Arrachart, Louis, Jules, Benoît

Biographie


Né vers 1805 à Arras (Pas-de-Calais). Tailleur d’habits. Il fut blessé par un coup de baïonnette dans le bras, mais qui ne fit que lui effleurer la peau, et d’un coup de crosse de fusil reçu dans la tête, qui occasionna une perte de l’acuité visuelle. Ses faits et actions honorables furent ainsi consignés par la mairie du (ancien) IVe arrondissement : « A pris une part active aux événements des trois journées. » Les observations suivantes sont annotées à son dossier : « A produit un certificat revêtu de douze signatures. » Il était porteur de deux certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, médecin consultant des jeunes aveugles, certifie que par suite des blessures que M. Jules Arrachart, rue Froidmanteau n° 12, a reçues à la tête dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, il lui est parvenu une amaurose des deux yeux avec une grande diminution dans le mouvement des paupières. Cette maladie, dont il est bien difficile de prévoir la fin, a rendu la vue extrêmement faible et met ledit Arrachart hors d’état de travailler pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. » Signé, le 28 janvier 1831 : docteur Noche. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants de Paris, gardes nationaux, bourgeois, certifions à tous ceux à qui il appartiendra que le sieur Louis, Jules, Benoît Arrachart a pris une part très active à la défense de la liberté et de nos droits pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet et qu’il y a contribué de tous ses efforts et que sa conduite est digne d’éloges. Ayant été effleuré d’un coup de baïonnette et ayant reçu un coup de crosse de fusil sur la tête, pour lesquels il n’a pas été …, ce qui peut lui mériter la bienveillance du gouvernement quand on accordera des récompenses. Nous nous empressons de lui délivrer le présent certificat, signé aussi de tous les voisins du sieur Arrachart, pour lui servir et valoir partout où besoin sera. » Signé, le 30 août 1830 : Krettly, marchand épicier, demeurant 15, rue Froidmanteau ; Benjamin, mercier, demeurant 6, rue du Cloître-Saint-Honoré ; Garnier, fruitier, demeurant 11, rue Froidmanteau ; Masson, marchand de vin ; Garnier, fruitier, demeurant 20, rue Froidmanteau ; Cros ; Grand fils, demeurant ci-devant 14, rue Froidmanteau ; Plaisant, demeurant 7, rue Froidmanteau ; Hassis, tailleur, demeurant 12, rue Froidmanteau ; Pierre illisible, marchand corroyeur, demeurant 12, rue Froidmanteau ; madame veuve Marchand, propriétaire demeurant 12, rue Froidmanteau ; Pinelle, boulanger, demeurant 22, rue Froidmanteau. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut un total de cent soixante-quinze francs de secours, entre le 8 octobre 1830 et le 10 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut d’abord proposé pour la médaille, puis écarté. Le 11 juillet, 1831, il s’en plaignit dans ces termes auprès du secrétaire d’Etat à l’Intérieur : « […] S’est particulièrement distingué aux mémorables journées, où il fut blessé. […] Le jury a reconnu que par son patriotisme et son courage à combattre il a mérité la médaille ; mais, lui imputant calomnieusement l’habitude de se livrer à un usage immodéré de la boisson, a déclaré n’y avoir lieu à la lui accorder. Pour justifier que cette dernière circonstance est contraire à la vérité, tous les décorés du (ancien) IVe arrondissement et autres attestent ici que l’exposant a droit au signe des braves, l’ayant vu combattre et ayant été blessé, et qu’il n’a pas l’habitude qu’on lui reproche. Daignez, M. le ministre interposer votre autorité et faire opérer au dossier la radiation d’un fait injurieux et préjudiciable, qui n’y a été porté qu’à la suite d’une altercation entre le réclamant et M. Delanoy, alors commissaire à la Commission des récompenses nationales. Cet acte de justice de votre part n’échappera pas plus à la connaissance du roi qu’à l’opinion publique. » Le 2 septembre 1831, il renouvelait sa demande auprès du président du Conseil, apportant les précisions suivantes : « […] L’exposant a en outre pour circonstance déterminante en sa faveur la recommandation particulière, l’appui même, il ose le dire, de M. Setier (voir Setier, Louis, Paschal), membre suppléant de la Commission des récompenses pour le (ancien) IVe arrondissement, auprès duquel vous pouvez vous assurer de la vérité de ce qu’il avance ». Suivaient les signatures de (pour les noms lisibles) : Radu, Mutius (sic) (voir ce nom), décoré au (ancien) Xe arrondissement ; Leharangé (sic) (voir Leharanger, Pierre, Célestin), décoré au (ancien) IVe arrondissement ; Luquet (voir Luquet, Amant, Julien), décoré au (ancien) IVe arrondissement ; Cottar (voir Cottar, Christophe, Joachim), médaillé au (ancien) IVe arrondissement ; Thery (voir Thery, Louis, Augustin), médaillé au (ancien) IVe arrondissement ; Lefèvre (voir Lefevre dit Duplessy, Pierre, Hippolyte), médaillé au (ancien) IVe arrondissement ; Lapotaire (voir Lapotaire, Etienne), caporal de la IVe légion de la garde nationale, médaillé au (ancien) IVe arrondissement ; Molhar (voir ce nom), médaillé au (ancien) VIIIe arrondissement ; Pannetier (voir Pannetier, Amable, Paul, Charles), décoré au (ancien) IIe arrondissement ; Leclercq (voir ce nom), médaillé au (ancien) IVe arrondissement ; Moreau (voir Moreau, Julien), médaillé au (ancien) IVe arrondissement ; Levée, A, (voir Levée, Ferdinand, Adolphe, Louis, François), décoré au (ancien) VIe arrondissement ; Desorgerie (voir Desorgerie, Hubert, Marie), médaillé au (ancien) IVe arrondissement ; Browarniouck, A., V. (voir Browarniouck, Auguste, Victor), décoré au (ancien) IVe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 27 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une contusion à la partie postérieure et supérieure de la tête, sans plaie, suivie d’un peu de faiblesse dans les yeux, guérie sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sur les listes de la mairie, son nom sur la liste est apostillé ainsi : Estropié, ivrogne. Il déposa sans doute un dossier à la Commission des Réclamants, sise de la rue Bourg-Labbé. En tout cas, suite à la polémique et ses droits ayant été écartés, il fit établir le certificat suivant : « Nous, soussignés, domiciliés du (ancien) IVe arrondissement de Paris, certifions à tous qu’il appartiendra (sic) que le nommé Arrachart, Louis, Jules, Benoît, est un de ceux qui se sont le plus particulièrement distingués aux mémorables journées de Juillet, où il fut blessé, ce qui est reconnu par le comité des récompenses nationales, qui lui a accordé une indemnité de première classe et la médaille. Attestons que sa conduite est régulière et surtout qu’il n’a pas l’habitude de se livrer au vin ; ce fait est à notre connaissance particulière et nous serions satisfaits si la Commission des récompenses, prenant notre déclaration en considération, lui accordait la décoration spéciale qu’il a justement méritée en contribuant par son patriotisme au succès de la cause des libertés constitutionnelles. » Signé le 2 juillet 1831 : Leblanc, demeurant 207, rue Saint-Honoré ; Garnier, fruitier, demeurant 11, rue Froidmanteau ; Benjamin, mercier, demeurant 6, rue du Cloître-Saint-Honoré ; Cremer, demeurant 12, rue Froidmanteau ; Pinelle, boulanger, demeurant 22, rue Froidmanteau ; Plaisant, demeurant 7, rue Froidmanteau ; Krettly, marchand épicier, demeurant 15, rue Froidmanteau ; Hassis, tailleur, demeurant 12, rue Froidmanteau ; Pierre illisible, marchand corroyeur, demeurant 12, rue Froidmanteau. Il était marié et père de deux enfants en 1830. Il demeurait 12, rue Froidmanteau en juillet 1830 ; 39, rue des Vieux-Augustins, en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 (sous le nom de Arrachart, Louis, Jules, Benoît) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement (sous le nom de Arrachoirs, Louis, Jules, Benoît) ; Archives nationales F/1dIII/41 (sous le nom de Arrachoirs, Louis, Jules, Benoît) ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 370..

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