Ballieux

Biographie


Né le 16 avril 1795 à Seneffi ? (Hainaut). Combattant de Juillet à la « conduite courageuse », il fut convoqué par la Commission des récompenses nationales. Mais, parti se battre en Belgique, il ne put répondre à la convocation « attendu qu’il défendait sa patrie et servait de barrière aux Hollandais aux frontières ». Quand, par la suite, il demanda la Croix de Juillet, il lui fut objecté qu’il était trop tard. Il protesta de la réponse qu’on lui faisait : « Parce […] que j’étais sur les frontières de Hollande, à défendre ma patrie, je serais privé de la récompense glorieuse que j’ai méritée. » Il avait reçu la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement (sous le nom de Balheux sur les listes du Moniteur universel et sous celui de Bailleux sur la liste supplémentaire de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Son frère, Ballieux, Augustin (voir ce nom), fut tué en juillet 1830 et laissa une femme et quatre enfants, pour lesquels Ballieux tenta de faire valoir les droits aux pensions que le gouvernement accordait aux veuves et aux orphelins des citoyens tués pendant les journées de Juillet. Il adressa la lettre suivante à Melin, entrepreneur de peintures, demeurant 8, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Honoré, pour le représenter à Paris dans les différentes démarches à effectuer pour faire valoir les droits de la veuve de son frère et de ses enfants à une pension, et qui accepta d’être le fondé de pouvoirs des intérêts de la veuve et des orphelins : « M. Jolivet, officier dans le même corps que moi, m’ayant rapporté à son retour de Paris, une invitation de me présenter à la Commission des récompenses nationales et en ayant reçu cinq autres depuis, je viens, monsieur, après en être convenu avec mon camarade Jolivet, vous prier de me représenter près de ladite Commission et d’agir comme si j’y étais moi-même. A cet effet, j’ai l’honneur de vous transmettre la substance des demandes que j’ai faites à Paris, afin que vous soyez à même d’agir sans me consulter. Après la révolution de Paris, à laquelle j’ai pris une très grande part, je demandai à Sa Majesté une récompense honorifique pour souvenir de ma conduite dans les événements. Il me répondit de suite la lettre suivante : “Cabinet du roi. M. Ballieux, vous êtes prévenu que votre demande, étant du ressort de M. le ministre de l’Intérieur, vient d’être renvoyée au ministère de ce département pour y être statuée. Signé au Palais-Royal, le 17 août 1830.” Le 1er septembre 1830, j’écrivis la lettre suivante à M. le préfet de la Seine et qui est demeurée sans réponse : “M. le préfet, j’ai l’honneur de vous informer avec la plus vive illisible que MM. Flament, demeurant sur le boulevard Saint-Antoine n° 83, et Bernard, rue du Chemin-vert n° 12, tous deux marbriers, viennent de m’informer que se trouvant avec mon frère Ballieux, Augustin, instituteur à Rouveroy, royaume des Pays-Bas, qui était venu me voir sur la place de Grève, le 28 juillet 1830, il fut atteint d’un coup de feu et aussitôt relevé par ceux qui emportaient les blessés et que depuis cette époque ils avaient parcouru les hôpitaux et les listes de blessés en vain pour le retrouver, et s’étant adressé à M. Pressat, membre de la Commission instituée pour recueillir les faits mémorables des journées de juillet 1830 il leur avait été conseillé de m’en faire l’aveu et de m’adresser à M. le préfet afin qu’il puisse le faire chercher parmi les conquérants de cette grand victoire. Veuillez donc s’il vous plaît, M. le préfet avoir la charité de faire prendre tous les renseignements possibles pour retrouver ce père de famille, afin que je puisse porter quelques consolations dans son troupeau désolé.” Voyant que ne recevais pas de réponse de cette lettre, je pris la résolution de m’adresser au roi, en date du 17 septembre 1830. Voici la copie de la lettre : “Sire, le nommé Ballieux, Augustin, instituteur à Rouveroy, province du Hainaut, étant venu me voir à Paris pendant la révolution, se joignit avec les défenseurs de la patrie le 28 juillet dernier et fut atteint d’un coup de feu sur la place Grève, en présence de MM. Flament, marbrier sur le boulevard Saint-Antoine n° 83, et Bernard, aussi marbrier, rue des Trois-Couronnes. Ces deux messieurs ont parcouru les hôpitaux et les listes de blessés pour le retrouver jusqu’à la fin du mois dernier et s’étant adressés à M. Pressat, membre de la commission instituée pour recueillir les hauts faits de la grande semaine de juillet 1830, il leur a déclaré que cette partie ne le concernait pas, qu’il fallait m’en faire l’aveu et m’adresser au préfet de la Seine afin qu’il le fît chercher parmi les blessés ou les morts. J’ai l’honneur d’informer Votre Majesté, avec le plus profond respect que j’ai adressé à M. le préfet de la Seine, en date du 4 de ce mois et que je n’ai encore reçu aucune réponse, que ce Ballieux est mon frère, père de quatre enfants en bas âge et que sa femme, n’ayant aucun moyen de subsistance que le travail de son mari, se trouve dans la plus grande nécessité. Permettez-moi, s’il vous plaît, Sire, qu’un défenseur de la nation vienne supplier Votre Majesté d’ordonner qu’il soit pris des mesures légales pour constater la mort de ce brave, que je crois maintenant certaine et qu’il soit pourvu aux besoins les plus nécessiteux de sa famille.” Le roi a daigné me répondre de suite qu’il avait pris lui-même communication de la lettre que je lui avais adressée le 17 et qu’il l’avait renvoyée à qui de droit pour y être statué. D’après la réponse de Sa Majesté à ma première demande, je ne doute nullement que la faveur honorifique par moi réclamée me sera décernée en récompense de mon courage héroïque, comme notre gouvernement belge va décerner des étoiles d’honneur à ceux qui ont rendu des services à la cause de la révolution en conformité de leur arrêté du 14 janvier 1831. Dans le malheureux second cas et d’après la deuxième lettre de Sa Majesté, le gouvernement français est trop juste pour abandonner les enfants d’un homme qui a sacrifié sa vie pour la cause de la liberté d’un pays qui n’était pas le sien. Dans l’espoir, monsieur, que vous vous empresserez de vous rendre près ladite Commission pour vous entendre avec elle et que vous voudrez bien m’informer de suite de vos démarches et afin que puisse vous donner les renseignements que vous pourriez avoir besoin et que je puisse vous les fournir sans retard, je réclame votre indulgence dans ces expéditions et vous assure d’avance de ma plus grande reconnaissance. » En octobre 1831, dans une de ces démarches auprès du roi, il rappelait que la demande qu’il avait faite pour obtenir la croix était restée sans réponse « malgré que des officiers de notre régiment qui se sont battus avec moi sont revêtus de cette marque d’honneur ». En octobre 1831, il était officier au 2e régiment de chasseurs à pied, directeur de l’hôpital militaire de Charleroi. En 1836, il était lieutenant au 3e régiment d’infanterie de ligne à Ostende et sans doute titulaire de la décoration belge de la croix de fer. Il demeurait 12, rue du Chemin-Vert, en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 7 septembre 1830, envoi du 10 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/39 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement (sous le nom de Baillieux, faire le changement ?) et liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/43.

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