Baillet, Philibert, Guillaume
Biographie
Né le 18 mai 1806 à Avallon (Yonne), de Baillet, Edme, Alphonse, artiste danseur, et de Lehenry, Marie-Louise, son épouse. Serrurier. Il fut blessé d’un coup de feu reçu au côté droit (mais parfois à la jambe droite), à l’attaque du Palais-Royal, le 29. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, médecin inspecteur des eaux minérales, membre du conseil de salubrité et médecin du bureau de charité du (ancien) Ve arrondissement, certifie que M. Baillet, Philibert, Guillaume a été blessé le 29 juillet 1830 par un coup de feu qui lui a traversé l’épaisseur des muscles du flanc droit et que je lui ai donné tous les soins nécessaires à sa guérison depuis l’instant où il fut blessé jusqu’au 15 septembre, époque où il fut guéri. » Signé, le 10 juin 1831 : Beaude. On trouve aussi le témoignage suivant : « Baillet, Philibert, Guillaume, né à Avallon, département de l’Yonne le 18 mai 1806 et depuis longtemps domicilié à Paris, s’est trouvé à toutes les affaires des journées des 27, 28 et 29 juillet dernier et s’y est comporté avec la plus grande bravoure. Blessé le 29 juillet à l’attaque du Palais-Royal d’un coup de feu qui lui a traversé les muscles du flanc droit, il a été rapporté à son garni rue Saint-Denis par deux des soussignés, qui combattaient à ses côtés. M. Beaude, docteur, lui ayant porté ses secours joint ici sa signature. Tous, nous réclamons pour lui le bénéfice de l’ordonnance du 26 août dernier, obligé de renoncer à son état trop pénible pour lui […]. » Signé : Beaude, médecin, demeurant dans le quartier Bonne-Nouvelle ; Landry, demeurant dans le quartier Montorgueil ; Roby, demeurant dans le quartier de la porte Saint-Denis ; Gaillac, demeurant dans le quartier Bonne-Nouvelle ; Prudhomme, demeurant dans le quartier Montorgueil. Il était célibataire mais ses parents, avancés en âge, étaient peu aisés et avaient encore dix enfants vivants. Baillet reçut un secours de vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut un secours de cinquante francs, le 1er septembre 1830, un secours de trente francs, le 24 septembre, un secours de cent cinquante francs, le 16 novembre 1830, un secours de vingt-cinq francs, le 16 juin 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er juillet 1831, un secours de cinquante francs, le 1er août 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er septembre 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 1er octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. La mairie reprenait ainsi les avis médicaux sur la nature de ses blessures : « Coup de feu qui a contourné la crête de l’os des îles et a froissé cet os. Il reste de la douleur et un peu de gêne dans les mouvements du membre inférieur droit. » Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu, qui a traversé d’avant en arrière le flanc du côté droit ; blessure cicatrisée mais avec gêne et difficultés dans les mouvements. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de quatre cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de soixante-quinze francs. Il reçut un secours de cinquante francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il sollicita une place de commissaire d’octroi à Auxerre (Yonne), où son père travaillait à la préfecture (son père, danseur jusqu’en 1806 avait neuf années de service militaire). En janvier 1848, père d’une famille de trois enfants en bas âge, sa femme malade à la suite de ses couches, sans occupation depuis plusieurs mois, « réduit à une affreuse misère, n’ayant pour ressource depuis quatre mois que sa faible pension pour subvenir aux besoins de sa famille […], son fils aîné âgé de seize ans ne pouvant encore rien gagner pour cause de myopie et qui malheureusement lui sera encore longtemps à charge », il sollicita un secours en espérant trouver rapidement un emploi de serrurier en bâtiment. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié et père de quatre enfants, est ouvrier serrurier et concierge depuis dix-huit mois rue et île Saint-Louis. Il jouit d’une bonne réputation et se trouve dans une position peu aisée, étant assez souvent malade et alité. Sa place de concierge ne lui rapporte que cent quarante francs de gage. » En février 1848, il ajoutait que sa femme venait d’accoucher d’un enfant hydropique, mort en naissant et qui l’avait laissée malade. Il demeurait 342, rue Saint-Denis, en garni, en 1830-1831 (à Auxerre en novembre 1830, est-il indiqué sur les listes de la mairie, mais de nouveau 342, rue Saint-Denis en juin 1831) (mais 212, rue du Faubourg-Saint-Martin in Archives nationales F/1dIII/35 B, parfois in Archives de Paris AP VD6 356 n °5 et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc. ; bien 342, rue Saint-Denis à l’ouverture de son dossier in Archives de Paris VK3 48 et in Archives nationales F/1dIII/38 A) ; 72, rue Saint-Louis-en-l’Ile, où il était portier, en 1848. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 50 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 102 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 6 ; Archives de Paris VD6 91 couverture du dossier Turge, Juste, Nicolas ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, Liste de diminution de capacité, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (blessés pensionnaires), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des blessés, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives de Paris VK3 48 (couverture du dossier Mondoux, Marguerite) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 16 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à la pension (cahier de trente-deux blessés) ; Archives nationales F/1dIII/43 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives nationales F/15/4240.