Barassat, François
Biographie
Né le 1er janvier 1786 à Suèvres (Loir-et-Cher). Ancien militaire « couvert de plusieurs et anciennes blessures au service de la patrie », devenu journalier ou tailleur de pierre. Il fut blessé d’un coup de crosse de fusil au genou, qui occasionna un épanchement articulaire, et de complications dans les parties molles environnantes. Il fut soigné à l’hôpital de la Pitié puis, à partir du 10 septembre 1830, à la maison de convalescence de Saint-Cloud ; il y reçut un pantalon, un bonnet de police, une paire de bas, une paire de souliers, une paire d’espadrilles, un habit, une paire d’épaulettes (qui semblent constituer un habit de garde national). Il marchait depuis lors avec des béquilles. Il expliqua, le 20 octobre 1830 dans une lettre adressée au roi, les circonstances de sa blessure : « Aux affaires des 27 et 28 juillet, ayant parcouru et combattu pendant ces deux journées dans plusieurs endroits différents, le dernier jour, 28, se trouvant sur la place de l’hôtel de ville, a été blessé au genou droit d’un coup de crosse de fusil, qui lui a enlevé la rotule du genou et le met hors d’état de jamais pouvoir se servir de ce membre. […] Le certificat du baron Dupuytren est déposé au ministère de la Guerre. [Il] supplie Votre Majesté de vouloir bien prendre sa position malheureuse en considération, ayant son épouse depuis longtemps malade, à ce qu’il lui soit délivré les secours accordés à chaque blessé, désirerait aussi qu’on lui accordât une place de concierge où il plaira à Votre Majesté, dont la demande a déjà été faite à S.M. le duc de Chartres à l’hôtel de convalescence des blessés de Saint-Cloud. » Le 28 mars 1831, selon un certificat médical délivré par l’hôpital de La Pitié, sa blessure n’était toujours pas guérie. Marié, il reçut un secours de soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Barassat, profession de tailleur de pierres, est entré chez moi le 29 et 30 juillet, étant blessé au genou droit et que je ne l’ai reçu que par commisération. » Signé, le 25 juillet 1831 : Planque, garçon marchand de vin, demeurant 19, rue Saint-André-des-Arts, cave Saint-Martin. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir remarqué le sieur Barassat, le mercredi 28 juillet vers les 3 heures et demie de l’après-midi, au coin de la rue du Mouton, armé d’un fusil et faisant feu sur les troupes qui se trouvaient sur la place. » Signé, le 9 mai 1831 : Antoine, Jean-Baptiste (voir ce nom), demeurant 24, rue du Foin-Saint-Jacques. Le troisième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie pour mon compte que le nommé Barassat demeurant chez moi lors des affaires de Juillet et que pendant les trois journées de Juillet il n’est pas rentré à la maison. » Signé, le 9 mai 1831 : Julin, N., marchand de vin, demeurant 33, rue de la Juiverie. Le quatrième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que dans l’après-midi du 28 juillet dernier (mercredi), le nommé Barassat a été apporté à ma boutique et qu’il se plaignait d’avoir reçu une blessure au genou droit et qu’il est entré chez moi jusqu’au soir. » Signé le 9 mai 1831 : Masson ou Massan, marchand de vin, demeurant 37, place de l’Hôtel-de-Ville. Le cinquième, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu, dans la journée du 28 juillet, le nommé Barassat, qui était armé d’un fusil et faisant feu sur la troupe. J’ai rencontré le dit Barassat dans la rue du Mouton et sur la place de Grève ; il pouvait être 3 ou 4 heures de l’après-midi. » Signé, le 15 octobre 1831 : Carpentier (voir Carpentier, Louis, Auguste), combattant de Juillet, demeurant 10, rue de la Tannerie. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement et sans doute aussi par l’arrondissement de Sceaux. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 29 mars 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint d’avoir reçu par coup de crosse de fusil des contusions au genou droit, par suite desquelles une hydropisie chronique s’est établie dans cette articulation, infirmités qui devaient le faire ranger dans la troisième classe, s’il est prouvé qu’elles sont une suite de la cause indiquée par le malade. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint de contusions qui ont entraîné une incapacité durable mais incomplète d’un membre et qu’il doit être rangé dans la troisième classe des blessés. » Le 27 juillet 1831, il renouvelait sa demande auprès du roi, précisant « et lui seul, peut-être le plus mutilé, n’a pas eu de décoration ; on lui a fait espérer une pension et il se trouve dans le plus grand dénuement ». Le 7 septembre 1831, une lettre de la Commission des récompenses nationales et adressée au maire du (ancien) XIe arrondissement était ainsi rédigée le concernant : « J’ai l’honneur de vous prier au nom de la Commission de vouloir bien faire prendre des renseignements sur un sieur Barassat, qui a demeuré sur votre arrondissement, rue Saint-André-des-Arts, n° 19. Cet homme, dont la blessure est d’une origine équivoque, s’est depuis quelque temps domicilié dans le (ancien) IXe arrondissement, où il est inconnu. J’ignore quels motifs ont pu le porter à se présenter au jury comme blessé du (ancien) XIe et à donner une adresse qui l’a fait comprendre parmi ceux du (ancien) IXe. Il est à présumer que la crainte des renseignements l’y aura déterminé. » L’enquête faite ayant constaté que la cause des blessures avait une origine étrangère aux événements de Juillet, la Commission a, dans sa séance du 12 septembre 1831, rejeté la demande de pension. Mais le dossier d’examen de ses droits fut aussi instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Barassa) un secours de cinquante francs, le 18 octobre 1830, un secours de vingt francs, le 7 janvier 1831, et sans doute un secours de quarante francs, le 18 avril 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut une indemnité définitive de cent vingt francs. Il reçut, à ce titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il apostilla la demande faite, le 3 septembre 1831 auprès du roi, par Gros, Louis d’obtenir la Croix de Juillet, en récompense de sa participation aux combats de Juillet. Il demeurait à Saint-Mandé en septembre 1830 ; chez M. Sardon, débitant de tabac à Montrouge en 1830 ; 33, rue de la Juiverie en 1830-1831 ; 19, rue Saint-André-des-Arts en septembre 1831 in Archives de Paris VK3 48, in Archives de la préfecture de police AA 371 et dans toutes les sources relevant de la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; chez M. Julin, marchand de vins, 33, rue de la Juiverie en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 81, liste nominative du IXe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 117, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le seul nom de Barassa) ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VK3 41 (sous le nom de Barrassat, François, dit La Prudence) ; Archives de Paris VK3 48 (sous le nom de Marassat) ; Archives nationales F/1dIII/36 Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, où son nom est rayé comme n’ayant pas été admis à la pension et dossier indemnitaires classés et non classés ; Archives nationales F/1dIII/37 Récompenses nationales indemnitaires 1re classe, XIe arrondissement (en face de son nom est inscrite l’apostille Au IXe arrondissement), dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Barassa) et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (douze) citoyens rangés conditionnellement par le jury médical dans les blessés pensionnés ou indemnisés et rejetés par la Commission, attendu qu’il a été constaté que leurs blessures étaient le résultat de causes étrangères aux événements de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/43 (sous le nom de Barrassat, François, dit La Prudence) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, blessés de 1re classe et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 3 ; Archives de Paris AA 391 in dossier Gros, Louis.