Baillet, Charles cadet

Biographie


Né le 20 frimaire an XI (sous les prénoms de Jean, Charles) à Brescia (où son père était maître cordonnier au 67e régiment d’infanterie de ligne), fils de Baillet, Etienne, Germain, cordonnier, et de Devallé, Marie, Jeanne. Porteur à la poste. Il fut une des victimes des affrontements qui eurent lieu dans la ville de Nîmes entre les partisans du nouveau gouvernement (très souvent des protestants, et parfois des libéraux), et ceux de l’ancien (généralement catholiques), vers la fin du mois d’août 1830. Ces affrontements causèrent la mort de six protestants et de deux catholiques ; furent blessés, dont plusieurs dangereusement, dix-huit protestants ou libéraux et cinq catholiques ; furent battus dix protestants et deux catholiques. Le préfet du Gard, dans le travail de la Commission des récompenses nationales, constatant la continuation d’un mauvais esprit à l’égard du nouveau gouvernement, pensait que les blessés devaient être seulement secourus pécuniairement mais non décorés et précisait : « Une décoration de Juillet à des hommes de la populace de Nîmes serait un sujet continuel de danger pour eux et peut-être, dans un jour de troubles, un arrêt de mort. » Il fut blessé d’un coup de feu qui lui fractura le tibia gauche. Ne pouvant plus marcher qu’avec des béquilles, il était porteur d’un certificat d’indigence. La baronne de Chabaud suivait les intérêts de Baillet, Charles et s’inquiéta de l’avancée de son dossier. L’Etat des victimes des troubles de Nîmes pendant le mois d’août 1830, dressé par la Commission des récompenses nationales, rapportait à son sujet : « Agé de vingt-huit ans, retiré du service, cordonnier à défaut d’autre occupation. L’os du bas de la jambe brisé par un coup de feu. Marié, il n’a qu’une fillette. Cet homme sera longtemps hors d’état de travailler. Un secours pendant la durée de sa maladie, une pension s’il ne guérit pas et un emploi dans les postes ou la police, s’il revient à la santé, paraissent convenables. Il est sans fortune. » Il était père d’une fille, Céleste, née le 11 septembre 1822, de son épouse légitime, Legaud, Julie dite Elisabeth, née le 17 thermidor an II à Nîmes, qu’il avait épousée le 3 novembre 1821 à Nîmes et fille de Legaud, Jean et de Sabran, Pierrette. Il fut pensionné de cinq cents francs. Il était le frère de Baillet, François. Il demeurait à Nîmes en 1830. Archives nationales F/1dIII/79, dossier Gard.

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