Anonyme

Biographie


« Dans une affaire d’honneur, qui suivit de près nos journées du mois de juillet, et dont ces journées elles-mêmes furent le motif, un jeune étudiant en médecine reçut un coup de pistolet. Il y eut cela de singulier, et que nous ont rapporté les témoins du combat, c’est que l’arme qui fit la blessure avait éclaté: on ne retrouva même pas le canon du pistolet, dont la crosse était restée tout entière dans la main qui avait porté le coup. Quoi qu’il en soit de cette circonstance étrangère à la blessure elle-même, une balle forte, dont le pistolet était chargé, avait frappé la hanche droite immédiatement derrière le grand trochanter, pénétré dans le bassin, transpercé le rectum d’un côté à l’autre, et s’était perdue dans la partie gauche de l’excavation du bassin. Aussitôt et c’est là ce qu’il y eut de plus remarquable dans cette blessure, une hémorragie considérable se manifesta, non par la plaie extérieure, mais par l’une des deux ouvertures du rectum. Une grande quantité de sang s’était écoulée par l’anus, une quantité non moins considérable s’était épanchée dans le rectum, et peut-être dans quelque autre partie plus élevée du gros intestin, au moment où je vis le blessé, une heure environ après l’événement. Il s’était fait transporter à la Charité. Mon premier soin fut de faire sortir ce sang coagulé, et d’arrêter l’hémorragie, qui, en persistant, aurait pu causer promptement la mort de ce malheureux jeune homme. J’eus recours au tamponnement du rectum. Ce tamponnement fut fait avec un morceau d’éponge préparé par la compression. L’hémorragie cessa, en effet, et le blessé fut bientôt hors de danger sous ce rapport. On pouvait craindre une violente inflammation du bas-ventre : elle n’eut pas lieu; et tel fut l’état de ce blessé pendant quinze jours ou trois semaines, que son salut semblait des plus probables, malgré le caractère de sa blessure, sur laquelle j’avais d’abord établi le plus fâcheux pronostic. Mes premiers pressentiments ne se réalisèrent que trop. Après trois semaines passées sans accidents remarquables, ce malheureux jeune homme éprouva les phénomènes de la résorption purulente, en même temps que les symptômes propres à la formation de foyers purulents dans le foie. C’est un des cas où cette résorption du pus s’est montrée avec la physionomie la plus franche et la mieux caractérisée. Ce jeune homme avait été blessé le 1er août, il succomba le 24 : nous trouvâmes, en effet, plusieurs collections de pus dans la substance du foie. » In Considérations cliniques sur les blessés qui ont été reçus à lhôpital de la Charité pendant et après les journées des 27, 28 et 29 juillet, par Phil.-Jos. Roux, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine, chirurgien en second de l’hôpital de la Charité, chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur, membre de l’Académie royale de médecine, etc., Paris, chez J.-S. Chaudé, libraire, rue de la Harpe, n° 64, novembre 1830, p. 34-36.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.