On représente ce vieillard sous les rapports les plus favorables quant à la conduite privée et politique. Il est dévoué au gouvernement impérial. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851. En 1853, veuf, âgé de soixante et onze ans et ne pouvant guère travailler, il sollicita des secours ; sa fille de dix-huit ans sourde et muette était au service du commandeur Lopez da Cunha, ancien chargé d’affaires du Portugal, en disponibilité à Paris et demeurant 6, rue des Ecuries-d’Artois. Il reçut un secours de quarante francs en 1852 ou 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il reçut un secours de soixante francs en 1853. En janvier 1854, la police donnait sur lui les renseignements suivants : « […] A été admis depuis trois mois à l’hospice de Bicêtre. Ayant perdu sa femme en avril dernier, la maladie et le décès de cette dernière l’ont obligé à contracter quelques dettes, qu’il ne peut acquitter si l’administration ne lui vient en aide. Le sieur André, dont les opinions sont napoléoniennes et dont la réputation est bien établie dans le quartier qu’il a habité pendant trente ans, paraît avoir des titres à la bienveillance de l’administration. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1854. En 1856, le préfet de police rapportait sur son compte : « André est à Bicêtre depuis deux ans ; ce sont les sœurs de la Charité du Gros-Caillou qui l’ont fait admettre dans cet hôpital. Il était précédemment concierge de la maison rue Malar n° 33, où il est resté dix-huit mois. Il faisait des raccommodages de chaussures. André est veuf depuis trois ans. Il a quatre enfants, dont une fille qui est sourde et muette ; cette fille est chez sa sœur. André est âgé de soixante-dix ans, il a servi dans l’artillerie de marine pendant dix ans, il est médaillé de juillet 1830. Ses autres enfants ne peuvent rien pour lui, étant dans une position voisine de la misère. Les renseignements recueillis sur son compte dans le quartier du Gros-Caillou, qu’il a habité pendant plus de trente ans, sont en sa faveur ; il est considéré comme un honnête homme. » Il reçut un secours de quarante francs en 1856, un secours de quarante francs en 1857. Il s’était marié à Lavoy, le 25 octobre 1820 à la mairie du (ancien) Xe arrondissement de Paris. Il demeurait 17, rue Malar en 1828-1835 ; 20, rue Malar en 1836-1839 ; 17, rue Malar en 1840-1841 ; 33, rue Malar en 1849-1853 ; à Bicêtre en 1855 ; 31, rue Malar en 1856. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 84 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833, année 1834, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1835, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement, 1840, 10e anniversaire, exhumation des victimes de Juillet et service funèbre ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (2e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet, idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet ; Archives de Paris VK3 40 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés en 1852 et 1853, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 88, 89, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853.

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