Aubert
Biographie
Né vers 1763. Commis négociant. Il adressa, en septembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Agé de soixante-trois ans et grandement affaibli par les suites d’une fluxion de poitrine dont je fus atteint au mois d’octobre de l’année dernière, par suite d’un refroidissement que j’éprouvai en tenant les écritures d’une maison de commerce de cette ville, je ne pus porter les armes dans les mémorables journées de juillet ; mais agissant d’affection pour l’ordre des choses que cet événement devait amener, je fis ce que l’on doit attendre d’un bon citoyen bien pensant, en semblable occurrence. Je quittai dès le matin mon réduit pour me rendre où mes services pouvaient être utiles. Je fis des cartouches rue Pavée-Saint-Sauveur, n° 17, le mardi 27 avec bon nombre de dévoués. Les 28 et 29 je les ai passés constamment occupé ou aux barricades à donner des conseils, ou à conduire les blessés que nous remettaient nos braves pour retourner plus vite à l’attaque. Si je n’ai pas été blessé dans ces circonstances, ce n’est pas faute d’avoir été bien exposé dans les rues Saint-Honoré, du Coq, place du Carrousel et surtout dans la rue Valois-Batave au moment où l’on força de se rendre les soldats du 3e régiment de ligne qui s’étaient réfugiés chez le marchand tailleur de la rue Saint-Honoré en face celle Richelieu. Je ne me permettrais pas de faire réclamation pour de tels services que tout citoyen doit à son pays si ma position ne m’y forçait, me trouvant sans occupation depuis plus de cinq mois à raison du pénible état des maisons qui m’employaient à leurs écritures depuis que je fus remercié au ministère de la Guerre en 1816 par mesure d’économie, sans pension n’ayant pas le temps nécessaire. J’implore donc, monsieur, de vos bontés, sous les auspices de M. Marchal, député de la Meurthe, mon département, qu’ayant égard à la situation d’un père de famille dans le besoin, ne pouvant s’occuper que d’écritures, qui lui manquent, vous voudrez bien le comprendre dans le nombre des ayant droits aux récompenses que le gouvernement veut décerner à ceux qui ont contribué à notre mémorable révolution. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « A fait ce qu’il a pu, vu son âge et ses infirmités ; indigence. » Il demeurait 3, rue du Doyenné en 1830. Archives de Paris VD6 92.