Bacoulon, Jean, Antoine
Biographie
Né le 24 mars 1788 ou le 14 mai 1788 (deux certificats d’indigence à ces deux dates différentes) à Arc (Doubs). Lieutenant au 67e de ligne en 1831. En 1844, il sollicita un secours et un emploi, précisant : « […] Ex-officier au 67e régiment de ligne, retiré en France de la campagne d’Afrique en 1831, sans traitement qu’un léger secours annuel de soixante francs, que M. le ministre de la Guerre a bien voulu lui accorder. […] Il fut assez heureux, le 12 janvier 1831, de parvenir à dissiper une foule d’individus qui encombraient votre palais royal, en se mettant de suite à leur tête pour les conduire à Alger ; il reçut à cet effet une feuille de route au ministère de la Guerre et il prit le commandement en qualité de lieutenant. Trois mois après son arrivée à Alger, on forma le 67e régiment et il fut maintenu dans son grade. Par un événement fatal, il fut forcé de rentrer en France par la maladie et la mort de son épouse. Depuis cette époque, il n’a pu reprendre du service. Il peut ajouter aussi que, dans les trois journées de Juillet, il fut constamment au feu, ainsi qu’il peut en justifier par des certificats authentiques. »Une apostille inscrite par l’administration sur son dossier faisait état qu’il n’était pas porté sur le travail de la Commission des récompenses nationales, qu’il était passé au bureau, qu’il était « très malheureux » et ajoutait : « Il certifie n’être pas l’individu porté aux renseignements comme ayant été condamné à trois mois de prison. » En 1846, sa demande était appuyée par Cordier, député du Jura. Il reçut un secours de quarante ou cinquante francs en 1846. Le 14 mai 1846, il retira les pièces suivantes qu’il avait confiées à l’administration : un certificat du 67e de ligne, en date du 8 janvier 1840 ; une lettre de service adressée à lui par le lieutenant général de Lacroix baron de Boegard (voir Lacroix de, baron de Boegard, Irénée), commandant la division des Volontaires parisiens, en date du 29 décembre 1830 ; une lettre adressée par Bacoulon au général Lafayette et apostillée par le général Gourgaud. Il sollicita des secours en 1847. Sa demande était de nouveau appuyée par Cordier, député du Jura. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Ouvrier menuisier, âgé de quarante ans, veuf sans enfant, demeure en garni rue du Faubourg-du-Temple n° 64. Son travail ne peut, assure-t-on suffire à ses besoins et on dit qu’il est allé à Lons-le-Saulnier pour solliciter des secours de sa famille, qui habite ce pays. Il a été condamné à trois mois de prison pour abus de confiance par jugement du tribunal de la Seine du 7 mai 1835 (voir plus haut). » Deux certificats attestaient de sa participation à la Révolution de Février. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Bacolon, ancien lieutenant au 67e de ligne, décoré de Juillet, s’est trouvé avec nous pendant les journées des 23 et 24 février dernier dans les attaques les plus périlleuses, telles qu’à la place du Palais-Royal, pour la prise du château d’eau, aux Tuileries et autres endroits. Il s’est comporté partout en bon patriote et a fait preuve de courage et de dévouement à la cause de la liberté. » Signé, le 10 mai 1848 : Colombier, demeurant 37, rue des Fossés-du-Temple ; Royer, demeurant 18, rue du Grand-Prieuré ; Laire, demeurant 36, rue des Fossés-du-Temple ; Houaisseau, demeurant 41, rue des Fossés-du-Temple ; Bouniol, Achille, caporal de la garde nationale, demeurant 34, rue des Fossés-du-Temple ; Ricaux, demeurant 36, rue des Fossés-du-Temple ; Colombier jeune, demeurant 19 bis, rue du Grand-Prieuré ; Chartier, sergent au 12e bataillon de la garde mobile. Le second, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Bacoulon, ancien officier au 67e de ligne, décoré de Juillet, s’est bien distingué dans nos dernières journées de Février. Il est à notre connaissance que le 24 au soir, en revenant des Tuileries, ledit Bacoulon a commandé le poste de la barricade de la rue Charonne n° 36, et qu’il a fait exécuter un service bien organisé pour le maintien de l’ordre et la sécurité du voisinage. Nous nous plaisons à le féliciter de son dévouement à la cause de la république. Malgré son âge de cinquante-neuf ans il est très exact à son service de garde national, voulant jusqu’à la fin être utile à son pays. » Signé, le 25 mai 1848 : Guichot, capitaine de la 6e compagnie du 1er bataillon de la VIIIe légion ; Villain, capitaine, commandant de la 6e compagnie du 1er bataillon de la VIIIe légion ; Bourdillat, sergent de la 6e compagnie du 1er bataillon de la VIIIe légion. Il reçut un secours de quarante francs en 1848. En 1849, dans une position « plus que précaire », il sollicita un secours. La police donna comme renseignement sur son compte qu’il était « dans une position malheureuse » et qu’on avait de « bons renseignements sur sa conduite morale et politique ». Il reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de combattant de Juillet, trois secours de quarante francs en 1851, un secours de quarante francs en 1852, un secours de quarante francs et un autre de cinquante francs en 1853. En 1855, âgé de soixante-sept ans, journalier mais trop âgé pour « gagner assez par son travail pour subvenir aux plus nécessiteux besoins de la vie », inscrit au livre des pauvres du (ancien) VIIe arrondissement, il sollicita un secours et obtint cinquante francs. Il reçut un secours de quarante francs en 1856, un secours de quarante francs en 1857, un secours de quarante francs en 1858, un secours de quarante francs en 1859. Il demeurait 7, rue des Trois-Couronnes chez M. Charousset en 1844 ; 36, rue des Fossés-du-Temple en 1847 ; 29, rue de Charonne puis 2, rue de Dieppe à partir du mois d’août en 1849 ; 32, rue de Charonne chez M. Dumas en 1851 ; 11, passage d’Isly, chez M. Bellot, en 1851 ; 15, rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine, chez M. Poulain, en 1851-1856 et pourtant 85, rue Saint-Laurent à Belleville chez M. Goutorbe en 1852 in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 et aussi en 1853 in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 278-279. Archives nationales F/15/4240; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 88, 89, idem Ministère de l’Intérieur, Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de 1851 (secours à divers titres), en date du 23 février 1851, minutes 167-169, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852, idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853.