Baligner, François
Biographie
Né le 3 mars 1803 à Mayence (Allemagne). Etudiant en médecine. Odieuvre, L. J. B., lieutenant de la IIIe légion de la garde nationale, lui délivra un certificat attestant qu’il s’était présenté un des premiers au poste qu’il avait organisé le 28 juillet aux Petits-Pères, et qu’il y avait « fait le service en bon citoyen et avec le plus grand dévouement, en se portant avec les divers détachements […] envoyés au secours des défenseurs de la liberté, où il s’est montré d’une manière glorieuse et honorable ». Degousée, aide-de-camp du général Pajol pendant l’expédition de Rambouillet, signa un certificat en sa faveur, attestant qu’il avait soigné des blessés « au milieu des dangers » et participé à l’expédition de Rambouillet, pendant laquelle il avait fait preuve « du même zèle et du même dévouement que pendant les journées de Juillet ». Un certificat de Pagès (pas très lisible…), sergent commandant le poste à la caserne de la Nouvelle-France rue du Faubourg-Poissonnière, attestait que Baligner, lors de la reddition de la caserne « a été le premier à s’en rendre maître, et que, par les perquisitions qu’il a faites jusque dans les caves, il a pu distribuer un nombre considérable de fusils à ses concitoyens ». Lebœuf, Edmond (voir ce nom), élève de l’Ecole polytechnique, signa un certificat en sa faveur pour attester qu’il était « à l’affaire de Rambouillet, que je l’ai vu animé des meilleures intentions, et qu’il m’a prodigué à moi-même des soins empressés, dont je lui garderai une éternelle reconnaissance ». Barbier, notaire, lieutenant-colonel provisoire à la IIIe légion de la garde nationale, en août 1830, lui délivra, le 1er août 1830, un certificat de notoriété pour attester qu’il avait fait « partie du petit nombre d’hommes que j’avais sous mon commandement au poste de la caserne du faubourg-Poissonnière, jeudi dernier, et n’a pas peu contribué à empêcher avec moi l’envahissement de cette caserne par la multitude ». Baligner tint à apporter les précisions suivantes sur un fait duquel il avait été le principal antagoniste, qu’il ne pouvait « passer sous silence », mais sans qu’on en sache précisément l’issue : « Le jeudi 29, je marchais à la poursuite de l’ennemi. Déjà, il commençait à céder aux coups terribles que nous lui portions. Un détachement de gardes royaux s’était réfugié dans la maison du n° 226 et dans la maison du numéro voisin de la rue Saint-Honoré. Déjà, il y avait quelques instants que nous faisions de vains efforts pour l’en chasser. Fatigué du délai beaucoup trop long, je montai le premier l’escalier où je fis la rencontre d’un garde qui le descendait. Il fut le premier à m’annoncer qu’il se rendait ; je le sommai alors de me remettre ses armes ; il le fit sans aucune résistance. Ses mêmes armes furent données à mon jeune frère, qui en manquait et qui s’était attaché à mes pas. Le même garde, à peine désarmé, se trouva cerné par une foule d’individus qui voulaient le sacrifier à leur ressentiment. Ce malheureux était déjà foulé aux pieds, une épée même était levée sur lui ; il semblait attendre l’heure de sa mort. A cette vue, je crus qu’il était de mon devoir d’essayer de lui sauver la vie. Je représentai, à ce sujet, qu’il avait rendu les armes et que, eu égard à cela, il méritait que l’on usât envers lui des droits de la guerre. A peine avais-je prononcé ces mots qu’aussitôt je me trouvai éloigné par la foule. J’ai fait des démarches pour recueillir un [témoignage de ces faits, N.D.A.]. Je suis allé à Saint-Denis au dépôt, muni des signes particuliers du fusil, je savais d’ailleurs qu’il appartenait un soldat du centre. Je sus aussi allé à Chaillot à ce même sujet, mais mes démarches ont été infructueuses. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’ancien IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Ballegner, François), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 19, rue Bellefond en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) II arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement.