Anonyme
Biographie
Missemblé, dans une lettre pour rappeler la conduite courageuse de Massot, Théophile, sous-lieutenant qui refusa de faire tirer sur le peuple parle ainsi d’un combattant : « Rue Saint-Honoré, le 27 juillet mardi, au moment où nos premières victimes tombèrent pour la liberté. Un piquet de trente hommes, composé de grenadiers et voltigeurs, commandé par un sous-lieutenant vint se mettre en position vis-à-vis la rue Neuve-des-Bons-Enfants. C’est le premier officier de la ligne qui a refusé de faire feu sur le peuple. […] Cet officier a ordonné aux gardes royaux du 3e régiment de cesser le feu. […] Un feu de peloton de la garde blessa plusieurs de nos braves et en tua quatre (c’était le 27, personne n’avait d’arme à 2 heures). Je m’empressai de relever celui qui était tombé à mes pieds tandis que plusieurs braves ouvriers accoururent à travers les balles relever les malheureux tués ou blessés. Nous les emportions lorsque les gendarmes nous ont impitoyablement chargés, jusqu’à la barrière des Sergents où une grêle de pierres les a forcés de regagner la place du Palais-Royal. Ce n’est qu’à ce moment que nous avons eu des armes, chez plusieurs armuriers. J’avais de la poudre, je me suis procuré des billes en marbre et j’ai fait feu. J’eus le bonheur de venger la mort et les blessures de nos braves sur ceux-là mêmes qui les avaient frappés, car deux ont été tués de ma main et plusieurs ont été blessés. N’ayant plus rien à tirer, je donnai mon fusil à un ancien militaire qui avait des munitions. Ce brave a combattu le 27, le 28 et le 29 ; il fut blessé au Louvre et mourut à la suite de ses blessures, je l’ai su par le Constitutionnel dans son numéro du 18 août (pas retrouvé cet article, N.D.A.). » Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Massot, Théophile.