Angla, André

Biographie


Né vers 1778. Serrurier chez Renaud, 76, rue des Mathurins. Il fut gravement blessé par une balle reçue dans la jambe gauche, à l’attaque du château des Tuileries, le 10 août 1792, alors que, âgé d’à peine quatorze ans, il combattait avec son père. En juillet 1830, il fut blessé de nouveau le 28 aux barricades de la place Beauvau, par l’éboulement des pavés qui étayaient une barricade. Une forte contusion à la jambe gauche rouvrit et aggrava la blessure qu’il avait reçue en août 1792. Il participa cependant à l’expédition de Rambouillet. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. En août 1830, « chargé de famille, […] une fille de vingt ans attaquée d’aliénation mentale, les faibles travaux ne suffisant pas pour subvenir aux besoins de sa famille », il sollicita quelques secours auprès de la Commission des récompenses nationales. Peu après, toujours sans travail, il s’inscrit pour l’arsenal de Douai et obtint pour s’y rendre un passeport d’indigent. Parti de Paris le 14 décembre 1830, il arriva à Douai le 22 du même mois. Il travailla sans cesse à l’arsenal depuis son arrivée, sauf les interruptions dues à ses séjours à l’hôpital militaire, que l’état de ses blessures nécessitait. En 1833, toujours employé à cet arsenal, il sollicita auprès du roi une « gratification qui lui permette de venir au secours de sa femme et de ses deux enfants, qu’il a laissés à Paris, dans un état voisin de la misère. Et vous conjurant de prendre en considération la triste et déplorable position dans laquelle il se trouve, il vous supplie encore, Sire, de le faire participer aux bienfaits promis par le gouvernement aux blessés de Juillet, afin que, lorsqu’il se trouvera dans l’impossibilité de travailler, il ne soit point réduit à la mendicité. » Le préfet du Nord donna sur son compte les renseignements suivants : « Il travaille à l’arsenal de Douai depuis deux ans et demi ; sa conduite est bonne et il est assidu à sa besogne. Si les travaux de l’arsenal diminuaient, ce qui est probable, il serait fort possible qu’il fût renvoyé de l’établissement et il craint de n’avoir pas le moyen de rejoindre sa femme, qui demeure à Paris, rue Taranne n° 8, ne pouvant faire la route à pied à cause de sa blessure. » Quelques semaines plus tard, l’arsenal renvoya effectivement de nombreux ouvriers et Angla fut contraint de retourner à Paris ; il sollicita des secours afin de rejoindre sa femme et ses enfants « et quitter honorablement la ville de Douai ». Il demeurait 10, rue du Colisée en 1830, mais 76, rue des Mathurins en août 1830 in Archives de Paris VD6 92 (mais peut-être est-ce l’adresse de son employeur) ; à Douai (Nord) de 1831 à 1833. Archives de Paris VD6 92 ; Archives nationales F/1dIII/42.

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