Barbay, Charles, Baptiste

Biographie


Né vers 1790 à Bome sur le Rhin. Employé à l’octroi de Paris. Il combattit le 28 juillet 1830 toute la journée, rue et porte Saint-Martin. Le 29, à l’Odéon, il participa au désarmement de la caserne de la rue Mouffetard et ensuite à celle de la rue du Foin, une seconde fois à l’Odéon, de là aux Tuileries, près la rue de Juillet, et ensuite à la prise du Louvre et à celle du Théâtre-Français. Le 30, au Louvre, il aida à ramasser les morts puis à les enterrer, et à la Morgue aida à charger des cadavres sur un bateau, accompagna le bateau jusqu’au pont d’Iéna, et déchargea les cadavres. Atteint le 31, alors qu’il montait la garde rue Saint-André-des-Arts, d’une irruption cutanée à la figure, sans doute causée par la fatigue et le contact avec la putréfaction des cadavres, il fut admis à l’hôpital. Il resta malade, une première fois trois mois et demi, et une seconde fois presque six mois. Il reçut un secours de quinze francs le 21 août, un secours de trente-cinq francs le 24 août, un secours (sous le seul nom de Barbey) de vingt francs, le 31 octobre 1830, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re catégorie de la 2e classe auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut une indemnité définitive de cent vingt francs. Il reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de trois cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Victime autant de son absence pendant les travaux de la Commission des récompenses nationales que d’un quiproquo de l’administration de l’octroi qui réclama les pièces justificatives de ceux de ses employés qui s’étaient illustrés dans les trois journées, il ne fut pas compris dans les listes des décorés de Juillet. Le 1er août 1831, il fit une demande au roi pour obtenir la médaille de Juillet, expliquant qu’il avait été porteur de trois certificats qui constataient sa conduite dans les journées de Juillet, qu’une circulaire de la direction des Octrois avait demandé les certificats des employés qui s’étaient montrés dans les journées de Juillet, qu’il avait alors retiré ces certificats pour les envoyer à son administration qu’à sa sortie de l’hôpital il avait appris qu’il n’était compris dans aucune des listes de décorés. Sa demande était suivie des apostilles de : Favreul, marchand, propriétaire, demeurant 17, rue de la Parcheminerie (sic) ; Dury, marchand épicier, demeurant 20, rue de la Parcheminerie ; Gamain, demeurant 17, rue de la Parcheminerie ; Rhaimbaut, lieutenant de la garde nationale, demeurant 6, rue de la Parcheminerie ; Demanche, notaire, capitaine de la garde nationale, demeurant 7, rue Saint-Séverin. En 1831, il réclama une décoration qu’il pensait « avoir méritée » et déposa un dossier à la Commission des Réclamants sise de la rue Bourg-Labbé (curieusement il est dit souffrir d’un coup de crosse de fusil). Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Barbay, Charles, Baptiste, employé à l’octroi de Paris, s’est trouvé le 28 juillet 1830 à la Grève et aux portes Saint-Martin et Saint-Denis. Ayant été, le soir, à la barrière du Roule, où tous les employés étaient partis, il garda cette barrière, seul, jusqu’à 4 heures et demie du matin, que M. Léridet, son contrôleur ambulant, le renvoya. De là, au désarmement de la caserne rue Mouffetard et ensuite à l’Arsenal, faubourg Saint-Germain pour monter deux pièces d’artillerie dont nous avions besoin, dont une était en fer. Et ensuite rue de Juillet, où il combattit jusqu’à la prise du Louvre. Après au Théâtre-Français, et se rendit chez lui jusqu’au lendemain 4 heures du matin et il fut ramasser les morts au Louvre et à la morgue et les conduisit pont d’Iéna, pour les conduire à leurs sépultures. Dont il est résulté que la fatigue et la putréfaction lui occasionnèrent une maladie qui dura deux mois. Etant retombé malade le 1er février 1831, il entra à l’hospice Necker, d’où il est sorti le 18 juillet dernier. » Signé, le 12 août 1831 : Imbault, propriétaire, demeurant 6, rue de la Parcheminerie ; Faverolle, propriétaire, demeurant 16, rue de la Parcheminerie ; Cuël, demeurant 24, rue Saint-Jacques ; Gamain, demeurant 17, rue de la Parcheminerie ; Chalot, propriétaire, demeurant 32, rue de la Parcheminerie ; Dury, propriétaire, demeurant 20, rue de la Parcheminerie. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, avocat à la cour royale de Paris et professeur à la faculté de droit, déclare et certifie à qui il appartiendra que dans le cours du mois d’août dernier, ayant été chargé par M. le maire du ancien XIe arrondissement de faire une enquête sur les victimes des journées de Juillet, j’ai vu le nommé Barbay, Charles, demeurant rue de la Parcheminerie n° 17, employé aux conduites de l’octroi de Paris, que ledit Barbay m’a remis trois certificats constatant qu’il avait été employé à transporter les corps morts de la morgue aux lieux désignés pour les sépultures, qu’il s’était acquitté de ce devoir avec zèle et activité et qu’il en était résulté pour lui un état de maladie, qui a duré plus d’un mois et dont il assure souffrir encore. Ces trois certificats, dont il m’est impossible de me rappeler aujourd’hui les expressions exactes ni les signatures mais dont je n’ai point oublié le fond, ont été par moi déposés avec une note de moi à la mairie du (ancien) XIe arrondissement et il paraîtrait que ces pièces ont été égarées soit à la mairie soit à la Commission des faits mémorables soit à celle des récompenses nationales. Pour suppléer à cette perte, autant qu’il est en moi, j’ai, à la requête dudit Barbay, dressé le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de raison. » Signé le 13 novembre 1830 : Royer-Collard, P., demeurant 8, rue de l’Observance. Le troisième, un certificat médical : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, atteste certifier que le sieur Charles Barbay, rue de la Parcheminerie n° 17, a une éruption cutanée au visage, sur la poitrine, sur les bras, laquelle éruption est, à ce qu’il assure, le résultat de sa conduite à charger les bateaux et à les conduire remplis de cadavres jusqu’au pont d’Iéna. » Signé, le 21 août 1830 : Grimaud (signature illisible). Il était en 1831 père d’une famille de trois enfants en bas âge. Il demeurait 17, rue de la Parcheminerie en 1830-1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 85, liste nominative des cas exceptionnels du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 118, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 (sous le seul nom de Barbay) ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VK3 19, (ancien) XIe arrondissement de Paris, état des blessés qui ont reçu des secours de la Commission des récompenses nationales ayant droit à l’indemnité de cent vingt francs accordée par la Commission de la souscription nationale et qui n’ont pas encore réclamé (sous le seul nom de Barbay) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/43 (sous le seul nom de Barbey) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le seul nom de Barbay) ; Archives de la préfecture de police AA 371 (parfois sous le nom de Barbey, Charles).

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