Baignères, Louis, Alexandre
Biographie
Né le 30 mars 1797 à Paris. Agent de change. La chronique de l’époque relatait ainsi sa participation à la révolution de Juillet : « Sur la rive droite de la Seine, M. de Laborde (voir Delaborde, Alexandre, Louis, Joseph), a été un des premiers à accepter, le 29, un commandement de la garde nationale. Il s’est mis à la tête de la légion du deuxième arrondissement et lui a assigné le manège, rue Cadet, pour rendez-vous. A l’instant, trois compagnies s’y sont formées et ont nommé leurs officiers. L’une d’elles, commandée par le capitaine Servatius (voir Servatius, Mathias), avait en tête, pour soldats, MM. Ferrère-Laffitte (voir ce nom), Eug. Laffitte (voir Laffitte, Charles, Pierre, Eugène), Ad. Laffitte, Morlot (voir Morlot de Wengy, Alexandre), Bainière, agent de change, et Larreguy (voir Larreguy, François), banquier, l’un des collaborateurs du Journal du commerce ; de braves artisans et de simples ouvriers les suivaient. Elle s’est aussitôt rendue à l’entrée du faubourg Montmartre, qu’on lui avait désignée comme position, en attendant de nouveaux ordres. Là, deux ordres différents n’ont pas tardé à arriver à son capitaine, qui en a donné aussitôt lecture à sa compagnie. “Vous le voyez, mes camarades, a dit en finissant M. Servatius, d’un côté on nous ordonne de rester dans notre arrondissement, et de rentrer chez nous en attendant un nouveau rappel ; de l’autre on nous demande du secours sur un point où on se bat ; que voulez-vous faire ?” Le cri unanime au feu a répondu aux paroles du capitaine ; la compagnie a suivi un élève de 1’Ecole polytechnique, qui était chargé de diriger les renforts vers le Théâtre-Français. Elle y est arrivée, au moment où quelques braves venaient de s’emparer vaillamment d’une pièce de canon. Ceux qui l’avaient prise étaient à cheval dessus et traînés en triomphe. Les femmes l’avaient couverte de fleurs. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Baigneren, Louis, Alexandre), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il épousa Laffitte, Cacilde, Mélanie, nièce du banquier Jacques Laffitte (voir ce nom). Ils eurent pour enfant Henri, qui épousa Boilay, Laure, Marie, Albertine, le 19 janvier 1863 à Paris ; cette dernière, sous le nom de Laure Baignères, tint un salon parisien renommé où elle recevait le tout-Paris des années 1880-1900. Il mourut en 1873. Il demeurait 21, rue Laffitte en 1831. Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 145-146 (sous le nom de Bainière) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement. Dans Archives nationales F/1dIV/B/1 il y a un Baignères, Edmond, Alexandre, sous-lieutenant à la 4e compagnie du 3e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, demeurant 58, rue de Clichy en 1849, qui sollicite la décoration de la Légion d’honneur pour avoir été blessé d’un coup de feu à la jambe en combattant l’insurrection, le 23 juin 1848. Aucun rapport a priori.