Antommarchi, François

Biographie


Né le 5 juillet 1789 à Mossaglia (Corse). Médecin. Il fut envoyé par le cardinal Fesch à Sainte-Hélène, pour soigner Napoléon. Dans les Mémoires doutre-tombe, Chateaubriand racontait l’anecdote suivante le concernant : « Bonaparte, donnant à Vignali [l’un des deux prêtres envoyés à Napoléon par le cardinal Fesch, N.D.A.] les détails de la chapelle ardente dont il voulait qu’on environnât sa dépouille, crut s’apercevoir que sa recommandation déplaisait à Antomarchi ; Il s’en expliqua avec le docteur et lui dit : “Vous êtes au-dessus de ces faiblesses ; mais que voulez-vous, je ne suis ni philosophe ni médecin ; je crois à Dieu ; je suis de la religion de mon père. N’est pas athée qui veut. Pouvez-vous ne pas croire à Dieu ? car enfin tout proclame son existence, et les plus grands génies l’on cru.” » Ce fut Antomarchi qui pratiqua l’autopsie de l’Empereur à son décès et moula le visage de l’empereur. Il arriva à Calais, le 18 septembre 1821, venant de Sainte-Hélène puis de Londres, et fut immédiatement l’objet de la surveillance de la police. Le 3 octobre 1821, l’administration rapportait à son sujet : « […] M. le docteur Antomarchi, venant de Sainte-Hélène, a obtenu dernièrement à Paris un visa pour se rendre à Rome. Il a dû se mettre en route le 27 du mois dernier, avec un sieur Gavaron, son ami ; mais il paraît avoir manifesté, au moment de son départ, l’intention de se rendre directement à Vienne en Autriche. » Sur un des rapports de surveillance d’Antomarchi, se trouve cette annotation : « J’ai causé assez longtemps avec M. Antomarchi, qui m’a certifié que Napoléon était mort bien réellement d’un cancer à l’estomac ; que tout ce que certains journaux avaient rapporté daprès lui (souligné par l’auteur de la note, N.D.A.] étaient des fables, et que s’il s’était refusé à signer le procès-verbal d’ouverture du cadavre, ce n’était nullement pour ne pas attester la cause de la mort, qui était un cancer. » Le 6 novembre 1831, la surveillance exercée contre lui permettait d’établir le rapport suivant : « Le 3 novembre, M. Antomarchi […] est arrivé à Rome. […] Ici, il a vu fréquemment la famille Bonaparte mais il ne paraît pas désirer de continuer ses rapports avec la partie de cette famille qui réside à Rome. Il veut en ce moment aller à Florence pour y passer un mois. De là, il se rendra à Paris, où il dit qu’il a obtenu la permission de séjourner. En général, il a évité de fréquenter les sociétés et il a vécu ici très obscurément. On ne cite encore de lui aucun propos qui doive exciter l’attention du gouvernement. » Le 28 mars 1822, le préfet de police rapportait sur son compte : « […] Un visa de passeport pour Rome [lui] avait été délivré le 24 [septembre 1821]. Le 6 février dernier, M. Antomarchi s’est présenté dans les bureaux de ma préfecture, où sur le dépôt de son passeport visé à Rome et dans les principales villes de l’Italie, il lui a été accordé un permis de séjour, renouvelé depuis sous la date du 8 du courant. J’ai cru devoir prescrire à son égard une surveillance de précaution, dont j’ai l’honneur de mettre les premiers résultats sous les yeux de Votre Excellence. M. Antomarchi, qui paraît avoir l’intention de fixer son séjour dans la capitale, est logé dans ses meubles, rue de Rivoli n° 32. Il reçoit souvent la visite de MM. Bertrand et Montholon et quelquefois celle de M. le comte Lavalette, et il voit aussi beaucoup d’Anglais. Il doit reprendre, dit-on, l’exercice de sa profession de médecin, mais jusqu’à présent il n’a donné que des consultations gratuites. Si sa conduite et ses relations donnaient lieu à quelques observations particulières, je ne manquerais pas, Monseigneur, d’en informer immédiatement Votre Excellence. » Le 28 septembre 1822, le préfet de police rapportait sur son compte : « […] Depuis son retour du voyage qu’il a fait à la campagne du général Bertrand, cet individu a été l’objet d’une surveillance particulière. Il paraît fort tranquille et reçoit peu de monde. Sa conduite n’a donné lieu à aucune remarque défavorable. » En 1826, il obtenait un visa pour se rendre à Florence (Italie), en 1827, il obtenait un visa pour se rendre à Vienne (Autriche). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. On trouve dans LAmi de la religion, journal politique, ecclésiastique et littéraire, en juillet 1831, l’information suivante relative à Antomarchi : « Le docteur Antommarchi, connu par son séjour avec Buonaparte et ses écrits à ce sujet, avait fait publier dans les journaux une lettre du duc de Reichstadt. Il vient d’être mandé devant le juge d’instruction à raison de cette publication. » Le rapport particulier de la préfecture de police, en date du 26 octobre 1831, rapporte à son sujet : « Le docteur Antomarchi est à Paris ; il a soupé hier soir avec Lennox. En l’abordant, Lennox lui a dit : “Eh bien ! docteur, nous avons fait du chemin depuis votre départ. Notre parti devient fort, on nous craint.” Antomarchi lui a répondu : “Je le sais, mais vous devriez vous rapprocher de Rovigo. C’est lui qui correspond avec toute la famille.” “Oh non ! a répliqué Lennox, il est question de le nommer pair, et il donne la-dedans. Laissons-le de côté.” » En 1831 et en 1835, la préfecture de police, vu les antécédents de Antomarchi, signalait encore au ministère le visa qu’il avait obtenu pour se rendre à Munich. Il mourut, le 3 août 1838 à Cuba, de la fièvre jaune. Il est l’auteur des Mémoires du docteur Antomarchi ou les derniers moments de Napoléon, parus à Paris chez Barrois en 1825. Il demeurait à l’hôtel de Suède, rue de Richelieu en 1821 ; 32, rue de Rivoli en 1822-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Antomarchi, François) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Antomarchi, François) ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F 7 6668 in dossier 98 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Antomarchi, François) ; Archives nationales F/1cI/33 ; LAmi de la religion, journal politique, ecclésiastique et littéraire, tome soixante-sixième, 18 janvier 1831 n° 1738 ; Mémoires doutre-tombe, Chateaubriand, livre de poche, Paris, 1973, tome II, pp. 426-427 ; Mémoires du docteur F. Antommarchi, ou Les Derniers Moments de Napoléon, Antommarchi, Paris, Barrois l’aîné, 1825, Tome 2, p. 156-157 ; Les Masques mortuaires de Napoléon Ier. Recensement et éléments bibliographiques commentés. Troisième mise à jour de l’affaire des masques mortuaires de Napoléon, Chantal Prévot, Napoleonica, La Revue 2020/2, pages 47-90.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.