Auzias, Simon
Biographie
Né vers 1802 ou 1812 (mais vers 1812 in Archives de Paris VK3 34) à Tresq (ou Iresque) (Gard). Tailleur d’habits. Il reçut (sous le nom de Ausias, Simon) un total de cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 19 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, a placé le drapeau tricolore sur la tour Notre-Dame et a sonné le tocsin ; ils étaient trois. Avant, s’était battu à la Grève, au désarmement, eut une carabine. Après Notre-Dame, au faubourg Saint-Antoine pendant trois heures ; ensuite a passé le pont Marie, le pont en bois et a tiré pendant toute la journée au parapet jusqu’à la nuit. Le 29, au quai de l’Institut, ensuite aux Tuileries par le pont Royal. Rambouillet. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 19 février 1831, à aucune voix pour la croix, une voix pour la médaille et sept voix pour une mention. La Cité donne les détails suivants sur la conduite d’Auzias, citée dans Le Pillage de l’archevêché de Paris en juillet 1830, d’après un mémoire inédit du chapitre métropolitain, Limouzin-Lamothe : « Le mercredi 28 juillet, après avoir commencé de sonner le tocsin à l’Hôtel de Ville, le peuple se porta à l’église métropolitaine [à l’archevêché, N.D.A.] vers onze heures du matin et, s’étant fait ouvrir les portes des tours, il sonna le tocsin sur les cloches et le bourdon. D’autres montèrent en haut de la tour septentrionale et mirent en lambeaux le drapeau blanc dont les débris furent brûlés sur la place du parvis. Pendant ce temps, plusieurs jeunes gens au nombre desquels étaient les sieurs Caron, Alexandre Séghers et Simon Auzias, garçon tailleur, ayant fait une cotisation entre eux, achetèrent de la serge pour faire un drapeau tricolore qu’ils arborèrent sur la même tour. » Il signa, en date du 23 août 1830, un certificat en faveur de Lequin, Maxime, et qui attestait avoir avec lui posé un drapeau tricolore sur une des tours de Notre-Dame et y avoir sonné le tocsin. En 1832, il fit une lettre de réclamation au roi pour obtenir la décoration de Juillet et une place. Il dit avoir avec deux de ses camarades « posé le drapeau tricolore le 28 juillet 1830 sur les tours de Notre-Dame » et, le même jour, avoir versé son sang pour le soutien de sa patrie. Il ajoutait : « Votre Majesté doit se rappeler qu’elle m’a donné une audience le 11 septembre 1830 au cours de laquelle je lui ai demandé une place d’adjudant surveillant dans l’un des châteaux du domaine de la couronne […] et vous eûtes la bonté de me dire que ma demande était accordée. » Il eut sans doute des différents très sérieux avec Lavocat (voir Lavocat, Gaspard), membre de la Commission des récompenses nationales, qu’il dénoncera comme « un intrigant ». Il affirma à son sujet : « Je dois penser que ce peut être M. Lavocat qui peut m’avoir nui auprès de Votre Majesté. » Il avait même proposé à Lavocat de se battre mais Lavocat avait refusé, se laissant traiter de lâche par Auzias. On retrouve Auzias dans le cadre de l’attentat du 28 juillet 1835. Lavocat déposa en effet, le 4 août 1835, qu’il lui fut désigné par Fieschi, et avec Morey, comme un de ses ennemis qui avaient juré sa perte. Un rapport de police du 16 août 1835 dit à son sujet : « Un nommé Auzias, colporteur du Bon Sens et du Réformateur a constamment entretenu des liaisons intimes avec Morey. C’est un homme bien connu par l’exagération de ses opinions républicaines. Il demeure rue d’Austerlitz, dans la dernière maison à droite, vers la barrière des Deux-Moulins. » Interrogé, Auzias nia connaître Morey ou Fieschi mais reconnut avoir pu voir Morey, pour être passé devant sa porte. Dans une position tellement nécessiteuse selon l’administration, il fut compris dans la liste des décorés ou blessés de Juillet qui devaient recevoir une allocation en 1849 et reçut au titre de combattant, soixante-quinze francs, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 258, rue Mouffetard en 1830 ; 309, rue Mouffetard en 1831-1832 ; 13, rue d’Austerlitz, une chambre au deuxième étage en 1835 ; barrière de la Glacière, commune de Gentilly en 1849. Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 19 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 19 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives nationales CC/681 dossier Auzias ; Attentat du 28 juillet 1835, vol. 1, Cour des pairs, Paris, 1836, p. 366-367 ; Archives de la préfecture de police AA 398 in dossier Lequin, Maxime ; La Cité, juillet-octobre 1930, p. 229 ; Le Pillage de l’archevêché de Paris en juillet 1830, d’après un mémoire inédit du chapitre métropolitain, Limouzin-Lamothe, Revue d’histoire de l’Eglise de France, 1958, p. 75 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, lettre en date du 15 janvier 1849, idem lettre du 17 janvier. Voir Bonin. Il y a Archives de la préfecture de police AA 375 in dossier Brandon, Léon, un Auzias, qui signe, le 1er avril 1848, le certificat suivant en faveur de Brandon, Léon, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Nous, soussignés, certifions avoir vu le citoyen Brandon, dans les journées des 23 et 24 février, armé d’un fusil et défendant les barricades des rues Saint-Germain-l’Auxerrois, de l’Arche-Pepin, de la Monnaie et des rues de l’Arbre-Sec et du Roule. Nous attestons en outre l’avoir vu également à la prise du Palais-Royal, essuyant le feu de la troupe. »