Artigues d’, H
Biographie
Il est l’auteur de la lettre suivante, adressée le 28 mars 1831, à Delaitre, président du jury des récompenses nationales, demeurant 350, rue Saint-Jacques : « Mon cher monsieur. J’ai bien réfléchi depuis hier à cette décoration de Juillet dont vous m’avez parlé et j’ai rectifié mon opinion à son égard. Je vois en effet que cette croix, donnée par des hommes du peuple et non par le pouvoir, est une chose belle et grande et je trouve qu’il sera honorable de la porter si on l’a méritée. Je crois aussi que beaucoup de ceux qui l’obtiendront n’ont pas fait plus que moi ; que plusieurs même auront moins fait et qu’à ce titre je pourrais me présenter devant votre jury ; mais il y a quelque chose qui me répugne dans ces éloges de soi, qui aboutissent à une demande de récompense. Si les gens en haute positon aujourd’hui qui m’ont vu agir dans les journées de Juillet et dont deux même ont profité de mes armes s’étaient souvenus de moi et m’avait désigné à la commission, j’aurais pu lui donner les détails nécessaires pour obtenir la décoration mais la lui demander moi-même, je ne le dois pas. Je ne serai donc pas décoré, je m’en consolerai en pensant que je l’ai mérité. Comme d’après notre conversation d’hier vous auriez pu compter sur moi pour mardi soir, j’ai cru devoir vous envoyer ce petit mot. Ainsi je dissipe entièrement la petite fumée d’honneur que, malgré moi, vous m’aviez fait monter au cerveau, et je rentre dans mon obscurité bourgeoise. Je vous salue, etc. P.S. Je vous ai dit, je crois, que l’on avait donné les trois places dans une compagnie d’artillerie, sans songer à moi. Il paraît décidément que je suis une brebis galeuse. Signez donc l’association, le ministère le défend (cette dernière phrase est peu sûre). » D’Artigues demeurait 27, faubourg Poissonnière en 1831. Archives de Paris VK3 40. Dans le Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, vingtième année, Paris, chez Huzard p. 189 et 201, il y a un d’Artigues, fabricant de cristaux, membre du Conseil général des manufactures, demeurant 30, rue du Faubourg-Poissonnière en 1821. Il y a un d’Artigues, manufacturier, demeurant rue du Faubourg-Poissonnière dans l’Almanach royal pour l’année 1824, chez Guyot et Scribe, Paris, 1824, p. 934