Audry de Puyraveau, Pierre, François

Biographie


Né le 27 septembre 1773 à Puyravault (Charente-Maritime). Député, élu en 1822, en 1827 et en 1830, il fit partie des 221 députés qui votèrent l’adresse contre le ministère Polignac. Le Constitutionnel, en date du 5 août 1830, rapportait ainsi la conduite qu’il avait tenue pendant les combats de Juillet : « Parmi les patriotes qui se sont distingués au combat du 29, on cite le capitaine Allegre, qui était candidat au grand collège de la Charente-Inférieure, et à qui il n’a manqué que peu de voix pour être élu. Après s’être emparé d’un fusil dans un combat corps à corps avec un grenadier de la garde royale, on l’a vu au milieu des braves assemblés au manège de la rue Cadet, où se trouvaient MM. Audry de Puyraveau, Gallot et Minot, tous trois députés de la Charente-Inférieure. Il était comme simple volontaire au combat meurtrier qui s’est livré dans la rue Saint-Honoré, entre les rues Traversière et de l’Echelle, où régnait un carnage affreux, et où il a montré tout le sang-froid d’un marin accoutumé aux dangers. » On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « On lit le paragraphe suivant dans la lettre de M. Audry de Puyraveau : “Le premier, je fis distribuer 1.800 baïonnettes que j’avais chez moi. Je donnai l’ordre d’enlever trente caisses de fusils qui se trouvaient en dépôt dans la rue Hauteville et il en fut ainsi de 800 fusils et de deux pièces de canon, qui me furent signalés dans une maison voisine. A l’instant même, je faisais de ma maison un poste militaire et de sûreté car un personnage, devenu très important, y passa la journée du 29 jusqu’à 2 heures, alors même que l’on était réuni chez M. Laffitte.” » Sur une proclamation signée par lui : « Dans la nuit du 28 au 29 juillet, toujours accablé de visites de personnes qui réclamaient un chef, et voyant l’indécision des réunions (de députés) et le peu d’effet qu’elles produisaient, je pris sur moi de faire faire, dans mes bureaux, et de suite imprimer des placards qui annonçaient que le général Lafayette était général en chef, M. Delaborde son chef d’état-major, et Audry de Puyraveau son premier aide de camp. Il était juste que je prisse une part des risques que je leur faisait courir. C’est moi qui ai pris cette mesure décisive et j’en réclame tout le mérite de même que j’en acceptais toute la responsabilité. Revêtu de mon uniforme de député, je montai à cheval pour prévenir le général des dispositions que je venais de faire. Chemin faisant, j’assistai à la prise des casernes de la Pépinière. Ayant prévenu le général, il fut convenu que nous nous rendrions chez M. Laffitte. » Selon Notes et Jugements de la Chambre de 1830, publiés par la société Aide-toi le ciel d’aidera, Paris, Garnier-Pagès, juin 1831, « il s’occupa toute la nuit (du 27 au 28) à chercher et à distribuer des armes, comme il s’était occupé tout la journée à exciter le peuple, parcourant les rues sa médaille de député à la main, appelant les citoyens à la défense de la liberté et au combat ». Il fit partie de la Commission municipale installée à l’Hôtel de ville, l’un des plus compromis et des plus ardents selon Alexandre Dumas. Après la prise du Louvre, quand de Sémonville fut introduit auprès d’elle pour faire entendre les propositions de Charles X de révoquer les ordonnances et de nommer de nouveaux ministres, de Schonen eut ces mots terribles, prononcés d’une voix ferme : « Il est trop tard !... Le trône de Charles X s’est écroulé dans le sang !... » Alexandre Dumas ajoute que, quand les négociateurs voulurent insister, Audry de Puyraveau renchérit : « Allons, allons ! assez comme cela, messieurs, ou je fais monter le peuple, et nous verrons ce qu’il veut ! » Il faisait partie avec le maréchal de camp Fabvier, Lafayette Georges, Martin-Maillefer, Mianné-Saint-Firmin (voir ces noms) et les maires de chacun des douze anciens arrondissements de Paris des membres de la Commission des récompenses nationales nommés par ordonnance du roi. Il fut nommé vice-président de la Commission des récompenses nationales. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Dans l’exposé qu’il fit de sa conduite, Planty, Christin laissait les indications suivantes concernant Audry de Puyraveau : « […] Journée du 28 juillet. […] Au jour naissant, […] je joignis près du boulevard Montmartre une trentaine d’hommes, de tous les états, et je me rendis avec eux dans la rue Hauteville chez M. Audry de Puyraveau, où je croyais trouver des fusils ; mais il n’existait alors dans ses magasins que des baïonnettes, qui furent distribuées rapidement. […]. » Dans la lettre qu’il fit parvenir à la Commission des Réclamants sise rue Bourg-Labbé, Bony, René, en tentant de faire valoir ses droits à la décoration, laissait les informations suivantes sur Audry de Puyraveau : « […] Le 28, […] J’engageai alors mes ouvriers à se réunir et s’armer ; je remis à plusieurs six carabines que j’avais. J’ai assisté à diverses réunions chez M. Audry de Puyraveau et Laffitte, pour les presser de faire des proclamations et de se montrer. J’ai distribué au peuple, au roulage de M. Audry, faubourg Poissonnière, une grande quantité de vieilles armes que ce brave citoyen avait mises à ma disposition […]. » de Roux, dans son ouvrage La Restauration, écrit sur lui mais sans doute de manière erronée : « [Aux premières heures du 28 juillet] Le député Audry de Puyraveau, qui avait dans sa maison de roulage soixante-dix caisses de fusils, les distribue. » De la même manière, Boulée, dans son Histoire de France pendant la dernière année de la Restauration, attribue à Audry de Puyraveau d’avoir fait « distribuer au peuple deux ou trois cents fusils et dix-huit cents baïonnettes, et sacrifia pour la construction des barricades toutes les voitures de son établissement de roulage ». On trouve aussi aux Archives de Paris la lettre suivante, adressée le 3 août 1830, au maire du (ancien) XIe arrondissement, et signée par les membres de la Commission, Mauguin et Audry de Puiraveau : « M. le maire. D’après les ordres du lieutenant-général du royaume et du général en chef, j’ai l’honneur de vous prévenir que vous devez diriger sur-le-champ, de concert avec le chef de légion de votre arrondissement, au moins cinq cent dix braves qui ont contribué si puissamment à sauver nos libertés, sur les Champs-Elysées ; là, ils recevront des ordres pour être mis en mouvement sur Rambouillet, où l’ennemi paraît disposé à faire résistance. » Audry de Puyraveau fut réélu député en 1831 et en 1834. Il fut de nouveau réélu député en 1848. Nous empruntons au site de l’Assemblée nationale les éléments suivants de la biographie qui lui est consacrée par ce site : « Il contribua, comme membre du Comité directeur, à la fondation de la Société des droits de l’homme destinée à entretenir les sentiments révolutionnaires. Aux élections générales du 21 juin 1834, Rochefort élut le vice-amiral Grivel ; mais l’élection fut annulée ; les électeurs, le 20 septembre 1834, rendirent à Audry son siège à la Chambre, au deuxième tour de scrutin, par 156 voix contre 149 restées au vice-amiral Grivel. Lors du procès des accusés d’avril (insurrection de Lyon) (1834) devant la Chambre des pairs, Audry, l’un de leurs défenseurs, signa l’adresse aux accusés, qui se terminait par ces mots : “L’infamie du juge fait la gloire de l’accusé” (mai 1835). La Chambre des députés autorisa pour ce fait des poursuites contre Audry, qui refusa de comparaître devant la Chambre des pairs et qui ne fut pas inquiété, Michel de Bourges et Trélat, cosignataires, ayant assumé toute la responsabilité. Audry ne fut pas réélu, le 30 octobre 1837, aux élections générales qui suivirent la dissolution obtenue par le ministère Molé. La politique avait fort dérangé ses affaires privées, et il se décida, comme il le dit dans plusieurs lettres à ses amis, “à mettre ses biens en loterie pour se tirer de la misère”. Il promettait 10 et 15 % à ceux qui lui placeraient des coupons, et offrait en outre, après le tirage, de prendre les biens de ferme sur le pied de 4.010. Nous n’avons pu savoir le résultat de l’opération. Audry de Puyravault reparut sur la scène politique après février 1848 ; il fut élu, le 23 avril, représentant du peuple à l’Assemblée constituante, par le département de la Charente-Inférieure, le 9e sur 12, avec 56.508 voix sur 111.907 votants et 136.016 inscrits, et présida, comme doyen d’âge, les premières séances, jusqu’à l’élection de Buchez. Il vota : le 28 juillet 1848, contre le décret sur les clubs ; le 9 août, contre le rétablissement du cautionnement ; le 26 août, contre les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, à propos du 15 mai ; le 18 septembre, pour l’abolition de la peine de mort ; le 25 septembre, pour l’impôt proportionnel et contre l’impôt progressif ; le 7 octobre, pour l’amendement Grévy sur la présidence ; le 23 octobre, contre la sanction de la Constitution par le peuple ; le 2 novembre, contre l’amendement Pyat sur le droit du travail ; le 25 novembre, pour la déclaration que “le général Cavaignac a bien mérité de la patrie” le 22 janvier 1849, contre le renvoi des accusés du 15 mai devant la Haute Cour ; le 24 mars, il s’abstint sur l’interdiction des clubs ; le 2 mai, il vota pour l’amnistie des transportés ; le 18 mai, pour l’abolition de l’impôt sur les boissons ; le 23 mai, pour l’ordre du jour sur les affaires d’Italie et de Hongrie. » Il mourut le 6 décembre 1852 à Maisons-Laffitte (Yvelines). Il demeurait passage Violet en 1830 ; hôtel de France rue Saint-Thomas-du-Louvre en 1831. Le Constitutionnel, 5 août 1830 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 243, 424 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, sixième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1868, p. 183 ; Notes et Jugements de la Chambre de 1830, publiés par la société Aide-toi le ciel d’aidera, Paris, Garnier-Pagès, juin 1831, p. IV ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Planty, Christin aîné ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Bony, René ; Archives de la préfecture de police AA 394 in dossier Janniard, Hubert (où il est indiqué comme vice-président de la Commission de la Commission des récompenses nationales et à qui Janniard, Hubert avait remis ces pièces) ; La Restauration, marquis de Roux, Paris, Fayard, 1930, p. 324 ; Histoire de France pendant la dernière année de la Restauration, par un ancien magistrat (Boulée, Auguste, Aimé), Paris, Desenne, 1839, tome premier, p. 280. Attention avec Audry, même rue…

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.