Angé, Louis
Biographie
Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il déposa sans doute un dossier à la Commission des Réclamants, sise de la rue Bourg-Labbé. Il adressait à la Commission le « détail exact » de sa conduite, détail ainsi rédigé : « Je partis de chez moi le mardi après-midi. Je parcourus les boulevards, la rue Saint-Honoré. Je n’étais, il est vrai, armé que d’un bâton. Le lendemain, je fus le premier qui commençait la barricade du coin de la rue Traversière, faubourg Saint-Antoine. Je fus dès lors armé d’un fusil par M. Champau, propriétaire rue de Bercy, près duquel je demeurais. Le jeudi 29 juillet, j’allais dès le matin à l’Arsenal avec un nommé Cauchot (voir Cochot, François, Prudent), qui fut grièvement blessé peu de temps après. Nous avions trouvé des petites balles en cuivre, à peu près trente ou quarante livres, nous les avons distribuées à la place Royale. Je partis de suite pour le Louvre, j’arrivai une demi-heure avant la prise et j’y entrai avec d’autres au premier rang. Alors je fus forcé d’aller chercher des cartouches où l’on m’indiqua passage Dauphine. J’arrivai au moment où on allait prendre le Palais-Royal, où j’entrai un des premiers, ainsi que l’atteste le certificat du garde-meubles du Palais. Je suivis tout le mouvement et les jeunes élèves qui nous commandaient jusqu’à la Bourse, où je restai jusqu’au dimanche, où l’on nous envoya au Palais-Royal. J’y restai assez longtemps. J’aurais cru alors pouvoir obtenir la récompense que je n’ai pu obtenir. Si les certificats n’étaient pas suffisants pour constater mes droits, je pourrais, messieurs, vous donner ceux de M. de Vernon (voir ce nom), qui nous commandait […]. » Deux certificats étaient joints à sa demande. Le premier, ainsi rédigé : « J’atteste que M. Angé, Louis, est entré un des premiers au Palais-Royal, le 29 juillet dernier, et qu’il a contribué à maintenir le bon ordre. » Signé, le 20 novembre 1830 : Bonneau, conservateur du mobilier du Palais-Royal. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « J’atteste que le sieur Angé était armé le 28 juillet 1830 et qu’il s’est conduit en bon citoyen. » Signé, le 20 novembre 1830 : Cochot (voir Cochot, François, Prudent), demeurant 17, rue de Bercy dans le faubourg Saint-Antoine. Il demeurait 11, rue de la Pierre-Levée en 1830. Archives de la préfecture de police AA 370.