Barbey, Théodore
Biographie
Avec, Baude, Florion, Franque, Lambert, Marrast, Mamès, Manteau, Œuf La Loubière, Veyrassat et Vandemont, il forma à l’Hôtel de ville le bureau qui, sous les ordres du général Zimmer et du général Lafayette, réorganisa la garde nationale. Le dossier de ses droits fut sans doute instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 20 juin 1831, n’ayant rien obtenu, il fit parvenir la lettre suivante à la « contre-commission des récompenses nationales » : « Regardant comme une grande injustice de n’avoir pas été compris au nombre des décorés de Juillet, je viens me joindre aux mécontents, desquels vous avez les intérêts à défendre et pense que nous finirons par obtenir justice. Afin de vous mettre à même de faire valoir mes droits à cette décoration, je vous remets ci-inclus trois certificats, qui m’ont été délivrés à cet effet, et, de plus, je me plais à vous donner quelques détails sur la conduite que j’ai tenue, afin de vous mettre à même de l’apprécier et de savoir sur quoi je fonde ma réclamation. D’abord, pour avoir contribué comme beaucoup d’autres à repousser les ennemis de la liberté et entre autres avoir participé à faire évacuer le 29 juillet, en présence de M. Casimir Perier le ministère des Affaires étrangères, qui était gardé par les gendarmes. Pour être entré à l’Hôtel de ville, un des premiers, le 29 juillet, et y avoir sacrifié volontairement mon emploi, pour travailler jour et nuit, pendant un mois, en qualité de secrétaire et de plus avoir pris part à un service extraordinaire. Pour avoir laissé inscrire mon nom, le 29 juillet, à la porte du cabinet où nous travaillions, à l’Hôtel de ville. Pour avoir signé à l’imprimerie (alors nationale) tous les bons à tirer des différentes ordonnances et proclamations qui émanèrent du gouvernement provisoire et dont les minutes ne furent confiées qu’à moi seul, comme m’étant acquitté de ce devoir avec tout le zèle et l’activité qu’il fallait y apporter. Et enfin pour n’avoir rien exigé de mes services pendant un mois, services qui pour moi furent si pénibles et si fatigants (ayant passé une vingtaine de nuits de suite) qu’ils m’ont causé une maladie de langueur qui m’a été très dispendieuse. » Il joignait trois certificats à sa lettre. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Théodore Barbey est employé depuis le 29 juillet 1830 dans les bureaux de l’état-major à l’organisation de la garde nationale, qu’il y a montré un zèle, une activité, un dévouement dignes d’éloges et de récompenses. Je recommande ce brave citoyen pour toutes les demandes qu’il a droit de faire, en les appuyant de tout mon pouvoir. » Signé le 14 août 1830 : Zimmer (voir Zimmer, Joseph), colonel, chef de l’état-major de la garde nationale de Paris. Le deuxième, ainsi rédigé : « C’est avec un grand plaisir que je certifie que M. Barbey a été employé sous mes ordres à l’Hôtel de ville. Son zèle, son activité, son intelligence l’ont rendu fort utiles et je regarde comme un acte de justice de le récompenser de son dévouement et de son patriotisme. » Signé : baron Feisthamel, colonel d’état-major. Le troisième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Barbey, Théodore, a été attaché auprès de moi, comme secrétaire, pendant l’espace d’une année, que je n’ai jamais eu qu’à me louer de ses moyens, que je me plais à reconnaître, et de son zèle, pendant ce même temps, tant pour son travail assidu que pour sa conduite ; que cet emploi lui valait environ quatre mille francs par an. Je certifie en outre que mon établissement ayant été renversé par les glorieux événements de juillet 1830 et privé de ses soins lorsqu’il était volontairement attaché au colonel Zimmer, je me suis vu dans la nécessité de le faire remplacer, ce qui nécessairement a dû le priver du traitement dont il aurait joui jusqu’à la fin, n’ayant touché aucun émolument depuis qu’il est sorti de chez moi. C’est pour rendre hommage à la vérité que j’ai signé le présent. » Signé, le 31 août 1831 : Brisson, administrateur en chef de l’Entreprise générale des commissions. Barbey avait signé en faveur de Baudry, Auguste, Pierre le certificat suivant : « Je ne saurais que me joindre aux précédents pour réclamer en faveur de M. Baudry la croix, qu’il a si justement méritée, en contribuant de tout son pouvoir au renouvellement des choses actuelles. » Il signa, le certificat suivant en faveur de Petit, Jean-Baptiste : « Nous, soussignés, citoyens attachés à l’état-major de M. Le colonel Zimmer, certifions que M. Petit, Jean-Baptiste, ancien sous-officier au 12e léger, est un des premiers d’entre nous qui le 30 juillet au matin ait été employé à l’état-major, attendu qu’il résulte d’un certificat de M. de Faisset que dans la nuit du 29 au 30 il fut employé à différentes missions importantes. Certifions en outre que M. Petit, le 29, n’a pas quitté un seul instant les bureaux de l’état-major, si ce n’est dans la journée du 31 août, qu’il a accompagné le colonel à la Chambre des députés. » Barbey demeurait 10, rue Saint-Roch-Poissonnière en 1830. Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Œuf La Loubière (sous le nom de Barbet) ; Archives nationales F/1dIII/71 in dossiers Petit, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 371 ; Archives de la préfecture de police in dossier Baudry, Auguste, Pierre.