Anonyme
Biographie
« Le 28 au soir, au moment où le feu d’une pièce de canon décimait la foule entassée dans la rue Planche-Mibray, un des braves du peuple s’écrie : “Qui vient avec moi prendre cette pièce ? Je ne veux que des hommes sans armes.” Suivi de huit à dix hommes, il s’élance et tombe percé d’une balle au moment où il allait atteindre le but. Ses camarades se dispersent. Le blessé est relevé, conduit à l’ambulance voisine établie dans la maison du commissaire de police. M. d’Estrée, habile chirurgien, qui a passé nos trois grandes journées alternativement à combattre et à panser les blessés, extrait la balle et bande la plaie. Le blessé se relève alors. “Lâches, s’écrie-t-il, vous m’avez abandonné au moment où la pièce était à nous. Réparez votre honte, suivez-moi.” Il part, essuie le feu de la pièce, et cinq minutes après, elle était à lui. Il était sept heures ; douze heures après, le 29 au matin, ce brave, percé de coups, gisait à quelques pas du champ de bataille. » Le Temps, 3 août 1830 ; Histoire de la mémorable semaine de juillet 1830, avec les principaux traits de courage, de patriotisme et d’humanité qui ont brillé au milieu de ces grands événements, et un appendice de ce qui s’est passé jusqu’à la proclamation de Louis-Philippe Ier, par Ch. Laumier, seconde édition, Paris, Blanchard, 1830, p. 165-166 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 133-134 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 346-347.