Anfonso, Dominique, François
Biographie
Né le 24 juillet 1782 (mais le 7 août 1782 dans son dossier de Légion d’honneur, date confirmée par un certificat du conseil d’administration de la légion des Basses-Alpes) à Gênes (Piémont), fils de Anfonso, Jean-Baptiste, homme de loi, et de De Freneti, Marie, Félicité. Soldat au 37e régiment d’infanterie légère depuis le 17 septembre 1796, caporal le 1er juillet 1804, sergent le 10 octobre 1804, sous-lieutenant le 9 juillet 1813, lieutenant le 20 janvier 1814 ; il fut blessé au blocus de Gênes, fit partie de l’armée de Naples en 1803, 1804, 1805, en Italie et à Naples en 1806, 1807, en Catalogne en 1809, 1810, 1811, 1812, en Allemagne en 1813, en France en 1814 ; il fut blessé au blocus de Gênes le 1er juin 1800, à la jambe droite d’un coup de feu, le 14 mars à l’affaire de Vauchamps 1814, au bas-ventre d’un coup de feu le 31 mars 1814 à la butte Montmartre près de Paris. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 26 février 1814 (il n’est pas dans la base Leonore) alors qu’il était lieutenant au 37e régiment d’infanterie légère. Devenu capitaine de la légion des Basses-Alpes, il fut fait chevalier de Saint-Louis, chevalier de Saint-Ferdinand d’Espagne. Il était retraité en juillet 1830. Il fut blessé d’un coup de feu au bras, sur la place de Grève. Il reçut (sous le nom de Anfoceau, Dominique, François) un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de six cent quatre-vingts francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Anfoso, Dominique, François). Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut aussi (sous le seul nom d’Anfoso), à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 17 juin à la mairie du (ancien) Xe arrondissement, reçut sa croix et son brevet le 26 août 1831. En 1830, il était capitaine au 59e (parfois par erreur 15e) de ligne, en garnison à Strasbourg. Son beau-père (voir Sénéchal, Antoine, François) fut aussi grièvement blessé, le 28 juillet place de Grève, à ses côtés, et devait mourir des suites de sa blessure le 15 août suivant. Il avait épousé Sénéchal, Rose, Emilie, le 1er août 1822 (bien le 1er août 1822 dans l’acte de mariage, parfois mais par erreur le 8 août 1822) à Metz ; sur l’acte de mariage, Anfonso, Dominique, François est indiqué comme fils de feu Anfonso, Jean-Baptiste, décédé en 1795 à Gênes, de son vivant homme de loi, et de feue de Freneti, Marie, Félicité, décédée en 1796 à Gênes (selon les dépositions des témoins du mariage les actes de décès ayant « été égarés dans les marches continuelles qu’a faites le régiment depuis 1815, ainsi que l’ont déclaré par serment lesdits témoins »), comme capitaine au 6e régiment de ligne, chevalier de la Légion d’honneur, en garnison à Metz ; Sénéchal, Rose, Emilie est indiquée comme la fille de Sénéchal, Antoine, courtier de commerce, et de Appat, Marie, Anne, comme demeurant à Metz avec sa mère. Le mariage légitima la filiation de trois enfants : Marie-Louise, née le 14 décembre 1816 à Saint-Hippolyte (Gard) ; Catherine, Alix, née le 17 août 1819 à Nîmes (Gard) ; Rose, Pauline, née le 12 novembre 1821 à Metz. Une note de la mairie, en date du 6 décembre 1831, faisait part qu’il demandait un secours. En février 1832, il donna procuration à Tetu, capitaine de grenadiers de la Xe légion de la garde nationale, négociant en bois, demeurant rue Saint-Dominique, pour toucher en son nom toute somme provenant de la Commission des récompenses nationales. En 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize jeunes filles (une par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), filles de combattants soit de juillet 1830 soit de juin 1832, devaient être dotées de trois mille francs pour pouvoir se marier. La mairie du (ancien) Xe arrondissement s’enquit de savoir si sa fille était en âge de se marier et pouvait être l’une des candidates à présenter par la mairie. L’année suivante, en 1836, Anfoso se manifesta, désirant marier sa fille avec un officier du 29e, en garnison au Havre. Sa fille venait alors d’ouvrir une institution, ouverture qui occasionna de nombreuses dépenses, et ne pouvait offrir de dot. La candidature ne fut pas retenue, une autre lui ayant été préférée. En 1847, père de huit enfants, il sollicita un secours. Il expliquait qu’il avait été grièvement blessé dans les journées de Juillet à l’attaque de l’Hôtel de ville « sous les yeux du général Pajol, sous les ordres duquel il avait l’honneur de combattre ». Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instaurée après la Révolution de Février, sans qu’apparaissent les motifs de sa demande. Son fils, lui aussi combattant de Février, qui s’était distingué à la prise des Tuileries le 24 février, où il avait été renversé et foulé aux pieds des chevaux, fut nommé sergent au 11e léger à titre de récompense nationale ; il était alors âgé d’environ dix-huit ans. En 1848, il se présenta, dans une demande de secours, comme ex-capitaine au 59e régiment d’infanterie de ligne, retraité par ordonnance du 14 mars 1833. Il était alors père de huit enfants, dont sept filles et espérait une place d’inspecteur des prisons. Sa demande fut rejetée par la Commission des récompenses nationales. En 1849, il avait cinq enfants à charge et sollicita des secours. En 1850, il résidait à Saint-Contest (Calvados) et le préfet du Calvados renseigna sur son compte : « […] Le sieur Anfonso a quitté Saint-Contest pour aller demeurer au Hare. Le 8 juillet 1843, il a été condamné par arrêt de la cour royale de Caen à trois mois d’emprisonnement pour escroquerie en matière de recrutement. La conduite du sieur Anfonso, qui ne devait ses moyens d’existence qu’aux nombreuses escroqueries commises par ses filles, qui sont, en ce moment, sous le coup d’un mandat d’amener, est loin de le recommander à la bienveillance de l’administration. » En 1851, son épouse, née Sénéchal, Rose, fit une demande de secours. En 1852, le maire du (ancien) Xe arrondissement attestait que Anfonso lui était « depuis longtemps connu comme un vieux et brave soldat ; qu’il est fort souffrant par suite de ses blessures et par l’âge ; qu’il est père de huit enfants, dont cinq encore en bas âge et que de si lourdes charges de famille le réduisent lui et les siens au plus extrême besoin ». En 1852, l’administration rapportait sur son compte : « […] Il est honorablement connu des autorités locales et on cite son dévouement au prince-président. Il est marié et père de six demoiselles, dont quatre sont auprès de lui, et les deux autres mariées. Il ne possède que sa pension militaire et paraît mériter la bienveillance du gouvernement. » En 1853, il fit une demande de secours. Sa demande était apostillée par le maire du (ancien) Xe arrondissement, qui le présentait comme « le plus brave et le plus honnête homme du monde ; il est chargé de famille et en raison de son âge, de ses services, de sa probité et aussi de ses besoins il est tout à fait digne de la bienfaisance qu’il invoque ». En 1854, le préfet de police renseignait sur son compte : « […] Le sieur Anfonso compte de bons services militaires ; il est âgé de soixante-douze ans et dans une position très précaire. Je verrais avec plaisir qu’il vous fût possible de venir en aide à ce vieux militaire, qui est tout à fait digne de la bienveillance du gouvernement. » Le ministère de l’Intérieur, par contre, reprenait les mêmes mauvais renseignements rapportés sur son compte par le préfet du Calvados. Il mourut le 23 septembre 1857. En décembre 1857, sa veuve, ayant quatre filles à charge, sollicita un secours. En 1858, le préfet de police rapportait sur son compte : « […] La dame veuve Anfonso, née Sénéchal, Rose, âgée aujourd’hui de soixante ans, n’est point mal représentée dans la maison qu’elle occupe à Champerret et où elle paye un loyer de quatre cents francs ; ses quatre filles travaillent avec elle ; leur conduite ne donne lieu à aucune remarque défavorable et elles sont mêmes considérées comme des ouvrières laborieuses. Son fils, âgé de vingt-huit ans, est employé au télégraphe de la maison de l’Empereur, aux appointements de mille huit cents francs. On dit que Mme Anfonso est en instance pour obtenir une pension de quatre cents francs, comme veuve d’un capitaine retraité. S’il était possible de jeter un voile sur le passé de cette femme et d’oublier que le jugement qui, le 8 juillet 1847, a condamné son mari à trois mois d’emprisonnement, l’a frappée elle-même de la peine d’une année de prison pour escroqueries, sa position précaire la rendrait digne d’un véritable intérêt mais cette circonstance, ignorée peut-être de Votre Excellence, ne me permet pas d’émettre une opinion favorable à sa demande. Il vous appartient, M. le ministre, d’apprécier si, par une conduite régulière de plusieurs années, la dame Anfonso a suffisamment effacé les torts de son passé. » Anfonso fut médaillé de Sainte-Hélène. Anfoso demeurait 10, avenue de la Motte-Picquet en septembre 1830 ; sur le boulevard extérieur près de la barrière de Charonne au chantier de la Frileuse, une maison appartenant à M. Rousseau, marchand de bois, en 1835 ; à l’institution de jeunes demoiselles de Grasville, en face la courtille près du Havre en 1836 ; à Ouilly-le-Basset (Calvados) en 1847 ; 108, rue des Boucheries-Saint-Germain en 1848 ; à Saint-Contest (Calvados) en 1849 ; 26, avenue Saint-Denis à Passy en 1852 ; 23, rue de Bezons à Courbevoie en 1853 ; 27, rue du Château à Courbevoie en 1854 ; sa veuve, 8, rue Morisot à Champerret dans la banlieue de Paris en 1857. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 49 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives et liste nominative des blessés de la Ire classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 85 (sous le seul nom d’Anfoso et sous le nom de Anfonso, Dominique, François) ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement, liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, idem son dossier ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1835, idem année 1836 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale (ancien) Xe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, cas exceptionnels (sous le seul nom d’Anfoso) et liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives nationales LH/37/44 (par erreur sous le nom de Aneonso, Dominique, François).