Arnould, Jacquemin

Biographie


Né le 10 octobre 1787 à Conties dans l’ancien département français des Deux-Nèthes. Cocher chez le général Vaufreland. Il relatait ainsi sa vie avant la révolution de Juillet : « Je suis sans fortune. Toute ma famille a péri pendant la retraite de Moscou. Mon père [lire mon beau-père, sa mère, veuve, s’étant remariée, N.D.A.] était soldat au 25e régiment de ligne ainsi que mon frère. Ma mère était attachée à ce régiment, en qualité de cantinière. Leur mort me laissa sans aucune ressource. Après mon arrivée dans la ville de Dresde, je me plaçai comme domestique auprès d’un commissaire de guerre et depuis lors ma condition n’a pas changé. J’ai servi plusieurs personnes et les certificats dont je suis porteur me sont favorables. » Il s’empara d’une pièce de canon dans Petite-Rue-du-Rempart. La chronique de l’époque relatait ainsi sa participation aux combats de Juillet : « Se distingue dans l’affaire du Palais-Royal et contribue à la prise d’un canon. » Le Figaro, le 17 août 1830, relatait : « Arnoud, Jacquemin, domestique du général Vaufreland, demeurant à présent rue Saint-Nicolas-d’Antin, n° 23, se joignit le 29 juillet aux braves défenseurs de nos libertés. Après s’être battu toute la journée dans différents quartiers, il arriva à 3 heures rue du Rempart, devant une pièce de canon défendue par des tirailleurs de la garde ; à la tête d’une petite troupe, il s’empara de la pièce et la reconduisit en triomphe à la place de la Bourse. Ce trait peut servir de pendant à celui du cocher Benoît (voir Majan, Benoît, Charles, Joseph). » Lui-même relatait ainsi : « J’ai combattu les troupes royales pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet. Le dernier jour, vers deux heures après-midi, je me trouvais avec plusieurs citoyens, combattant comme moi dans la Petite-Rue-du-Rempart, ayant issue d’un côté sur la rue Richelieu et de l’autre sur la rue Saint-Honoré. Au milieu de cette rue et à la hauteur de celle du Rempart, une pièce d’artillerie fut abandonnée par ceux qui la servaient et malgré le feu de mousqueterie qui plongeait du haut des maisons où s’était retranchée l’infanterie royale, je m’élançai sur la pièce, me mis à cheval sur le canon. Mon mouvement fut rapidement suivi par ceux qui m’entouraient. D’autres citoyens survinrent et tous nous la dirigeâmes vers la place de la Bourse, en la faisant passer par la rue Richelieu, l’Arcade-Colbert et la rue Vivienne. Arrivés à la place de la Bourse, la pièce fut mise à la disposition des gardes nationaux qui s’y étaient déjà réunis. » Sa conduite était attestée par des certificats signés par Renoult, Fenaux, Devilliers, Bullet (quatre orthographes de noms incertaines), demeurant tous 2, rue de Louvois, la même maison que le député Labbey de Pompières, qui attestait lui aussi la véracité des faits, attestée aussi de Grintelle, demeurant 19, rue de Richelieu, qui certifiaient « que le nommé Arnould, Jacquemin avait accompagné la pièce jusqu’à la rue de Louvois ; il a descendu de dessus la pièce pour nous prêter la main à passer ladite pièce aux barricades de la rue Louvois et remonté sur ladite pièce après avoir franchi les barricades. A la tête de la pièce était un élève de l’Ecole polytechnique. » Arnould était en chemise et en ceinture rouge, flanqué de deux épaulettes et porteur d’un fusil de munition. Il participa à l’expédition de Rambouillet. Sa participation aux événements l’ayant fait renvoyer de sa place le 30 juillet, désormais sans travail, il sollicitait, en septembre 1830, un emploi de concierge ou de portier dans un des bâtiments de l’Etat. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut aussi instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement puisqu’il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En février 1831, il fit retirer par son frère les pièces qu’il avait déposées à la Commission des récompenses nationales. Le 17 février 1834, le maire du (ancien) Ier arrondissement lui faisait parvenir un duplicata de son brevet et de sa décoration de Juillet, à l’adresse de Denis, 60, rue Saint-Lazare à Paris. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet, somme qu’il ne se présenta pas pour toucher, semble-t-il selon l’administration. Il demeurait 23, rue Saint-Nicolas à la Chaussée d’Antin en 1831 ; 16, rue Nuit-et-Jour à Bruxelles en 1834 ; 34, rue Sainte-Marguerite dans le faubourg Saint-Germain puis 34, rue Saint-Germain chez M. Paize en 1849. Le Figaro, 17 août 1830 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 108 (sous le nom de Jacquemin Arnout) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 82 (sous le nom de Jacquemin, Arnould) ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 55 n° 5, mairie du (ancien) Ier arrondissement, gardes nationaux, fiche de domicile (sous le nom de Arnoud, Jacquemin) ; Archives de Paris VD6 92, liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement, idem Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 (sous le nom de Jacquemain, Arnold) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet (sous le nom de Jacquemain, Arnold dans le registre de la mairie, quil signe dune simple croix, ne sachant pas écrire son nom) (sous le nom de Jacquemain, Arnold) ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Arnould, Jacquemin, mieux Jacquemin, Arnold), idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet (sous le nom de Arnoud, Jacquemin) ; Archives de Paris VK3 40 ; Archives de Paris VK3 46 (sous le nom de Jacquemin, Arnould) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Jacquemin, Arnould) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes (sous le nom de Jacquemain, Arnould), idem minute 26 et suivantes ; Archives de la préfecture de police AA 369, Emploi d’une somme de 350 francs, provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de Juillet, exercice 1849, minutes 51-56.

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