Anonyme
Biographie
« Le 29 juillet, d’éternelle mémoire pour les braves Parisiens, je me trouvais près du magasin de Chevet, au Palais-Royal, une demi-heure avant la prise du château. Plus près de la rue Richelieu, dix à quinze gardes royaux et Suisses étaient sur les décombres qui se trouvent en avant, entourés d’une foule nombreuse ; des cris de mort se faisaient entendre autour d’eux. Je suppliais mes concitoyens vainqueurs d’épargner les vaincus, lorsqu’un jeune homme du peuple s’approcha de moi, les larmes aux yeux, et me dit : “Ils viennent de tuer mon frère, et cependant je vous promets de les protéger et de faire ce qui dépendra de moi pour leur sauver la vie.” Nous fûmes aussitôt séparés par la foule. Je n’ai vu qu’un moment ce noble jeune homme dans les traits sont gravés dans ma mémoire ; je donnerais beaucoup pour le retrouver, et je le supplie instamment de se faire connaître à l’adresse que j’indique ; quel qu’il soit, il trouvera en moi un ami pour la vie. »
»C.
»rue de Castiglione, n° 4. Le National, 10 août 1830.