Barbet, Charles
Biographie
Né le 1er brumaire an IX (23 octobre 1800, mais le 10 octobre ou 20 octobre 1800 in Archives nationales F/1dIII/84) à Paris (Seine), fils d’un ancien capitaine vainqueur de la Bastille, et ancien directeur des postes à Bar-sur-Aube pendant quinze ans sous l’Empire, lui-même ancien militaire. Il fut blessé d’un coup de feu à la jambe gauche et d’un coup de sabre à la main gauche. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il fut incorporé, dans les premiers jours d’août 1830, comme maréchal des logis au 6e régiment des lanciers (sans doute les lanciers d’Orléans), caserné à Melun ; le certificat de visite du chirurgien-major du 6e régiment des chasseurs à cheval, attestait, en date du 10 septembre 1831, que Barbet était « atteint de varices situées à la partie postérieure de la jambe droite, depuis le tendon d’Achille et qu’elles se continuent jusqu’à la partie supérieure de la cuisse et que de plus il a deux blessures, l’une à la jambe gauche, située au-dessus de la cheville interne, faite par un coup de feu, et l’autre à la main gauche, faite par un coup de sabre, qui gêne les mouvements de pouce ». En août 1831, il adressait à la Commission des récompenses nationales la lettre suivante, qui retraçait ainsi sa participation aux combats : « Moi, Charles Barbet, ex-sous-officier, fils d’ancien capitaine retraité, connu avantageusement du brave général Lafayette, je me trouvais, le 27 juillet, rue Saint-Honoré et je fus repoussé vivement par le feu des gardes royaux. Le 28 vers les midi un gendarme accompagné de deux gardes royaux, voulut me fouiller. Je m’opposai à cet acte illégal et, après avoir désarmé le gendarme, j’essuyais le feu de tout un peloton. Le 29, vers 11 heures, j’aperçus rue Croix-des-Petits-Champs, un maçon qui venait d’avoir le bras fracassé d’une balle. Je l’emportai d’un bras et de l’autre je me défendis contre les postes suisses qui m’assaillaient de toute part et je fus blessé d’une balle à la jambe gauche et d’un coup de sabre à la main gauche. J’abandonnai Paris pour commander les volontaires des avant-postes qui marchaient sur Rambouillet, sous les ordres du général Pajol. La fin des affaires m’a fait prendre un engagement volontaire aux lanciers d’Orléans […]. » Sa lettre était apostillée par Mouron d’Etaulle (voir Mauron, Jean-Baptiste, Louis, Henri), élève de l’Ecole polytechnique, qui attestait que « M. Barbet a fait le service de tambour-major, en marchant sur Rambouillet avec M. Colin, élève de l’Ecole polytechnique » ; Therigny, demeurant place du Palais-Royal ; Niaulet, employé, demeurant 53, rue du Faubourg-Poissonnière ; Maugée-Leroy, demeurant 13, rue du Cloître-Saint-Honoré ; Bloch, demeurant 17, rue des Cinq-Diamants. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A montré une cicatrice à la partie inférieure et interne de la jambe gauche, qu’il dit être le résultat d’une blessure par arme à feu, guérie, avec un peu de difficultés dans les mouvements et une autre sur la face dorsale du pouce de la main gauche, qui provient, selon lui, d’une blessure par arme blanche (coup de sabre), guérie avec quelques difficultés dans les mouvements ; circonstances qui, si elles sont constatées par la Commission, doivent le faire ranger dans la seconde classe des blessés avec une indemnité pendant deux ans. » Admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, il reçut la somme de six cents francs répartis sur deux années. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté comme maréchal des logis au 3e chasseurs mais fut réformé vers 1831. Il fut soigné à l’hôpital Saint-Louis, de mars à juin 1839, d’une fracture de la jambe droite. A partir de 1840 et jusqu’en 1844, il fut employé dans la surveillance des ateliers de fabrication des capsules de guerre à Paris, ses chefs, dont il avait toujours mérité la bienveillance, lui délivrèrent un certificat de bonne conduite. Il fut soigné à l’hôpital Saint-Louis, de février à avril 1846, pour une fracture du péroné. En 1847, le maire du (ancien) IIe arrondissement lui délivrait un certificat pour attester qu’il était « dans une position de fortune voisine de l’indigence et qu’il est dans le cas d’obtenir le secours qu’il sollicite de M. le ministre de la Guerre ». Le 24 février, il eut le gros orteil gauche écrasé « en portant une pièce de bois pour fortifier les barricades de la rue de Paradis et celles de la Fidélité et du faubourg-Saint-Denis ; une des pièces de bois, mal assujettie, lui est tombé sur le pied gauche, lui a écrasé le pouce et, malgré ses vives souffrances, a continué à travailler jusqu’à la fin », selon un certificat signé par Laine, demeurant 143, rue du Faubourg-Saint-Denis ; L’affineur, demeurant 107, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Thibaut ou Thiebaut, demeurant 43, rue de Constantine à La Chapelle ; Grehan, capitaine à la 1re compagnie du 2e bataillon de la garde nationale. Il fut soigné à l’ambulance du 73, rue du Faubourg-Saint-Denis puis à l’Hôtel civil des Invalides ; il sollicita de se rendre aux eaux de Bourbonne. Comme il désirait se présenter aux élections à Bar-sur-Aube, qui est sur la route pour se rendre aux eaux de Bourbonne, ville de Bar-sur-Aube où il avait « conservé des relations amicales avec des hommes vraiment patriotes », il sollicita des fonds pour pouvoir y « séjourner deux mois, et payer son transport de l’aller et du retour et laisser pendant son absence quelque peu d’argent pour subvenir aux besoins de sa femme et de sa fille, âgée de onze ans ». Il reçut mille trente-trois francs de secours, par tranches de vingt-cinq francs, entre mai 1848 et mars 1849. Il reçut un secours de soixante francs en 1849, soixante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851, un secours de soixante-quinze francs en 1852, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il sollicita la place de gardien de la colonne de Juillet ou un emploi de surveillant dans un établissement public. Il demeurait 53, rue Montorgueil en 1830 ; 55, rue Lafayette en 1831 ; 15, rue du Faubourg-Montmartre en 1846 ; 107, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1848-1849 ; 8, rue du Port-Saint-Ouen aux Batignolles en 1850-1852. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 74 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/35/B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre 1831 comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/43 ; Archives nationales F/1dIII/84 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, blessés de 2e classe 2e catégorie ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852.