Bachellier, Pierre, Prosper

Biographie


Né vers 1786. Marchand de vins et traiteur, sergent dans la garde nationale depuis 1814 jusqu’à sa dissolution. Le Constitutionnel, en date du 5 août 1830, retraçait ainsi sa conduite : « Le capitaine Visto (voir ce nom), retraité et sexagénaire, a rendu un immense service en s’emparant, à la tête des habitants du quartier Saint-Marceau, de la poudrière du boulevard de l’Hôpital. Le sergent Bachelier (sic) l’a dignement secondé en faisant distribuer avec l’ordre et les précautions nécessaires, des poudres aux défenseurs de la patrie. » Marjollin, Antoine, dans le récit qu’il fit de sa propre participation aux combats donnait les indications suivantes sur Bachellier : « […Pendant le pillage des poudres à la poudrière de La Salpêtrière] Je me chargeais d’une caisse, que je transportais, et une partie des hommes présents en firent autant et bientôt le poste fut plein de caisses et de barils, au point que nous ne savions où les mettre, et nous choisîmes le violon pour les recevoir. J’en distribuais avec M. Bachelier, sergent du poste, à peu près dix à quinze caisses et barils à tous les hommes qui nous déclarent vouloir aller combattre […]. » Vers le mois de février 1831, Bachellier adressait la lettre suivante au roi : « Sire,

»Le soussigné à l’honneur d’exposer à Votre Majesté que, par suite de la stagnation du commerce qui dure depuis plusieurs mois, il s’est vu dans l’impossibilité de supporter les charges de l’établissement de marchand de vin traiteur qu’il exploitait au hameau des Deux-Moulins, commune d’Ivry-sur-Seine et qu’il a été obligé de le fermer après y avoir demeuré quinze années et s’y être toujours conduit comme il convient.

»Que, par suite des pertes qu’il a essuyées, il s’est trouvé réduit à se placer garçon de cave chez un marchand de vin mais que le faible salaire qu’il obtient ne peut lui suffire pour élever sa famille.

»L’exposant est la même personne qui, le 27 juillet, averti par la rumeur publique que des malveillants se disposaient à piller la poudrière située près de la barrière d’Ivry, a spontanément mis son uniforme de sergent de l’ancienne garde nationale pour réunir différents citoyens à défaut de troupes régulières et avec leur secours disperser les pillards, s’emparer du magasin de poudre et en expédier, sur la demande des autorités, dix voitures à l’hôtel de ville et à la caserne de Babylone. Ces faits sont consignés dans le journal Le Constitutionnel du 5 août et les bons qui attestent l’emploi des poudres ont été remis au général Lafayette et au colonel Fabvier qui les ont transmis à la Commission municipale.

»En les retraçant à Votre Majesté, le soussigné pense vous justifier qu’il sait se dévouer entièrement au bien public et que si vous daignez, Sire, prendre en considération l’état d’infortune dans lequel il se trouve placé par suite des événements de Juillet et lui accorder un emploi quelconque, vous aurez tout lieu de compter sur sa fidélité et son dévouement à votre auguste personne et à votre gouvernement paternel. » La lettre était accompagnée d’une apostille du maire du (ancien) XIIe arrondissement, qui le recommandait comme un homme « dont la conduite a toujours été honorable comme citoyen et comme garde national » et dont la position pénible méritait d’être protégée ; et par le sous-préfet de Sceaux, qui le présentait comme « digne de recevoir les bienfaits de Sa Majesté » et comme quelqu’un qui avait su « mériter l’estime de tous les concitoyens ». Le général Lafayette attestait la remise de la poudre, par un reçu qui fut transmis à la Commission des récompenses nationales. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux (sous le nom de Bachelier, Pierre, Prosper sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il délivra, le 31 août 1830 et en tant que sergent du poste de la barrière des Deux-Moulins dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, le certificat suivant en faveur de Rafeau, Jean (voir Raffauld ou Raffault, ou Rafeau, ou même Riffauld, Jean), et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je soussigné et certifie que le nommé Jean Rafaut, demeurant à la barrière d’Ivry chemin de ronde n° 1, a accompagné une voiture de poudre à la Bourse et de plus a porté de la Salpêtrière trois barils de poudre […] plus a monté la garde les 27 et 28 juillet 1830. » Il apostilla, le 24 septembre 1831 et comme « sergent du poste dans les trois jours de Juillet », un certificat en faveur de Goujet, Jean, et attestait que ce dernier avait « coopéré à l’enlèvement des poudres du boulevard de l’Hôpital ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Bachelier, Pierre, Prosper), auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était courtier en vins en 1849-1850. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Bachellier demeurait 54, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1831 (mais à Ivry sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; aussi à Ivry dans le certificat quil signe in Archives de la préfecture de police AA 390) ; 38 boulevard de la Contrescarpe en 1849-1850 ; 11, rue de la Planchette-Saint-Antoine en 1851 ; 13, rue des Terres-Fortes-Saint-Antoine en 1852. Le Constitutionnel, 5 août 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 in dossier Rafeau, Jean ; Archives de Paris VK3 41 (le dossier est au nom de Bachelier mais il signe bien Bachellier) ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Marjollin, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 7 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Bachelier demeurant aux Deux-Moulins en 1830) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Bachelier, Pierre, Prosper), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Bachellier, Pierre, Prosper), idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 (sous le nom de Bachellier, Pierre, Prosper) ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Gouget, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Raffauld ou Raffault, Jean.

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