Arnal, Jean-Louis
Biographie
Né le 23 octobre 1806 à Terrasson (Dordogne). Interne à l’hôpital Saint-Louis. Il fut d’abord compris dans les listes de décorés de la Croix de Juillet auprès du jury du (ancien) VIe arrondissement, puis, dans sa séance du 12 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demanda l’ajournement de la décision parce que le postulant n’avait pas pris part aux combats. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le numéro 335 du 24e folio ; par erreur sous le nom de Amal sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur). Il comparut, le 7 juin 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, pour attester que Crespel, Benoît, Louis (voir ce nom) avait « été apporté à l’hôpital Saint-Louis le 28 juillet et y est décédé le 16 août suivant par suite des blessures qu’il avait reçues dans les glorieuses affaires du mois de juillet ». Sa médaille lui fut délivrée le 2 juillet 1831 et son brevet le 18 juillet de la même année. Il avait soigné les blessés transférés à la maison de convalescence de Saint-Cloud, et il lui fut délivré le certificat suivant : « Je, soussigné, chirurgien consultant du roi, chirurgien de l’hôpital Saint-Louis, membre de l’Académie royale de médecine, etc., déclare qu’ayant été désigné en 1830 pour diriger la maison de convalescence de Saint-Cloud pour les blessés de Juillet, j’ai trouvé dans la personne de M. Arnal, chargé dans la même maison du service de santé en qualité d’interne, un aide aussi habile que plein de zèle et de dévouement. J’atteste en outre que le docteur Arnal a passé là quatre mois consécutifs, sacrifiant ses propres intérêts aux pénibles devoirs de sa nouvelle tâche, se prodiguant la nuit et le jour au soulagement des blessés confiés à ses soins et que les services importants qu’il a rendus, dans cette circonstance, à la chose publique sont d’autant plus méritants qu’ils ont été complétement désintéressés. » Signé, le 15 juillet 1842 : Jobert (voir Jobert de Lamballe, Antoine, Joseph). Il fut reçu docteur le 31 octobre 1835 à la faculté de médecine de Paris. En janvier 1839, il fut nommé, par le préfet de la Seine, médecin, et sans doute spécialement chargé des jeunes enfants, de la salle d’asile communale établie rue Saint-Dominique au Gros-Caillou. Le curé de Notre-Dame-de-Lorette, de Rolleau, attesta dans un certificat, le 21 juillet 1842, que d’Arnal prodiguait « depuis plusieurs années des soins infatigables aux pauvres honteux de la paroisse, ne demandant pour récompense que la satisfaction de s’être rendu utile aux malheureux ». A l’occasion d’une nouvelle demande de la Légion d’honneur, le préfet de la Seine donna sur son compte, le 15 octobre 1842, les renseignements suivants : « […] Auteur de différents ouvrages, parmi lesquels on cite un traité sur l’amputation sus-malléolaire, au sujet duquel il a été fait à l’Académie de médecine un rapport favorable et dont elle aurait voté l’impression à ses frais. Il a de plus donné, dans le département de la Dordogne, son pays natal, des soins gratuits aux personnes atteintes de la suette miliaire, enfin on le représente comme un médecin fort estimé dans son quartier. » En 1849, il était chirurgien attaché au jury de révision du (ancien) IIe arrondissement et toujours attaché à l’asile communal du Gros-Caillou, à la Société de Notre-Dame-de-Lorette pour les pauvres et à la Conférence de Saint Vincent de Paul. En 1849, il affirmait, dans une nouvelle demande de la Légion d’honneur, (et deux de soutiens, députés, avec lui) : ”En 1830 […] j’ai été porté pour la croix par la Commission des récompenses nationales ; mais on me trouva trop jeune et j’attends depuis lors la réalisation de la promesse qui me fut faite pour plus tard. » En 1864, il était médecin ordinaire de Napoléon III. On trouve d’autres éléments biographiques dans une Notice sur les travaux scientifiques de M. le docteur Jean-Louis Arnal, publiée par MM. Tisseron et de Quincy, Paris, au bureau central de l’administration, 1845, et ainsi rédigée : « Si, d’une part, la médecine n’était pratiquée par de judicieux observateurs, affranchis de l’esprit de routine et si, de l’autre, il ne se trouvait d’habiles hommes qui fissent de ses diverses branches l’objet sérieux de traités spéciaux, où ils déposent le fruit de leur expérience personnelle, elle n’aurait pas fait les progrès réels dont nous sommes aujourd’hui les témoins et les bénéficiaires. Dès le commencement de sa carrière, M. le docteur Arnal a figuré parmi les uns et les autres. Si maintenant il s’occupe moins de la littérature que de la pratique de son art, c’est que la seconde de ces deux choses lui offre encore plus de moyens que la première de se rendre utile à la société. Né à Tarrasson le 23 octobre 1806, M. Arnal s’est préparé à l’étude de la médecine, objet d’une vocation décidée de sa part, par des études littéraires et philosophiques, dont la force se révèle à chaque page de ses écrits. II a étudié son art à cette école de Paris d’où sont sortis tant de médecins distingués, et il l’a pratiqué d’abord dans les hôpitaux, théâtre où se forment les meilleurs praticiens. Il partageait donc son temps entre les hôpitaux et les cours de la Faculté. A chacun de ses examens, il montrait combien il avait su profiter des leçons de ses maîtres. M. Arnal se trouva précisément élève interne des hôpitaux, lorsque la révolution de 1830 éclata. Désigné par le conseil général pour faire, sous Dupuytren, le service chirurgical des blessés de juillet, transportés de Paris à la maison de convalescence de Saint-Cloud, il remplit cette pénible mission, qui dura cinq mois, avec une activité et un talent que le grand chirurgien reconnut, et qu’il signala, dans un rapport particulier, à l’autorité publique. Tels étaient ses honorables antécédents lorsqu’ils se présenta (1834) pour le doctorat. Aussi sa réception fut-elle brillante. Sa thèse (sur diverses questions de médecine et de chirurgie), œuvre bien pensée et bien écrite, fit voir que tout jeune qu’il était il savait déjà beaucoup et qu’il possédait l’art heureux de composer avec méthode. Et, comme il avait fortement médité son sujet, il le discuta, dans tous ses points, avec facilité et netteté. Devenu bientôt le principal rédacteur du Journal hebdomadaire, c’est là que le jeune docteur débuta dans la littérature médicale par une foule d’articles, également empreints de science et d’expérience, qui lui présagèrent un honorable avenir. Cet avenir commença, selon nous, à se réaliser par la publication successive de mémoires intéressants : sur les plaies d’armes à feu ; sur la physiologie et la pathologie de la membrane pituitaire ; sur l’extirpation de l’astragale, les fractures de la rotule, l’ablation des premiers métatarsiens, les orteils étant conservés ; sur la rhinoplastie et l’autoplastie ; sur l’emploi de l’extrait aqueux de seigle ergoté dans quelques cas d’affections chroniques de l’utérus ; sur l’action comparative des divers composés du seigle ergoté, établie par des faits pratiques et un grand nombre d’expériences sur les animaux : dans ce travail, M. Arnal réduit à leur juste valeur les opinions nouvelles qui ont été écrites sur cette substance, jusqu’à ce jour si mal comprise, si mal étudiée ; et il démontre par une série d’observations détaillées qu’elle est un des meilleurs moyens que possède la thérapeutique, pour combattre les hémorragies actives, quel que soit leur siège ou leur intensité. Il est juste d’observer que ces divers mémoires éclairèrent ou résolurent plusieurs questions importantes. Aussi furent-ils honorablement accueillis ; aussi firent-ils à l’auteur la réputation d’un savant observateur et d’un praticien expérimenté. M. le docteur vint encore ajouter à cette réputation plusieurs mémoires présentés par lui à l’Académie royale de médecine. L’importance de la plupart de ces mémoires, fut manifestée par les rapports favorables dont ils furent l’objet. Parmi eux, il en était un (auquel avait concouru un habile orthopédiste, M. Martin) où M. Arnal démontrait invinciblement la préférence que méritait l’amputation sus-malléolaire sur celle faite au lieu d’élution. Les raisons de cette préférence, c’était que l’amputation dont il s’agit : était plus rapide et moins douloureuse, guérissait plus vite, était moins souvent suivie d’abcès consécutifs, et produisait une difformité moindre. Ces raisons étaient si visiblement fondées, qu’il se trouva un professeur même de l’Ecole, l’illustre Velpeau, qui les appuya et sanctionna par d’irréfutables observations. En vain un autre savant célèbre M. Larrey, se prononça-t-il pour l’amputation faite au-dessous du genou. L’Académie adhéra en grande majorité aux vues du docteur Arnal. Cela se passa en octobre 1841. Depuis celte époque, M. Arnal n’a publié que quelques observations isolées. Mais nous savons qu’il tient soigneusement registre de tous les faits qui se présentent à lui dans sa pratique. Or, nous espérons qu’un jour viendra, où, dans l’intérêt d’un art qu’il honore, il les coordonnera et en fera le fondement d’un nouvel ouvrage destiné, selon nous, à mettre le sceau à sa réputation. M. le docteur Arnal, a dû à son honorable conduite, comme à ses travaux, l’honneur d’être nommé médecin des salles d’asile et de l’Association de Notre-Dame-de-Lorette, pour les pauvres honteux du deuxième arrondissement, puis d’être admis avec empressement dans le sein de plusieurs sociétés savantes. Et maintenant, M. le docteur Arnal possède une nombreuse clientèle, aussi confiante en ses lumières, qu’édifiée de la politesse de ses manières et de l’infatigable complaisance de ses soins. » Arnal est l’auteur d’un ouvrage d’anatomie, écrit en collaboration avec Blandin. Son frère le docteur Arnal, Alphonse, avait été nommé maire de la commune de Belvès (Dordogne) par Louis-Philippe et était en 1864 médecin de l’hospice de Terrasson et membre du conseil municipal depuis au moins 1843, ayant rempli les fonctions de maire en 1848. Arnal demeurait à l’hôpital Saint-Louis en 1831 ; 2, cité d’Orléans en 1831 ; 3, rue Bourdaloue en 1839-1864. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (par erreur sous le nom de Amal) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (par erreur sous le nom de Amal) ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, liste supplémentaire des citoyens décorés de la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement (où il est inscrit avant la mesure d’ajournement) ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3166 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1843, idem pièce 3173 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1854 ; Archives de Paris VK3 29, séance du 12 avril 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement (sous le seul nom d’Arnal, J.) et liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Crespel, Benoît, Louis ; Archives nationales F/1dIV/A/3.