Baleguer, Martial
Biographie
Né le 5 février 1807 à Mayenne (Mayenne), fils de Ballegner, Jacques, François, et de …auvre…, Jeanne, Charlotte. Exempté du service militaire pour défaut de taille. Doreur. Après la révolution, il avait été forcé de partir en province, faute d’ouvrage ; il pensait recevoir une lettre de la Commission des récompenses nationales pour le convoquer sur l’examen de ses droits à une récompense nationale. Quand il rentra il était trop tard pour faire valoir ses droits. Il écrivit alors à la Commission des Réclamants, sise de la rue Bourg-Labbé, et donnait le récit suivant de sa participation aux combats : « […] Du nombre des quatre qui enfoncèrent les portes du Dauphin, j’eus le bonheur de trouver environ cent paquets de cartouches en bas de l’avenue du quai et de prendre soin d’un militaire blessé dans le poste du jardin et de sauver la vie à un autre après l’avoir fait se rendre, en montant, le premier et seul, dans la maison rue Saint-Honoré n° 226 d’où ils tiraient, avoir bravé leur feu le long de la rue Saint-Nicaise. J’en ai longtemps conservé le fusil, que je n’ai pu refuser en acquittement d’une dette […]. Il joignait plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu, le jeudi 29 juillet rue Saint-Martin, en face de la rue Grenetat, le nommé Martial Balegner, revenir du Palais-Royal, armé d’un fusil, et la bouche et les lèvres toutes noires d’avoir probablement déchiré des cartouches et la chemise noire de poudre à tirer et très abattu et très fatigué. Je lui ai demandé s’il venait de se battre contre la troupe. Il m’a répondu que je ne doutais aucunement de la vérité. Le connaissant très courageux et l’ayant occupé chez moi quelque temps avant cette époque et lui connaissant une exacte probité c’est pour quoi je lui ai délivré ce certificat qu’il m’a demandé pour lui servir en cas de besoin. » Signé le 6 décembre 1830 : Barbé, peintre en porcelaine, demeurant 21, rue de la Croix (le numéro n’est pas sûr). Le deuxième, ainsi rédigé : « Le 29 juillet 1830, aussitôt après le grand combat du Palais-Royal, près de notre domicile près du Chantre-Saint-Honoré, le jeune Martial Balegner arriva chez nous, défiguré par la fatigue et noir de poudre. Il était armé d’un fusil d’un garde royal, qu’il venait de faire prisonnier. » Signé : veuve Dutertre. Le troisième, ainsi rédigé : « Je certifie que le 30 juillet, sur les 4 à 5 heures du soir, je vis entrer chez moi, quai d’Orsay n° 21, le nommé Martial Balegner, jeune homme de mon pays et dont la bonne conduite est digne des plus grands éloges. Il était armé et faisait partie des braves des trois immortelles journées, qui se dirigeaient sur Saint-Cloud. Mon fils, jeune homme de seize ans, qui lui porte beaucoup d’amitié, voulut absolument l’accompagner. » Signé ; Dutertre, officier retraité. Le quatrième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, peintre en portraits, demeurant rue Saint-Dominique-d’Enfer n° 13, certifie que, faisant partie des citoyens qui se dirigèrent sur Rambouillet, j’y rencontrai, armé d’un fusil de munition, le sieur Martial Balegner, avec lequel je restais jusqu’à notre retour à Paris, ordonné par nos chefs. » Signé, le 2 juin 1831 : Pretextat Oursel. Il apparaît comme inculpé pendant l’émeute de 1834 (consulter Cour des pairs, procès politiques, volume 2, pp 123 et 180 et Archives nationales CC//596 d1 n° 5). Après la révolution de Février, il tenta de faire valoir ses droits auprès de la nouvelle Commission des récompenses nationales instituée après la révolution : « Depuis dix-neuf ans, j’ai toujours combattu pour la sainte cause du peuple. En 1832, je faisais partie de la Société des droits de l’homme. Courroux-Desprès, Armant (clerc de notaire à cette époque), Herman qui était élève à l’Ecole normale, le père Hanse, Adolphe Lamarre, Eugène Halot, Mousse rue Molay n° 3, Bruère marché des Patriarches n° 10 et Honoré Baude, rue de la Folie-Méricourt n° 18, me connaissent. En 1839, dans la Société des saisons, Larrieux était mon chef de groupe et Dorgal chef de quartier. Dans les journées de Février, j’ai combattu avec mes camarades Dorgal, Rabin, Bernicat, Gilmer, Rocarie, Delair et autres qui pourront l’attester. J’ai la conviction d’avoir toujours rempli mes devoirs de bon citoyen et fais le serment de mourir dans les principes de république démocratique, qui sont mon essence, ma nature. Veuf depuis quelques mois, avec trois jeunes enfants, privé d’occupation, par conséquent sans ressources, je sollicite à titre de récompense nationale, un emploi, quel qu’il soit, pour élever honnêtement ma famille. Je pourrais, citoyen, me procurer des certificats à l’appui de ce que j’ai l’honneur de vous écrire mais s’il vous plaît de faire prendre des informations sur ma conduite vous serez convaincu de l’exacte vérité. Citoyen, c’est avec une parfaite confiance en votre justice que j’attends votre décision. » Il signe Balegner, Martial (si c’est lui qui signe). Il était veuf et père de trois enfants en 1848. Il fut transporté après juin 1848 (selon une source généalogique internet). Il demeurait 35, rue de la Fontaine-au-Roi en juillet 1830, 22, rue de la Fontaine-au-Roi en 1831 ; 32, rue Lorillon à Belleville en 1848. Archives de la préfecture de police AA 371.