Anonyme

Biographie


Le petit pont en fer de la Grève a été le théâtre d’actions héroïques dignes de l’Antiquité ou des plus belles journées de la révolution. Le 28, au moment de la fusillade de l’Hôtel de ville, un citoyen embarqué sur la rive gauche de la Seine, tue un garde qui se présente à la tête du pont ; se traîne jusqu’à lui, quoique grièvement blessé, s’empare de son arme, et la remet à un de ses concitoyens eu lui disant : “Voilà pour défendre ton pays !” Quelques minutes après, un enfant de treize quatorze ans, un drapeau tricolore à la main, traverse le pont, au milieu des coups de feu de l’artillerie, et le plante deux pas de la garde… Un autre citoyen, se laissant emporter par son courage, s’avance jusqu’au milieu du pont de la Grève, et tombe percé de balles. Un de ses amis s’élance à son secours, le trouve mort, plante à ses côtés un étendard tricolore arme son fusil et venge la mort de son ami ; puis saisissant à la fois le drapeau et le corps du brave, il regagne, malgré la fusillade, les rangs des citoyens qui le reçoivent avec admiration. Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 182-183 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 342.

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