Anspach, Philippe, Léon
Biographie
Né le 2 novembre 1801 à Metz (Moselle). Avocat. La Gazette des tribunaux, en date des 26, 27, 28, 29, 30, 31 juillet et 1er août 1830, rapportait les faits suivants sur sa conduite pendant les combats de Juillet : « Parmi les combattants, de toutes les conditions se trouvait une foule d’avocats, les uns armés de fusils, les autres de sabres ou de pistolets, et leur présence attestait assez qu’en France, tout citoyen est soldat, quand il s’agit de défendre les libertés publiques. Je voudrais pourvoir nommer ici tous ceux qu’on a rencontrés dans les rassemblements, et qui, par leur courage, par leur activité, par l’énergie de leurs exhortations ont puissamment concouru, soit à remporter la victoire, soit à empêcher qu’elle fût souillée d’aucun excès. Ma mémoire ne saurait y suffire ; mais dès présent je puis citer les noms de […] M. Anspach. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Anspach, Philippe, Louis sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Le 1er septembre 1830, il fut nommé substitut du procureur à Meaux, procureur dans cette même ville, le 17 avril 1831. On trouve dans L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, l’information suivante : « M. Anspach a été installé, le 2 mai, comme procureur du Roi à Meaux. Dans son discours, il s’est félicité d’avoir été jeté dans l’action de juillet comme dans l’accomplissement d’un espoir de dix années, et de s’être dévoué jusqu’au sacrifice de la vie à l’œuvre consacrée par notre si belle révolution. Il s’est applaudi aussi d’être le premier juif qui soit entré dans la magistrature. La Gazette des tribunaux avait rapporté ce discours avec éloge ; mais elle a eu le malheur de raconter dans le même numéro l’escroquerie de deux autres juifs, Abraham et Isaac, qui ont été condamnés récemment à treize mois de prison. Là-dessus, M. Goudchaux fils, qui a aussi l’honneur d’être juif, et qui de plus est juge au tribunal de commerce de Nancy, et membre du conseil municipal de celte ville, écrit à la Gazette pour se plaindre qu’elle ait fait connaître la religion des deux escrocs : c’est là, à ce qu’il prétend, payer un tribut aux préjugés qui existent contre les juifs. Ce qu’il y a de merveilleux, c’est que la Gazette avoue qu’elle a eu tort, et se promet bien, quand elle parlera d’escroquerie de juifs, de ne pas dire qu’ils étaient juifs. Mais pour compléter ce système d’impartialité, il faut espérer que dorénavant elle s’abstiendra d’indiquer la qualité de prêtre dans ceux à qui il arrive d’être traduits en justice pour quelque délit que ce soit. Jusqu’ici elle n’y a jamais manqué, et même le plus souvent la cause du prévenu est, dans ce cas, présentée sous un jour très défavorable. Dissimuler les torts des juifs, et s’empresser de publier ceux des prêtres, ce serait aussi une partialité trop manifeste. » Anspach fut nommé substitut du procureur de la Seine, le 14 juin 1837, substitut à la cour de Paris, le 23 mai 1847, conseiller à la cour de Paris le 28 novembre 1849, président de chambre à la cour de Paris, le 22 août 1862, conseiller à la Cour de cassation le 27 novembre 1864. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en date du 12 août 1857 ou 1867 (les deux dates coexistent dans son dossier de la Légion d’honneur), officier, en date du 16 octobre 1873. Il mourut le 3 décembre 1875. Il demeurait à Meaux en 1831 ; 15, rue Richer en 1838. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Anspach, Pierre, Louis) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement ; Tableau dramatique de la justice au XIXe siècle, tome Ier, chez Surcy et Camus, Paris, 1847, p. 236 ; L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, Paris, 26 mai 1831 tome 62, p. 172 ; Almanach royal et national pour l’an 1838 présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale, Paris, chez Guyot et Scribe, 37, rue Neuve-des-Petits-Champs, 1838, p. 812 ; Archives nationales LH/41/54 base Leonore de la Légion d’honneur.