Barbier, Anatole, Pascal

Biographie


Né le 22 janvier 1810 à Coulommiers. Fils de Barbier, Victor, Simon, notaire, et de Ferray-Noisette, Eulalie, son épouse. Le père « dont le patriotisme lui a fait accepter en 1814 les fonctions de maire ; c’est à la fermeté de son caractère et à son courage que la ville de Coulommiers pendant l’invasion doit de n’avoir pas été écrasée de contributions par les ennemis » selon le témoignage du notaire successeur lui-même de Barbier à Coulommiers. Il était aussi le neveu de Barbier, Louis, ancien bibliothécaire de l’empereur. Il est répertorié (sous le numéro 989) dans la liste des demandes d’admission comme sous-officier posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Son nom (toujours sous le numéro 989) est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Pour ne pas rester à la charge de sa mère, il choisit l’état militaire. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 19e de ligne. En 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize jeunes filles (une par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), filles de combattants soit de juillet 1830 soit de juin 1832, devaient être dotées de trois mille francs pour pouvoir se marier. Celanire, Augustine Petit, née vers 1811 à Paris ou à Coulommiers les sources divergent, cousine, elle aussi originaire de Coulommiers, belle-fille de Siscot, Edouard (voir ce nom), médaillé et admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, était l’une d’elles, présentée par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, et devait épouser Barbier, Anatole, Pascal. Le dossier nous apprend qu’il était sergent au 19e régiment de ligne, en garnison à Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques), et que sa mère tenait un débit de tabac au 94, rue Saint-Antoine. Barbier donna les informations suivantes sur son compte et sur celui de sa famille : « Barbier, Anatole, Paschal, fourrier au 19e régiment d’infanterie de ligne, 4e bataillon, 3e compagnie. Entré au service le 11 janvier 1831 comme engagé volontaire. Promu au grade de sergent le 8 mars 1831, à titre de récompense nationale pour ses services rendus pendant les 27, 28 et 29 juillet 1830, décision ministérielle du 3 dudit mois, passé fourrier d’après sa demande le 1er juillet 1831. […] Pendant les Cent-Jours, M. Barbier père avait accepté la charge de maire de Coulommiers. La conduite trop noble qu’il tint avec les étrangers pendant l’invasion et qui sut sauver la ville du feu et du pillage lui valut le mépris des Bourbons à leur rentrée en France. Enfin, traqué pour ainsi dire par eux, il fut, à son grand désespoir, forcé par les procédés qu’employaient à son égard les délégués de la Restauration de vendre son étude à un prix très au-dessous de sa valeur attendu qu’il ne lui avait été laissé qu’un certain laps de temps pour s’en défaire. Par suite, obligé de quitter Coulommiers, il vint habiter Paris. Il voulut entreprendre la librairie mais des mains invisibles savaient toujours déjouer les efforts que faisait M. Barbier pour subvenir aux besoins de sa famille. Le brevet lui fut refusé. Désolé, il se jeta ailleurs, où il eut le malheur de tout perdre et mourut peu de temps après, de désespoir. Barbier, Anatole, Paschal […] résolut, pour soulager sa mère qui avait alors quatre enfants à sa charge, d’embrasser l’imprimerie, partie qu’il pensait pouvoir cultiver avec quelque succès. En effet, en une année, son apprentissage fut terminé et il devint compositeur. Il continua à travailler ainsi jusqu’à l’époque où parurent les ordonnances. Paris alors était tout un. Barbier s’y trouvait, il fit donc partie de l’unité ; il eut le bonheur de se faire remarquer. Après ces affaires, l’imprimerie cessa de prospérer. Le gouvernement vint à son secours en lui donnant quelques travaux. L’imprimerie où Barbier travaillait reçut une Histoire de France en partage mais ce fut bientôt absorbé et il ne revint plus rien. Que faire dès lors ? Ne pouvant vivre sans travailler, espérant être de quelque utilité à son pays, quoique fils aîné de femme veuve, Barbier s’engagea et c’est alors seulement qu’il songea à demander une récompense pour ce qu’il avait fait en juillet. Il lui fut accordé un grade de sergent. Quittant ensuite Paris avec son régiment qui, dirigé sur Lille, fit partie plus tard de l’Armée du Nord, il fit les deux campagnes de Belgique. Au retour de la dernière, la dissolution de cette armée fut opérée. Barbier demanda un congé temporaire, qui lui fut accordé et dont il jouit maintenant à Paris, où il postule pour entrer dans la garde municipale. Les conditions qui lui avaient été imposées par son colonel pour cela faire ont été remplies et, de jour en jour, il attend l’arrivée des pièces qui doivent lui être envoyées du régiment, maintenant en garnison à Poitiers, lesquelles pièces lui sont indispensables pour être admis dans la garde municipale. » Siscot, en demandant que la candidature de sa belle-fille fût retenue, présentait Barbier comme « rempli de zèle et de dévouement pour notre gouvernement et nos institutions ; il a de l’éducation, des mœurs, de l’ordre et de la conduite » et espérait du préfet qu’il voulut « bien contribuer […] au bonheur d’une famille tout entière et plus particulièrement de deux jeunes gens qui s’aiment et qui se conviennent parfaitement par l’âge, la sympathie du caractère et d’inclination ». Le couple avait été choisi mais, finalement, Barbier rompit les fiançailles et ce fut un autre couple qui fut choisi. En 1834, il posa de nouveau sa candidature. Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1833, idem année 1834 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, demandes de secours et liste des demandes d’admission comme sous-officier ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers.

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