Balduc, Louis
Biographie
Né vers 1806 à Poigné (Yonne). Professeur ou instituteur. Il sollicita, en août 1831 (soit beaucoup trop tard), la décoration de Juillet, dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales. Il rappelait ainsi sa conduite : « Il fut le 28 à l’Hôtel de ville et au pont d’Arcole. Le 29, il était au Louvre ; partout, il a montré un courage héroïque et s’est conduit en brave. Il n’eut pas craint d’exposer sa vie en combattant pour la liberté de son pays. » Il joignait trois certificats à sa demande. Le premier, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu, le 28 juillet, le sieur Balduc, à la prise de l’Hôtel de ville, ensuite au pont d’Arcole. Le 29, faisant des cartouches place de l’Odéon, il vint me trouver et me demanda si je voulais venir me battre au Louvre. Je lui ai dit que j’allais à Babylone, il partit pour le Louvre. » Signé, le 13 août 1831 : Regnault (voir Regnault, Louis, Denis), âgé de dix-huit ans, garçon boucher, demeurant à Sceaux en juillet 1830, rue de Sèvres en 1831. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Charles, Georges Guyot, avoir vu le sieur Balduc, Louis, le 28 juillet au quai aux Fleurs, revenant du Pont-Neuf. Je le suivis et nous allâmes à l’Hôtel de ville, où les Suisses, m’a-t-il dit, l’attendaient. En effet, en arrivant, il se battit en brave, car il avait un fusil et des cartouches dans un mouchoir. Je le perdis dans la mêlée. Le 29, nous nous sommes trouvés ensemble au Louvre ; il pouvait être 2 heures. Je restais à ses côtés près d’un quart d’heure et je le perdis dans la mêlée. En foi de quoi, je lui délivre le présent certificat, pour prouver qu’il s’est battu en brave et qu’il mérite la récompense. » Signé : Guyot, Charles, Georges (voir ce nom), demeurant à Bourg-la-Reine en 1831. Le troisième, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu le sieur Balduc, place de l’Odéon, armé d’un fusil, disant si je voulais le suivre. Aussitôt nous nous mîmes en marche pour le Louvre ; c’était alors le 29 à 1 heure à peu près. Là, je le vis se battre comme un brave Français. Il ne quitta la place que lorsque le peuple entra de vive force ; ensuite, je le perdis de vue. » Signé, le 13 août 1831 : Julien (voir Julien, Louis, Désiré), maître de danse, demeurant à Sceaux depuis huit mois. Il signa, le 13 août 1831, le certificat suivant en faveur de Julien, Louis, Désiré, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie avoir vu le sieur Julien, place Saint-Germain-l’Auxerrois, le 29 juillet 1830, défendant sa patrie. Il était alors armé d’un fusil. Il fut atteint d’une balle morte, qui a traversé sa redingote. Elle peut encore servir de preuve convaincante. Il s’est montré un des premiers à la prise du Louvre. Il est entré de vive force avec tous ses compatriotes. Il s’est conduit pendant cette affaire d’une manière digne d’éloge. » Il signa, le 11 août 1831, le certificat suivant en faveur de Regnault, Louis, Denis, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je soussigné, certifie Louis, Balduc, professeur à Sceaux-Penthièvre, avoir vu le sieur Regnault, le 28 juillet à l’Hôtel de ville, en faisant l’attaque. Je le vis ensuite tirailler le long des quais adjacents au pont d’Arcole. Le 29, je l’ai vu faire des cartouches à l’Odéon, où je lui ai parlé ; ensuite nous nous sommes quittés pour aller nous battre. » Balduc demeurait 5, rue du Marché (mais place de l’Eglise in Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Regnault, Louis, Denis) à Sceaux en 1830. Archives de la préfecture de police AA 371 (le dossier est au nom de Balduc, Jean-Louis) ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Julien, Louis, Désiré ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Regnault, Louis, Denis.