Azur, Jacques, Abraham

Biographie


Né vers 1759 à Alzey (ex-département du Mont-Tonnerre). Ancien secrétaire du comité de sûreté générale de la Convention, il tenait le bureau de placement des ouvriers orfèvres, joailliers, bijoutiers, horlogers depuis environ 1800. Le 28 juillet vers 16 heures, à peine voulut-il sortir pour participer aux événements qu’il fut blessé d’une balle au bras gauche (sans doute sur le quai de la Mégisserie). Il reçut un secours de cinquante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut un total de cent francs de secours, entre le 8 octobre 1830 et le 10 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 29 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au bras du côté gauche, de la partie antérieure, inférieure et externe vers sa partie postérieure, cicatrisée sans aucune infirmité, sans aucune incapacité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Le 22 juin 1831, il se plaignit dans ces termes auprès du roi d’avoir été victime d’injustice de la part de la Commission des récompenses nationales : « […] Vous expose, Sire, que dès l’aurore de la révolution de 89, qu’il a embrassé de cœur et de sentiment, il a occupé des emplois et rempli des missions qui auraient pu le mettre à même de se garantir de la misère humaine. Peu ambitieux de la fortune, sa prévoyance n’a pas été aussi loin. Secrétaire du comité de sûreté générale de la Convention, il a rendu des services éminents à l’humanité, se contentant d’avoir fait une bonne action. Mmes Joséphine de Beauharnais, de Tourzel, de Valence, de Monaco, de Vienne et tant d’autres l’entouraient journellement pour leur procurer l’accès auprès des membres influents du comité, afin d’obtenir la liberté des Français auxquels on n’avait souvent d’autres reproches à faire que d’être riches ou nobles ; souvent son entremise leur a été utile, mais aussi son zèle le compromit : il fut dénoncé et congédié. Après bien des revers qu’il a éprouvés par la vicissitude des événements, il a adopté un état indépendant des orages des temps, quoique d’un produit médiocre, non salarié, et qu’il exerce depuis près de trente années. C’est celui de tenir le bureau spécial de placement des ouvriers orfèvres, joailliers, bijoutiers, horlogers et autres métaux, place qui a été créée en vertu de la loi du 22 germinal an II relative aux manufactures, fabriques et ateliers. Ni le fracas de l’Empire et moins encore la léthargie de la Restauration ne l’ont fait sortir de cet état obscur auquel il s’était consacré. Il y vivait. Arrivent les événements de Juillet. Son sang qui bouillonnait pour la liberté lui fit prendre la résolution de payer de son corps pour la conquérir. Il sortit le 28 vers les 4 heures du soir pour se rendre dans le quartier où le combat était engagé. Mais à peine avait-il fait quelques pas qu’une balle l’atteignit au bras et le mit ainsi dans l’impossibilité d’exécuter sa résolution. Tous ces faits ont été judiciairement constatés et déposés par l’exposant à la Commission des récompenses nationales. Ses réclamations, ses droits ont été méconnus de la manière la plus insolite et avec l’arbitraire le plus révoltant de la part de monsieur le commissaire délégué par la Commission des récompenses nationales pour le IVe arrondissement, qu’il habite (M. Delanoy) ; non seulement on ne lui a pas tenu compte de sa volonté bien constatée de prendre part au combat et qui lui donne droit à une récompense ou du moins à une indemnité proportionnelle mais même on a usé envers lui avec une prévention marquée par le fait même de sa blessure dans la distribution provisoire de secours qu’on a accordés. De tous les blessés de Juillet, il est celui qui a été le plus maltraité par M. le commissaire. Mais pourquoi ? Ah ! J’hésite à le dire ; c’est par une prévention des plus injustes, des plus calomnieuses, parce que, dit-il, j’étais attaché à la police. C’est sous le poids de cette prévention et surtout depuis qu’il a osé élever la voix contre son oppresseur que l’exposant a été privé de toute participation aux avantages que la loi accorde aux blessés de Juillet et de tous secours ultérieurs. Pourtant il est âgé et infirme, il souffre ; son état est anéanti par les événements auxquels il a contribué de cœur et d’action ; le défaut du commerce, la cessation de la fabrique rendent l’emploi des ouvriers nul et entraînent la ruine de son établissement. Dans cet état de choses, il en appelle à vous, Sire. Il en appelle au père de la patrie, qu’une enquête la plus sévère soit faite sur sa conduite morale et politique, sur ses sentiments et sur le mérite de ses actions de juillet. S’il est un imposteur, s’il calomnie, qu’il soit puni. Si sa réclamation est conforme à la vérité, s’il est calomnié, que justice lui soit rendue. » Il lui fut répondu que sa demande était présentée trop tardivement et que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés. En 1830, il était veuf et père de trois enfants. Il mourut en janvier 1835. Son inventaire après décès, selon les Minutes et répertoires du notaire Robin, Auguste, Louis, depuis le 10 février 1827 jusqu’au 10 décembre 1840 (sources du Minutier central des notaires de Paris) fut fait à la requête de Schinler Jacques Antoine et de Azur Jacqueline Constance, son épouse, demeurant 8, rue de la Poterie, et 5, place du Chevalier du Guet, de Jonglaix Auguste Ambroise et Azur, Hyacinthe Zélie, son épouse, demeurant 1, rue aux Ours, et de Azur, Louis Abraham Hyppolite, demeurant 40, rue d’Aiguillon, à Brest (29). Il demeurait 24, quai de la Mégisserie en 1830-1835. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 8 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 8 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe.

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