Augé, Placide, Antoine
Biographie
Né le 6 décembre 1802 à Valenciennes (Nord). Il fit partie avec Carly de Wazzema Montaigne, Huet Michel Laurent, Moutardier Hortense dit Eugène, Regent Auguste, Greverath Achille Simon, Martinon Joseph, Boucher-Dugua Nicolas, des huit membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut nommé sous-lieutenant sur proposition de la Commission des récompenses nationales. Il reçut un secours de quatre cents francs, le 10 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, sans doute comme indemnité de première mise d’équipements (c’est bien Augé, Placide, sous-lieutenant). Sur la recommandation de la Commission des récompenses nationales, il fut nommé directeur des Postes dans la commune de Mazamet (Tarn). Le temps qu’il demeura dans la commune de Mazamet lui valut le certificat suivant : « Nous, maire de la commune de Mazamet, arrondissement de Castres, département du Tarn, certifions que le sieur Antoine, Placide Augé, directeur de la poste et officier de la garde nationale de cette ville, a su, par sa bonne conduite, s’attirer l’estime de ses concitoyens. Certifions aussi que par son sang-froid et son courage, il a sauvé, vers le commencement d’avril dernier, le quartier qu’il habite d’un incendie qui s’était manifesté dans la nuit dans un magasin de lingerie et d’épicerie. » Signé, le 9 août 1837 : Vidal père, maire de la commune. En 1848, il était architecte. Il participa à la Révolution de février. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Augé, demeurant rue de la Cité n° 15, était avec nous à la prise des Tuileries, dans la journée du 24 février dernier, qu’il a concouru avec nous au maintien de l’ordre, en évitant le vandalisme et le pillage et que partout où il y avait danger à courir il a montré une énergique résistance et beaucoup de sang-froid. Nous déclarons aussi que c’est à sa puissante intervention que l’on doit la conservation des objets précieux, qui ont été remis par lui à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Nous recommandons à la bienveillante sollicitude du gouvernement de la république le citoyen Augé, décoré de Juillet, qui a, dans tous les moments difficiles que nous avons eu à traverser, montré beaucoup de courage et de dévouement pour la cause nationale. » Signé : Vaillant, ex-lieutenant à la IXe légion de la garde nationale, demeurant 21, quai aux Fleurs ; Lhuillier, sergent à la IXe légion de la garde nationale, demeurant 19, quai aux Fleurs ; Janvier, garde national à la IXe légion, demeurant 27, rue Constantin ; Auzou, ex-lieutenant à la IXe légion de la garde nationale, demeurant rue de la Barillerie. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous tous, soussignés, combattants de Février, certifions que le citoyen Augé, Placide, demeurant à Paris, rue de la Cité n° 15, décoré de Juillet, a fait partie de notre colonne de combattants de La Villette et Belleville réunis, qui, dans la journée du 24 février dernier, s’est distinguée d’une manière aussi particulière dans la lutte sanglante que nous eûmes à soutenir. Il était avec nous le 24 février à 8 heures du matin quand nous saisîmes une voiture chargée de fusils, sur la route de Flandres à La Villette ainsi que cinq caisses de sabres de cuirassiers et de pistolets déposés chez le citoyen Cavel, entrepositaire de roulage, barrière de la Grande-Villette. Le citoyen Augé n’a pas cessé de faire partie de notre colonne armée, nous animant par ses chaleureuses allocutions à défendre notre cause nationale. A la prise du château d’eau, qui est due particulièrement à sa chaleureuse intervention et surtout au dévouement et au courage héroïque des combattants de La Villette et où ils perdirent beaucoup de leurs camarades de combat tués à leurs côtés, la conduite du brave citoyen Augé a été énergique et courageuse, et son exemple suivi par nous tous n’a pas peu contribué à la prise immédiate de ce poste. Aux Tuileries, il a su maintenir l’ordre et éviter le vandalisme et le pillage et une grande quantité d’objets précieux ont été sauvés par sa puissante intervention, qui a failli, plusieurs fois, lui coûter la vie. Au retour des Tuileries, nous nous transportâmes à l’Hôtel de ville, où le citoyen Augé a participé aux diverses propositions faites pour la formation d’un gouvernement provisoire. » Signé à La Villette, le 12 mars 1848 : Chastant, demeurant 21 bis, rue des Vinaigriers ; Gerard fils, demeurant 11, rue de Flandres à La Villette ; Vavasseur, demeurant 3, rue du Chemin-de-Ronde à La Villette ; Demavet illisible, demeurant 95, rue de Flandres à La Villette ; Calando, demeurant 46, rue d’Allemagne à La Villette ; Orion ou Drion, demeurant 211, rue du Faubourg-Saint-Martin ; illisible, demeurant 63, rue d’Allemagne à La Villette ; Blondeau, demeurant rue de Joinville à La Villette ; Chausselé, demeurant 79, rue d’Allemagne à La Villette ; Mothereau, demeurant carrières d’Amérique à Belleville ; Vanderwogt, demeurant carrières d’Amérique à Belleville ; Chapotin, carrier, demeurant 1, rue des Près à Belleville ; Dubois, Auguste, jardinier, demeurant allée d’Amérique à Belleville ; Decombre ou Decomble, Charles, demeurant carrières d’Amérique à Belleville ; Dubois, demeurant 38, rue de Flandres à La Villette ; Ondelle, demeurant 41, bd de Strasbourg à La Villette ; Vavasseur, demeurant 11, rue de Flandres à La Villette ; Thiébaud, demeurant 220, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Naze, demeurant 3, rue de Lunéville à La Villette. Il sollicita de la Commission des récompenses nationales la distinction honorifique, un emploi de sous-inspecteur dans les octrois de Paris ou une place de directeur de prison ou toute autre place équivalente. Il donnait à la Commission l’exposé suivant de sa conduite : « […] En 1848, mû des mêmes principes de liberté qu’en 1830, il se mit à la tête des ouvriers et combattit de nouveau pour le triomphe de cette cause ; […] son attitude, toute de dévouement et de courage fut remarquée de ses camarades de combat, qui l’écoutèrent et le suivirent partout où il y avait triomphe à obtenir ; […] le 24 de ce mois mémorable, et lorsque la fusillade se faisait encore entendre sur tous les points, le citoyen Augé parvint, par une chaleureuse allocution, à faire fraterniser avec le peuple un bataillon du 7e léger, alors sous les armes à la place de Grève ; […] il fut également heureux d’obtenir du colonel de ce régiment, et à l’instant même, deux ordres de faire mettre bas les armes à deux bataillons de ce régiment, dont l’un stationnait rue Mouffetard, l’autre place Maubert ; que ce fut au milieu des barricades et des balles que le citoyen Augé s’acquitta, avec le plus grand dévouement, de sa périlleuse mission, qui fit cesser tout combat de ce côté. […] Un détachement de dragons suivit l’exemple du 7e léger et que, sur la demande du soussigné, chaque soldat remit les armes au peuple. […] A la prise du poste du Château d’eau, place du Palais-National, le citoyen Augé y combattit vaillamment, à la tête d’une colonne d’ouvriers de La Villette et sut maintenir, par sa fermeté, l’ordre et éviter le vandalisme et le pillage et qu’il fut un de ceux qui sauvèrent les vases sacrés de la chapelle du château et beaucoup d’autres objets précieux et lesquels furent portés à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Citoyens membres de la Commission, qu’il soit encore permis au pétitionnaire de vous dire aussi qu’en 1831, il parvint à sauver, par son sang-froid et son courage, en province où il habitait tout un quartier qui était menacé de devenir la proie de flammes. […] En 1846, le 10 mai, il sauva, au péril de ses jours, sept personnes tombées à la Seine et qui disparaissaient sous les flots (voir les journaux du 12 mai 1846 et notamment le journal la Réforme) ; […] sans fortune aucune, père de quatre enfants en bas âge, une épouse estropiée et constamment malade, le citoyen Augé vient solliciter de votre justice un emploi de sous-inspecteur dans les octrois de Paris ou directeur d’une prison dans un rayon peu éloigné de la capitale ou tout autre emploi équivalent. Si sa conduite comme combattant de Février vous semble digne d’une récompense honorifique, il serait fier de l’obtenir et de la porter sur sa poitrine […]. » Il signait sa lettre, en ajoutant les trois points maçonniques. Plusieurs certificats étaient joints à sa demande. Le premier, ainsi rédigé : « Le colonel du 7e régiment d’infanterie légère, soussigné, déclare que dans la matinée du 24 février, lorsque le peuple fraternisait déjà avec la garde nationale et l’armée, ayant eu besoin d’un citoyen en habits bourgeois pour porter l’ordre à l’officier du 7e léger qui commandait à la caserne Lizieux de cesser toute résistance, le citoyen Augé s’offrit pour accomplir cette mission difficile dans les circonstances où nous nous trouvions alors, car le feu n’avait pas encore cessé, et qu’il s’en est acquitté avec le plus généreux dévouement, en refusant la récompense qui lui avait été offerte. » Signé, le 2 mars 1848 : de Luzy, colonel du 7e léger. D’autres furent perdus par la Commission, en témoigne la note suivante qu’il adressa à cette même Commission : « Le pétitionnaire avait déjà adressé une demande à la Commission, qui siégeait alors au Luxembourg. Cette demande était accompagnée de sept certificats relatifs aux journées de Février. Toutes ces pièces et la demande ne sont pas parvenues à la nouvelle Commission de l’Hôtel de ville et se sont, à ce qu’il paraît, égarées au Luxembourg, de sorte que le pétitionnaire a été obligé de se procurer d’autres certificats. Sur sept certificats déposés primitivement, trois seulement ont été obtenus, avec beaucoup de peine, les quatre autres il a été impossible au soussigné de les avoir ; ils constataient des faits personnels, deux étaient signés par des officiers de la garde municipale, un par des simples soldats et le quatrième par un aide de camp. Comme toutes ces pièces étaient originales, je n’ai pu retrouver ces militaires à qui j’avais sauvé la vie dans la journée du 24 février : premièrement les deux officiers de la garde municipale en face le pont Notre-Dame et la rue Planche-Mibray, lors de la sortie de cette troupe de la préfecture de police ; deuxièmement l’aide de camp d’un général, qui est tombé ayant eu son cheval tué quai de Grève ; ce malheureux officier allait être tué quand je l’ai pris sous ma protection et l’ai conduit rue de la Planche-Mibray chez un marchand de liqueurs ; troisièmement les sept gardes municipaux furent sauvés par moi sur la place de l’Hôtel de ville, je ne puis me souvenir de leurs noms. Je suis inscrit à la Commission de l’Hôtel de ville sous les numéros 1026 et 1186. » En 1848, la Commission des récompenses nationales le recommandait pour une place d’officier de paix à Paris et le signe honorifique. Il demeurait 15, rue de la Cité en 1848 ; 3, rue Gervais-Laurent à la Cité en 1848-1849. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 état des candidats recommandés par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dépendant du ministère des Finances ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70 ; Archives de la préfecture de police AA 370. Comment a-t-il perdu son emploi de directeur des poste ? auparavant il avait été nommé sous-lieutenant…