Aumerle, Augustin
Biographie
Né vers 1777 à Bourges (Cher). Imprimeur. Il combattit place de Grève, où il fut légèrement blessé d’un coup de feu à la tête, au Louvre et aux Tuileries. Il fut incorporé dans le régiment de la charte, puis licencié. Ayant quitté Paris, faute d’ouvrage, il ne fit pas valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants sise de la rue Bourg-Labbé, et lui adressa, le 29 août 1831, la lettre suivante : « J’ai l’honneur de vous exposer qu’ayant pris les armes dans les journées de juillet 1830, qui reconquirent notre liberté et notre indépendance, je fus légèrement blessé d’un coup de feu à la tête, blessure que je soignai moi-même et avec laquelle je continuai de me battre contre nos ennemis communs ; et qu’après le danger je m’incorporai volontairement dans le régiment de la Charte, en qualité de sous-officier, où je servis jusqu’au jour de son licenciement et qu’après, me trouvant dépourvu de toutes ressources, je fus obligé de me diriger en province afin de me procurer de l’occupation de mon état d’imprimeur ; que pendant ce temps je n’ai pas pu faire valoir mes droits incontestables devant la Commission des récompenses nationales. D’après ce motif et l’assurance qu’on m’a donnée de l’intérêt que vous portez à ceux qui se trouvent dans mon même cas, je viens vous prier, messieurs, de vouloir bien me faire participer aux dons que distribue la bienfaisance nationale, pour la part que vous jugerez à propos de me faire accorder dans votre sagesse. Pour vous prouver la vérité de mon exposé, j’ai l’honneur de vous faire passer ci-inclus le certificat qui m’a été délivré par ceux qui m’ont vu aux jours du danger. Je suis père de famille et malheureux. Ma position mérite toute votre juste sollicitude. Je compte, messieurs, être digne de votre attention. Etant du nombre des héros de cette mémorable époque, j’attends l’honneur de votre réponse et suis etc. » Il sollicitait la décoration de Juillet et d’être employé à l’Imprimerie royale. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants de Paris, attestons et certifions à qui de droit que le nommé Augustin Aumerle a été vu par nous pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; qu’il était armé d’un fusil et qu’il faisait le coup de feu contre les troupes de Charles X ; qu’il s’est en outre conduit de manière à s’y faire remarquer. Ledit a aussi été blessé d’un coup de feu à la tête à la place de Grève. » Signé le 1er août 1831 : Boudet, opticien, demeurant 4, place de Grève ; Davesne. Il mourut le 30 mars (1832 ?) à Etampes, laissant une veuve et quatre enfants. Il demeurait 5, rue de Fourcy-Saint-Antoine en 1831. Archives de la préfecture de police AA 370.