Audri, Jean-Baptiste ou parfois Audry, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 18 février 1791 à Orléans (Loiret), né d’Audry, Michel et de Loiseau, Marie, Anne. Ouvrier tisserand couverturier. Il fut tué le 29 juillet au Louvre, alors qu’il combattait. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 24 mars 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement comparurent : Bacot, Auguste, fabricant de couvertures, demeurant 67, rue Saint-Victor ; Etienne, Jacques, fabricant de couvertures, demeurant 85, rue Saint-Victor. Ils affirmèrent « sous la foi du serment qu’il est à leur connaissance personnelle et de notoriété publique que le sieur Jean-Baptiste Audry, ouvrier tisserand-couverturier, de son vivant domicilié rue des Fossés-Saint-Bernard n° 30, a été tué le 29 juillet dernier en combattant pour la cause de la liberté. Que depuis huit années il avait à sa charge la dame Marie, Anne Loiseau, veuve de Michel Audry, sa mère âgée de soixante-dix ans et que par suite du décès de son fils cette mère infortunée est privée de tout moyen d’existence et hors d’état de suffire aux premiers besoins de la vie. Qu’elle prend soin des trois enfants mineurs laissés par son fils et qu’elle serait dans l’impossibilité d’exister et d’élever ces enfants si elle n’obtenait la pension que lui assure la loi du 13 décembre 1830. » Sa femme, Chailat, Marie, Françoise, dite Sihaque, était décédée. Il avait trois filles nées toutes trois à Paris, Marie, Adrienne, née le 16 février 1818, Marie, Françoise, Joséphine, née le 19 mars 1819, et Célestine, Augustine, Joséphine, née le 16 juin 1820, élevées par la mère d’Audri : Loiseau, Marie, Anne, veuve Audri, née le 25 janvier 1762 à Châteaudin, fille de Loiseau, Jacques et de Bourgeoise, Anne, et qui avait épousé Haudry (lui-même fils d’Haudry, Jean et de Frileuse, Marie ; Audry, Michel devant décéder le 22 prairial an III à Orléans) le 27 juin 1785 à Orléans (Loiret). Cette dernière est répertoriée (sous le numéro 985) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution (sous le nom de veuve Audry) ; elle reçut un secours de vingt francs (pour elle et les enfants est-il précisé), le 25 mars 1831, un secours de vingt francs (veuve et enfants est-il précisé), le 6 avril 1831, un secours de cinquante francs, le 30 avril 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Elle fut pensionnée (sous le nom de veuve Audry) de trois cents francs et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; les trois filles furent pensionnées comme orphelines de Juillet, et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les trois filles furent placées chez la demoiselle Mansion, maîtresse de pension 18, rue des Fossés-Saint-Victor et reçurent chacune les trois cents francs pour frais de trousseau en 1832. Le conseil de famille des orphelins était composé d’Audri, Jean, cousin germain du défunt, couverturier, demeurant 39, rue Saint-Victor, et de Racot, Auguste (ou Babot, Auguste, les deux orthographes sont présentes mais aussi Bacot, voir plus haut), fabricant de couvertures, subrogé-tuteur, demeurant 67, rue Saint-Victor en 1831. En 1831, Célestine, Augustine, Joséphine se destinait à l’état de couturière ; Marie, Françoise, Joséphine se destinait à l’état de blanchisseuse en fin. En 1833, Marie, Adrienne, placée dans la maison d’éducation de Mme Camus de Chaussés, 3, rue Buffon, se destinait à la profession d’institutrice et était jugée « douce, laborieuse, assez avancée dans les calculs » par la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet. Marie, Françoise, Joséphine, placée dans la même institution en 1833, n’avait pas les mêmes capacités et savait à peine lire et écrire. Célestine, Augustine, Joséphine, placée elle aussi dans cette institution était jugée comme ayant « quelque capacité » et « assez appliquée ». Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Marie, Françoise, Joséphine et Célestine, Augustine, Josèphe furent deux d’entre eux (sans que l’on sache pourquoi Marie, Adrienne ne figurait pas parmi les légataires). Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. A l’âge de dix-sept ans, Marie, Françoise, Joséphine était en apprentissage pour se consacrer au commerce de lingerie. Célestine, Augustine, Joséphine mourut le 2 mars 1835. Marie, Adrienne épousa Lemaître, menuisier. Dans sa séance du 5 avril 1840, la Commission municipale des orphelins de Juillet décidait de remettre à Marie, Françoise, Joséphine, désormais majeure et demeurant chez Lemaître, menuisier, demeurant 2, rue de la Victoire, mille neuf cent soixante francs et dix-huit centimes, somme déposée sur un livret d’épargne à son nom, et son inscription de rentes perpétuelle de trente-sept francs ; de la même manière, elle versait deux cent trente et un francs et cinq centimes à chacune des deux filles vivantes pour la succession de Marie, Adrienne. Audri demeurait 30, rue des Fossés-Saint-Bernard, en juillet 1830 ; sa mère, à la même adresse en 1831. Le nom d’Audry (J.-B. Audry) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Liste des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 111 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 5, p. 91 pour la mère ; Archives de Paris VD3 1-2, Registre des délibérations de la Commission municipale des orphelins de juillet 1830 du (ancien) XIIe arrondissement (5 avril-1840-31 janvier 1849) ; VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le nom de veuve Audry et le numéro 985) ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, demandes de secours ; Archives de Paris Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 40-41 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (deux listes de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et lettre en date du 22 août 1832 de la Commission de la surveillance des orphelins et orphelines de Juillet afin d’obtenir l’allocation prévue pour les frais de trousseau ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) XIIe arrondissement, état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, XIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1839 XIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Audry, Jean-Baptiste) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, orphelins et ascendants ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) XIIe arrondissement (avec l’indication sur son dossier Par erreur Audry, car le père s’appelle Audri) et (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/15/2557-2559 dossier (ancien) XIIe arrondissement et aussi un état officiel des orphelins (ancien) XIIe arrondissement et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 79, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.