Anonyme enfant
Biographie
« Nous sortons des Tuileries. Nous venons de voir un jeune garçon de quatorze à quinze ans, l’un des vainqueurs du château, qui emporte un bonnet d’évêque ; un coup de feu sous le pied le fait boiter, une partie de sa lèvre supérieure a été enlevée par une balle. Il s’est approché et nous dit : “Voilà trois jours que je me bats ferme, je n’en peux plus, je me retire, car je ne suis plus bon à rien ; que les camarades achèvent, nous ne leur laissons par grand-chose à faire. Il y a bien cinq ans que j’en voulais à ces gueux de gendarmes, il n’y avait plus de liberté avec eux ; ils nous vexaient tous les dimanches.” Il a ajouté en montrant le chapeau du prêtre ; “ça, ce n’est pas du pillage ; je n’ai pas besoin de chapeau, car ma casquette est bonne ; mais c’est un trophée, c’est le prix de mes trois journées. Mon père est un ancien qui est malade, je lui donnerai pour le réjouir ce calotin-là.” » Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 130-131.